08/01/2012 00:49:15
Cameroun: Sit-in Bamenda
Les employés limogés d’ Ayaba hôtel font un sit-in à Bamenda. Selon eux, la direction de l’hôtel a manqué à son engagement
Le Messager
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Ayaba hotel,Bamenda

On croyait la sérénité retrouvée à l’hôtel Ayaba de Bamenda, depuis l’épisode du mouvement d’humeur de septembre 2011, des trente cinq ex employés. Que non ! La saga a repris. Les trente cinq ex-employés de cet établissement hôtelier qui relève du porte-feuille de l’Etat, abusivement limogés depuis juin 2011, accompagnés de leurs enfants, sont revenus à la charge mercredi 4 janvier 2012. Non seulement, ils ont observé un « sit-in » devant cet établissement hôtelier, empêchant les véhicules d’entrer ou de sortir de l’hôtel, mais aussi et surtout, ils ont fermé la guérite.

Informés, les éléments du commissariat central de Bamenda et de la compagnie de gendarmerie de la Mezam, ainsi que le sous-préfet Jean Pierre Koloko de l’arrondissement de Bamenda II, sont descendus sur les lieux. On apprendra ainsi des grévistes dont Etienne Nitedem, délégué du personnel (lui aussi limogé), que Jean Baba, directeur de cet hôtel, a manqué à l’un de ses engagements. En effet, raconte Etienne Nitedem, en décembre dernier, ces 35 limogés avaient projeté un sit-in devant l’hôtel pour le 15 décembre 2011.

Un préavis de grève avait été commis à cet effet et adressé aux différents responsables dont Mme Angeline Sankep, délégué régional du travail et de la sécurité sociale du Nord-Ouest. Celle-ci, pour désamorcer le conflit, a convié une réunion tripartite dans ses services le 13 décembre. Réunion portant sur « le paiement des droits liés à la rupture du contrat des 35 ex employés de l’hôtel Ayaba » peut-on lire sur le procès verbal ayant sanctionné les travaux.

Au terme de 4 heures de débat houleux, il a été convenu qu’en « attendant de parachever le calcul des droits, qu’une bonne partie des arriérés soient payés » C’est ainsi que, sur les sept mois d’arriérés de salaire et droit de congés impayés, le directeur de l’hôtel « a donné sont accord de principe » pour désintéresser ces supposés ex-employés de deux mois d’arriérés. La date butoir du 2 janvier 2012 a été arrêtée d’un commun accord pour le paiement de ces deux mois d’arriérés. En guise de prudence les 35 ex-employés avaient rappelé, lit-on dans ce procès verbal, que «si le 2 janvier les deux mois d’arriérés ne sont pas payés le préavis sera maintenu ». Las d’attendre, les 35 employés limogés, accompagnés de leurs progénitures, ont manifesté leur ras-le-bol mercredi dernier 4 janvier 2012. Ils ont observé le mot d’ordre de sit-in, bloquant les véhicules d’entrer et de sortir de l’hôtel.

Fort déploiement des forces de l’ordre

Nécessitant l’arrivée des forces de la police, de la gendarmerie et même des militaires.

Ce fort déploiement des forces de l’ordre n’a pas ému les grévistes. Loin d’utiliser les matraques, les éléments de maintien de l’ordre ont procédé par le dialogue. Plus de peur que de mal, les grévistes ont libéré le passage aux véhicules. Toutefois ils sont restés en retrait à l’intérieur de la barrière. Ici, on pouvait observer leurs matelas et nattes étalés au sol.

Rencontré, Jean Baba, directeur l’hôtel, évoque une crise de trésorerie, même s’il reconnaît avoir pris l’engagement de payer deux mois d’arriérés le 2 janvier. « Il est vrai on a essayé de trouver une négociation pour la porte de sortie. Qu’ils nous laissent le temps de travailler et de les payer » plaide le directeur de l’hôtel. A cet effet, il a promis pour le 30 du mois de janvier courant, le payement, non plus le de 2 mois d’arriérés, mais d’un seul mois. Ce qui n’est pas du goût des grévistes qui, ont campé à l’hôtel jusqu’à l’arrivée de l’inspecteur du travail Mokosso Ekame Samuel, représentant du délégué du travail et de la sécurité sociale. Ce dernier a renvoyé les grévistes à ce vendredi 6 janvier, le temps pour lui de trouver une voie de sortie de crise.

Au delà de ces deux mois d’arriérés, les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : «Nous exigeons ici et maintenant du ministre du Tourisme nos lettres de licenciement. Nous réclamons nos allocations impayées à la Cnps depuis les 10 dernières années. La direction de l’hôtel Ayaba viole impunément le code du travail ; M. le ministre du Travail et de la sécurité sociale sauvez-nous. Nos bailleurs nous ont jetés dans la rue et nos enfants ne vont plus à l’école. Nous sommes à 16 mois d’arriérés de salaire impayés».Au demeurant, la direction reconnaît six mois d’arriérés et un mois de congé impayé pour un montant d’environ 26.945.000F (vingt six millions neuf cent quarante cinq mille francs).


Focal. Le sous-préfet pourchasse un journaliste

Jean Pierre Koloko, sous-préfet de Bamenda II, est allergique aux Hommes de média. Après avoir pourchassé en septembre 2011 le Cameraman de canal 2 International qui filmait la énième grève de ce personnel limogé de Ayaba Hôtel, le chef de terre a récidivé mercredi 4 janvier 2012. Cette fois, sa cible était le correspondant régional du Nord-Ouest de l’hebdomadaire The Standard Tribune, paraissant à Yaoundé.

En effet, alors que Benjamin Ngah, reporter de ce journal s’évertuait à immortaliser les images des manifestants à partir de son téléphone portable, le sous-préfet de Bamenda, courroucé, tel un lion affamé et près à bondir sur sa proie, s’est mis au trousse du journaliste. Le chef de terre était suivi par un gendarme responsable, qui tentait en vain de le (sous-préfet) calmer. Dans sa course effrénée, le sous-préfet s’est heurté sur une barre de fer coulissant de la barrière de l’hôtel. Il a été hué par la foule rassemblée à l’entrée de l’hôtel.

Donnat SUFFO

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