29/07/2009 16:11:27
En Afrique du Sud, grévistes et habitants des townships toujours en colère
Les employés municipaux en Afrique du Sud doivent décider mercredi de la poursuite ou non de la grève entamée en début de semaine pour réclamer de meilleurs salaires.
AFP
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JOHANNESBURG — Les employés municipaux en Afrique du Sud doivent décider mercredi de la poursuite ou non de la grève entamée en début de semaine pour réclamer de meilleurs salaires, tandis que la grogne sociale s'étendait dans les townships contre les conditions de vie difficiles.

Des manifestants sud-africains font brûler des pneus, le 22 juillet 2009, après des affrontements avec la police

Des milliers d'éboueurs, chauffeurs de bus et bibliothécaires manifestaient mercredi, comme les deux jours précédents, dans les principales villes du pays pour faire pression sur le gouvernement de Jacob Zuma, élu il y a moins de trois mois à la tête de la première puissance économique du continent africain.

Aucun incident n'était signalé à la mi-journée, alors que des dérapages avaient émaillé les manifestations de lundi (pillages de magasins, échauffourées avec les forces de l'ordre...).

Les deux syndicats qui ont lancé le mot d'ordre de grève illimitée doivent se réunir mercredi chacun de leur côté pour décider s'ils acceptent ou non la dernière proposition patronale: une augmentation de 11,5% des salaires en juillet, puis une hausse d'1,5% en janvier.

Jusqu'à présent, ils réclament une augmentation de 15% pour faire face à l'inflation, et des allocations logement. Patrons et syndicats doivent refaire le point jeudi lors d'une réunion commune.

"Nous voulons 15%, pas moins. Tout augmente: la nourriture, le bus, l'électricité, l'essence", a expliqué un manifestant, Ronnie Howard, employé à la municipalité du Cap (sud-est).

Ce mouvement social a éclaté pendant la période traditionnelle des renégociations des salaires en Afrique du Sud, période qui coïncide avec l'hiver austral et est synonyme chaque année de grèves.

Les médecins du secteur public ont fait grève il y a quelques semaines pour protester contre leurs bas salaires, et les employés des télécommunications et les cheminots ont menacé d'en faire autant.

En plus de ces arrêts de travail, le gouvernement sud-africain doit faire face cette année à une vague de protestations dans les quartiers les plus pauvres. L'hiver austral exacerbe les difficultés pour plusieurs millions de Sud-Africains qui vivent sans électricité ni eau courante, et souvent à quelques kilomètres seulement de quartiers très huppés.

Mercredi, la colère a gagné le township de Mashishing près de Lydenburg (nord-est), à environ 250 km au nord-est de Johannesburg. La police a dispersé avec des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc des habitants qui brûlaient des pneus devant un tribunal pour protester contre l'arrestation d'un de leurs leaders, selon la police qui n'a pas fait état de blessés.

En revanche, la situation était calme dans deux autres townships du pays, où la veille, la police avait aussi dû recourir à la force pour venir à bout de centaines de manifestants.

Ces derniers réclament l'accès à l'eau courante et à l'électricité, des maisons décentes, des emplois ou encore des structures médicales, dans un des pays les plus inégalitaires au monde et où 43% de la population se débrouille avec moins de deux dollars par jour.

"On ne peut pas rester comme ça, il faut trouver une solution", a estimé Sipho Duma, un chômeur de 52 ans qui vit à Thokoza, un township situé à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Johannesburg et qui est le théâtre de troubles depuis quelques jours.

La marge de manoeuvre du nouveau gouvernement sud-africain reste cependant étroite avec l'entrée en récession du pays cette année, pour la première fois en dix-sept ans.

De Alexandra LESIEUR

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