10/01/2012 01:14:28
Carburant. Le Nigeria augmente le prix, le Cameroun panique
La Csph  annonce le gel des subventions de l’Etat au moment où la rumeur enfle sur une hausse probable du prix des combustibles à la pompe
Le Messager
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La décision du Nigeria fait réfléchir le Cameroun

La Csph  annonce le gel des subventions de l’Etat au moment où la rumeur enfle sur une hausse probable du prix des combustibles à la pompe


Si ce pays, en dépit de son statut de premier producteur de pétrole en Afrique en est arrivé à une augmentation des prix de cette denrée à la pompe avec des répercussions sur d’autres produits, qu’en sera-t-il du Cameroun qui ne produit que 80 000 barils par jour ?

«L’augmentation des prix du carburant n’est pas encore à l’ordre du jour». Ainsi s’exprime Ibrahim Talba Malla, directeur général de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (Csph), dans un communiqué pour réagir à l’annonce d’une probable hausse du prix des carburants au Cameroun. L’annonce relayée par les médias a été faite par le directeur technique de cette même structure lors d’une conférence lundi 5 décembre 2011 au Palais des Congrès de Yaoundé. Celui-ci explique qu’à cause des problèmes budgétaires, l’Etat ne pourra plus subventionner le prix des carburants à la pompe. Pour la seule année 2011 argumente-t-il alors, « le gouvernement a dépensé un peu plus de 300 milliards Fcfa pour permettre aux Camerounais d’accéder facilement aux produits pétroliers. La Société nationale de raffinerie vend ses produits à perte et ne compte que sur les subventions de l’Etat. L’Etat de son côté a des problèmes budgétaires. Au moment où je vous parle, le gouvernement doit plus de 300 milliards Fcfa à la Sonara qui est en difficulté et fonctionne déjà péniblement ». Les 700 milliards Fcfa dépensés par l’Etat de 2008 à 2011 auraient pu, à son avis, permettre la construction de l’axe lourd Douala-Yaoundé ou être investi dans un secteur structurant.

Alors que beaucoup voient en ces propos une confirmation de la rumeur persistance sur l’augmentation du prix des carburants, son patron sort de l’ombre pour démentir sans toutefois repousser complètement le spectre. D’autant plus qu’au cours d’une réunion  à Yaoundé, Essimi Menye, ancien ministre des finances, déclarait : « Il faudra bien choisir un jour entre construire des routes ou subventionner le carburant ». En outre, en tentant de rassurer, les autorités reconnaissent que la subvention de l'Etat sur le prix du carburant devient « difficilement soutenable ». L’autre argument brandi par l’ex patron des Finances est celui de l’arrimage au marché mondial.

Lequel argument, outre la réduction des dépenses gouvernementales, a été présenté par Goodluck Jonathan du Nigeria voisin pour justifier la suppression de la subvention publique sur les carburants. Ce qui a conduit à une flambée du prix de l’essence à la pompe qui est passé de 65 à 150 naïras soit environ 440 Fcfa le litre.  Le gouvernement nigerian soutient que l'économie ne pouvait plus assurer cette subvention des produits pétroliers, estimée à plus de mille milliards de naïras pour la seule année 2011. Une explication que ne digèrent pas les syndicats de ce pays premier producteur de pétrole en Afrique qui ont décidé de descendre dans la rue.

A Yaoundé, en tenant compte du statut de pays qui malgré tout a supprimé la subvention sur les produits pétroliers, l’on n’est pas serein. En dépit des assurances des autorités publiques. Jean Collins Ndefossokeng préfère s’en tenir aux propos du Dg de la Csph du moins « jusqu’à ce qu’il se dédise ». Au cas où la tentation serait trop forte d’augmenter ce prix des carburants, il prévient : « nous n’accepterons pas ! ». Une augmentation de ce genre au Cameroun à son avis serait surtout politique et non économique. Aussi, « il vaut mieux serrer la ceinture et continuer la subvention ». Au risque de revivre un autre 2008 ?

Nadège Christelle BOWA

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