10/01/2012 02:38:13
Et si la démocratie n'était qu'une farce?
A cette question vient de répondre par le OUI par ses actes, le nouveau Président du Conseil Italien Mario Monti qui est arrivé au pouvoir par un coup d’état (selon son prédécesseur Silvio Berlusconi), donc sans être élu et qui est paradoxalement en train de faire comprendre à la population de tout un pays, l’inutilité des politiciens de carrière.
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A cette question vient de répondre par le OUI par ses actes, le nouveau Président du Conseil Italien Mario Monti qui est arrivé au pouvoir par un coup d’état (selon son prédécesseur Silvio Berlusconi), donc sans être élu et qui est paradoxalement en train de faire comprendre à la population de tout un pays, l’inutilité des politiciens de carrière.

Pour commencer, il a renoncer à ses deux salaires du Chef du Gouvernement et du Ministre de l’Economie. A la fête de nouvel an qui a organisé à Palazzo Chigi (siège du Président du Conseil Italien), ils étaient 10 convives lui, son épouse, ses deux enfants et les petits enfants. C’est son épouse qui a fait la cuisine. C’est encore elle qui est allée dans 3 magasins de Rome acheter le nécessaire pour ce réveillon en famille. Au menu, il y avait saucisson cuit et lentilles.

La cerise sur le gâteau : tous les membres de sa famille ont dormi à l’hôtel Nazionale de Rome à la charge de chaque membre de la famille. Rien à la charge du contribuable, ou presque. Mario Monti nous le dit avec humour dans son communiqué qui sonne comme un pied de nez aux politiciens de profession :  « Le nombre relativement élevé de convives (10) a pu entraîner des coûts légèrement supérieurs d'électricité, gaz et eau » Le diner qui a débuté le 31/12/2011 à 20H et ils sont tous allés se coucher  à 00:15' du 1/1/2012.

Lisez plutôt cette dépêche AFP:

Austérité en Italie: Mme Monti a préparé elle-même le repas de la Saint-Sylvestre  (AFP) – 5/01/2012

ROME — Le président du Conseil italien Mario Monti a défendu jeudi le train de vie austère qu'il s'est fixé, en affirmant à un sénateur de la Ligue du Nord que sa femme avait préparé et servi elle-même le repas de la Saint-Sylvestre où n'était conviée que sa famille.

Dans un communiqué, le chef du gouvernement, qui a imposé une sévère cure d'austérité aux Italiens, a tenu à répondre dans le détail à ce sénateur du mouvement populiste passé dans l'opposition.

Roberto Calderoli, connu pour ses déclarations provocatrices, s'était interrogé sur d'hypothétiques agapes de M. Monti aux frais du contribuable, le 31 décembre. Le style de vie austère de M. Monti contraste avec celui de M. Berlusconi que soutenait précisément la Ligue du Nord.

Avec la touche d'humour sobre qui est sa marque, M. Monti exprime "sa gratitude" à M. Calderoli, soulignant qu'à son avis aussi, il serait "inopportun et insultant envers les citoyens d'organiser une fête en utilisant des structures et du personnel de l'Etat".

M. Monti, qui a annoncé dès son arrivée au gouvernement renoncer à titre personnel aux rémunérations de président du Conseil et de ministre de l'Economie (il cumule les deux fonctions), a démenti qu'il y ait eu "des festivités au Palais Chigi", siège de la présidence du Conseil. Un "simple repas de caractère privé" s'est tenu "dans l'appartement, résidence du président du Conseil".

"Elle a duré de 20h00 à 00h15. Etaient présents Mario Monti, sa femme, leur fille et leur fils, avec les conjoints, une sœur de Mme Monti avec son époux, quatre petits enfants des Monti, âgés d'un an et demi à six ans", a précisé le communiqué.

Tous les invités résidaient "naturellement à leurs frais" dans un hôtel proche. Le coût du repas, très conforme à la tradition italienne, avec tortellini, lentilles, cotechino (saucisses bouillies) et dessert, "a été à la charge" de M. Monti.

Mme Monti a fait les courses dans différents magasins puis "le repas a été préparé et servi à table" par elle, ce qui exclut "des dépenses directes ou indirectes en personnel".

De nouveau avec un mélange d'humour et sérieux, M. Monti dit "ne pouvoir exclure que le nombre relativement élevé de convives -dix-, ait pu entraîner pour l'administration du Palais Chigi des coûts légèrement supérieurs (...) d'énergie électrique, gaz et eau".

M. Monti, a encore rappelé le communiqué, évite dès qu'il le peut d'utiliser les voitures de l'Etat, et se rend en train à son domicile de Milan.

Copyright © 2012 AFP. Tous droits réservés,

Sur le plan professionnel, il vient de s’attaquer au problème longtemps éludé par les vrais politiciens de toucher aux riches. Cela s'appelle les "faux pauvres d’Italie", en visant durant les fêtes de Noël, Cortina d'Ampezzo, la station de sport d’Hiver la plus huppée d’Italie où une chambre d’hôtel coute 5000 € la nuit. 42 de ses 250 occupants déclaraient au fisc italien  moins de 20.000 €/an. Combien sont les gouvernements Européens qui ont le courage de s'attaquer aux riches pour les obliger à respecter la loi ? A la fin, cette démocratie, n'est-ce pas une véritable tromperie pour les pauvres ?

Lisez plutôt cette dépêche REUTERS parue dans La Tribune.fr :

BUDGET - 05/01/2012 | 17:12 - 481 mots

Le gouvernement italien s'attaque à la fraude fiscale

Des dizaines d'inspecteurs du fisc italien ont effectué des contrôles positifs dans la station huppée de Cortina d'Ampezzo.

Au cours de sa conférence de presse de fin d'année, le 29 décembre dernier, le président du Conseil Mario Monti avait averti : "nous avons mis à disposition des services fiscaux des instruments qu'ils n'avaient jamais eus pour mener une lutte quotidienne contre l'évasion fiscale". Coïncidence ? Moins de vingt-quatre heures plus tard, à la veille du réveillon, quatre-vingt inspecteurs de la brigade financière ont débarqué au petit matin dans les rues de la très réputée station de ski de Cortina d'Ampezzo, sorte de Courchevel des Dolomites. "C'était un contrôle de routine", a minimisé le directeur de l'agence des recettes Luigi Magistro. Il n'empêche.

Alors que le successeur de Silvio Berlusconi a demandé de lourds sacrifices à ses concitoyens à travers notamment une hausse des taxes et une réforme des retraites, l'opération "Jour de l'an" à Cortina d'Ampezzo apparaît comme la preuve tangible que le nouveau gouvernement entend faire partager l'effort à tous, y compris aux fraudeurs. Et cela dans un pays où l'on estime que 120 à 130 milliards d'euros échappent chaque année aux caisses de l'Etat.

A Cortina, l'opération a d'ailleurs porté ses fruits. Sur 251 voitures de grosse cylindrées contrôlées, dont quelques Ferrari et Maserati, les inspecteurs ont pu constater que 42 propriétaires déclarent des revenus inférieurs à 30.000 euros bruts par an. Seize autres disposent de moins de 50.000 euros annuels.

A ces chiffres il faut ajouter 119 de ces voitures appartenant à des entreprises affichant officiellement des budgets en déficit ou inférieurs à 50.000 euros annuels. Quant aux 35 commerçants contrôlés, ils ont miraculeusement connu une journée exceptionnelle, en termes de recettes, grâce à la présence des militaires de la brigade à leurs côtés. Incités à délivrer des tickets de caisse à leurs clients, les bars ont ainsi vu leur chiffre d'affaires augmenter de 104% par rapport à la veille, les restaurants de 110% et les bijoutiers ont multiplié leurs ventes par quatre par rapport au 30 décembre 2010.

Dans le caveau d'une boutique de luxe, les inspecteurs ont découvert de la marchandise pour une valeur de 1,6 million d'euros sans justification fiscale. La brigade financière espère que l'opération servira de dissuasion pour tous les contribuables indélicats alors que les derniers chiffres indiquent que 42% des propriétaires de yacht déclarent gagner un salaire d'ouvrier ou encore que 518 Italiens possèdent un avion ou un hélicoptère privé bien qu'ayant officiellement des revenus ne dépassant pas 20.000 euros annuels.

Mais l'intervention de Cortina d'Ampezzo a aussi suscité des critiques. Le président des hôteliers locaux s'est plaint des conséquences pour le tourisme : "cela va favoriser d'autres stations alpines, de la France à l'Autriche". "C'est une opération de propagande", s'est également indigné Fabrizio Cicchitto, président du groupe  parlementaire du Pdl, le parti de Silvio Berlusconi. En 2004, ce dernier, alors président du Conseil avait, il est vrai, expliqué : "quand les impôts sont excessifs, il est juste de frauder le fisc."

Quelles leçons pour l'Afrique?

La sobriété des politiciens ou de toute personne qui a décidé de servir le peuple doit être la marque de fabrique présente à l'esprit de toute la population afin qu'elle exige des comportements, en ligne avec le niveau de richesse ou de misère du pays.

Mario Monti est rentré chez lui à Varese en prenant le train payé de sa propre poche.

Est-il exagéré d'exiger de nos politiciens tout au moins de faire croire d'être proche de la population qu'ils prétendent servir, et de compatir avec les moins nantis d'entre elle, en évitant un tel étalage d'abondance comme pour les narguer.
 
En Corée du Sud, lorsqu'un citoyen achète une berline allemande, le lendemain, le fisc frappe à sa porte pour vérifier si cette dépense est compatible avec ses dernières  déclarations de revenu. L'Afrique est en train de s'enrichir très vite. Etre certain que tout le monde paye les taxes, et en fonction de son revenu,  n'est-ce pas la seule et véritable garantie que les richesses seront équitablement partagées par toute la population ?

En Chine, aucun fonctionnaire ne peut effectuer le moindre voyage à l'étranger sans l'accord de son ministère de tutelle après la motivation des bénéfices pour la communauté d'un tel déplacement et les justificatifs de sa complète prise en charge financière. N'est-ce pas là, une manière pour protéger les fonctionnaires d'un pays de la corruption ?

Lorsqu'un fonctionnaire qui gagne 150.000 Fcfa/mois (229€) c'est-à-dire 1.800.000 F/an (2.744€) passe chaque été ses vacances en France ou en Angleterre avec un billet d'avion Aller-Retour en haute saison de 1.312.000 Fcfa (2000 €), a-t-on besoin de passer par 4 chemins pour prouver qu'il n'a pas tout dit au fisc sur son train de vie ?  Lorsqu'un contribuable dépense 20 millions de Fcfa pour célébrer des funérailles ou un mariage, avec un conteneur de liqueur qui vient tout droit de l'Irlande ou de la France, a-t-on besoin de passer par mille chemins pour lui vérifier combien il a payé au Fisc pour ses dernières déclarations de revenu ?

Le Président du Conseil Italien Mario Monti nous prouve que la lutte contre la corruption et l'évasion fiscale est une question de volonté politique. Dans les 90% de cas, il suffit de traquer le train de vie de chacun et le comparer avec le revenu déclaré pour savoir qui fraude, qui corrompt, qui est corrompu etc. Pour le faire, on a besoin d'un état fort et l'état fort n'est pas nécessairement celui qui a réalisé la meilleure élection du monde. La Chine est là pour nous le prouver.

Mais aussi les moyens mis à la disposition de la brigade financière italienne pour lutter efficacement contre l'évasion fiscale et la corruption par un gouvernement non élu comme celui de Mario Monti sont sans commune mesure avec ce que des années de gouvernements démocratiquement élus avaient pu faire. L'Afrique doit éviter de se distraire par des questions d'élections interminables pour se concentrer aux véritables problèmes de la population. Si le peuple est médiocre, ses dirigeants le seront, qu'ils soient élus ou non élus pour gérer les affaires publiques. Si le peuple est éveillé, il saura être suffisamment rigoureux pour exiger des comportements de sobriété, et moralement irréprochables de la part de ses gouvernants.

10/01/2012

Jean-Paul Pougala

 

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