11/01/2012 02:04:59
Les sinistrés de Deido toujours dans l'expectative
Ils attendent une éventuelle main tendue du gouvernement camerounais pour amortir les dépenses.
Le Messager
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Ils attendent une éventuelle main tendue du gouvernement camerounais pour amortir les dépenses.

« Les petites économies que j’avais sont parties en fumée. Je n’ai plus rien ». Tels sont les propos de Eric Ngambi, gérant du bistrot qui a brûlé le matin du 4 janvier à la rue de la joie. Lundi 9 janvier 2012, quelques jours après l’incendie, il ne s’est toujours pas remis du sinistre qui a emporté son gagne pain. Du coup, il est sans emploi. «Je me tourne les pouces à la maison. Je n’ai plus de sou pour subvenir aux besoins de ma famille. La ration alimentaire a été revue à la baisse». Il précise : «je vis en couple. J’ai une fille et mon père réside chez moi. Je suis désemparé». Le dernier espoir de Ngambi reste tourné vers son patron Joseph K, qui n’est nul autre que le propriétaire du bistrot. Mais celui-ci s’alarme aussi de la situation. «Il n’y a plus d’argent pour remettre l’établissement sur pied. Les pertes sont évaluées à 11 millions Fcfa. Je suis en faillite».

Résidant au Canada,  et en congé au pays, Joseph K. avait ouvert cette buvette pour nourrir sa famille. Mais le «destin» en a décidé autrement.  La situation de ce dernier et de son gérant a changé du jour au lendemain, celle de Dorette Julienne Epée Mouanguè aussi. Depuis que les pyromanes ont calciné sa maison familiale à Bonangando qui lui servait par ailleurs de lieu de commerce. Vêtue d’un «kaba», et pieds nus sur du sable, cette femme divorcée et mère de cinq enfants est assise sur une chaise. C’est avec beaucoup de peine, le cœur rempli de chagrin, les yeux presque larmoyants qu’elle parle. Elle regarde encore ce qui reste de sa maison. «Cette maison (l’indexant du doigt) était tout pour moi. Mes enfants et moi habitons maintenant chez mon frère (à côté de sa maison)».

Epée Mouanguè voit l’avenir tout en noir, surtout que « ma fille de 8 ans est traumatisée. Elle se réveille souvent en sursaut le matin en larmes. Elle réclame régulièrement toutes ses affaires, qui sont pourtant passées sous les décombres ».  Ne sachant plus à quel saint se vouer, Epée Mouanguè s’indigne du silence du gouvernement  camerounais. Pour elle, « dans un pays de droit, l’Etat doit défendre et veiller au bien-être de sa population. De fait, il devait apporter leur soutien aux sinistrés ». «Je remets tout entre les mains du Seigneur qui a toujours veillé sur ma famille et moi », professe-t-elle.

Chez la famille Toko, au quartier « rue des stars », le sentiment est le même, les conséquences du choc aussi. Explication de la patronne de la  maison : «Ma fille de cinq ans est traumatisée. Je compte d’ailleurs l’amener chez un psychologue ». De son côté, Koto dit ne plus supporter les vrombissements des moteurs des mototaxis. Elle garde encore une image traumatisante de la série d’incendie (une dans la nuit du 2 au 3 janvier 2012, et l’autre dans la journée du 3 janvier) qui a consumé sa maison et celle de la famille qui tenait lieu de brocante.

Pendant que ces personnes sont dans l’expectative d’un geste salvateur du gouvernement, le préfet du département du Wouri a pris une décision lundi 9 janvier 2012 dernier pour dédommager les victimes de ces émeutes. Ceci après une identification des concernés. Sage décision, mais pourvu qu’elle se concrétise.

Focal. A l’hôpital de Deido, des malades abusés

Abandonnés à leur propre sort. C’est ce que pensent les patients, victimes des échauffourées qui ont eu lieu au canton Deido à Douala. Ils se plaignent d’être délaissés par l’Etat qui devrait leur venir en aide. C’est aussi le souhait de John Alobwede, conducteur de mototaxi. Assis devant la salle d’hospitalisation à l’hôpital de district de Deido, une bande blanche enveloppe sa jambe gauche.

Sur la mandibule gauche, des points de structure, qui l’empêchent de s’exprimer convenablement : «les soins sont trop coûteux. Je n’ai plus d’argent pour me soigner. C’est la famille et les amis qui m’assistent tant financièrement que moralement» peut-il maugréer. John attend encore des sous pour que sa jambe soit opérée. La nièce du malade, Julie Epossi ne contient pas ses mots devant une telle situation. «Il nous faut environ un million Fcfa pour le soigner. Nous avons déjà dépensé 500 mille Fcfa, et nous sommes à bout. Vivement que l’Etat nous vienne en aide», supplie t-elle.

Valgadine TONGA

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