12/01/2012 01:47:35
Huit jours de cachot pour avoir égratigné la voiture du fils du Sed
Détention abusive. Mbouognong René Mitterrand, vigile, se souviendra à tout  jamais de son contact avec la famille du secrétaire d’Etat à la Défense.
Le Messager
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Détention abusive

Mbouognong René Mitterrand, vigile, se souviendra à tout  jamais de son contact avec la famille du secrétaire d’Etat à la Défense.

C’est à Titi garage à Yaoundé, dans la nuit du 1er au 02 janvier 2012, qu’a eu lieu un accident de la route, impliquant d’une part Mbouognong René Mitterrand, vigile dans une société de gardiennage sis à la « Fabrique Ngousso » à Yaoundé, et un fils du ministre, secrétaire d’Etat à la défense, Jean Baptiste Bokam, d’autre part. Selon René Mitterrand, il aurait quitté son lieu de service ce soir là, priant ses collègues de le remplacer, car il avait une course urgente à faire : envoyer de l’argent à sa femme à Bamenda. Chemin faisant, il se trouve subitement face à un jeune homme qui veut traverser la route. Il klaxonne, mais loin de se décourager, ce dernier décide de traverser la route en courant. Dans l’obligation d’éviter le jeune homme, il se heurte au pare-choc d’une voiture qui arrive en sens inverse.

Tout de suite, les gens accourent pour le secourir, car dit-il, il avait une crampe à la jambe. Le chauffeur, après avoir fait le tour du véhicule pour constater les dégâts, s’approche de René et lui demande s’il a 20.000Fcfa à leur donner pour réparer le véhicule. Le pauvre vigile qui explique ne pas avoir cette somme d’argent sur lui, assiste impuissant à son embarquement en direction du commissariat de Nkolmesseng, non sans qu’un des gardes du corps ait dit au chauffeur de ne rien négocier avec lui. Que s’il n’a pas cet argent, alors le pire est à venir pour lui. Au commissariat de Nkolmesseng, il est détenu du 02 au 04 janvier 2012.

Dans cet intervalle, ses gardes lui demandent s’il n’a personne qui peut venir décharger pour sa libération. Il appelle donc une connaissance qui se trouve être militaire. Celui-ci, sans raison apprend-il, ne peut décharger pour lui. Il se rabat alors sur le contrôleur de l’entreprise où il travaille. A ce dernier, on demande 50.000 cfa. Il promet de s’en remettre au patron qui lui décline toute responsabilité au motif que René Mitterrand se devait à cette heure, être à son poste. Livré à lui-même, il est conduit au Secrétariat d’Etat à la défense le 05 janvier 2012. D’où il raconte sa mésaventure.

60 000 Fcfa pour être libre

Il affirme alors avoir besoin d’argent pour sortir de ce pétrin. Car, son salaire de vigile n’atteint même pas la moitié de ce qui lui est demandé pour arranger cette voiture. Même avec la vente de quelques objets par le biais de son collègue contrôleur suscité, il ne parvient pas à réunir le montant exigé pour être libéré. Il n’a pu réunir que 35 000 Fcfa, soit : 20.000Fcfa pour le téléviseur, 10.000Fcfa pour le matelas et le Dvd à 5.000Fcfa. Mais le contrôleur ne lui remet que 30 000 Fcfa arguant qu’il a retenu 5000Fcfa pour ses frais de taxis et de téléphone. Au fil des jours, le montant exigé par les propriétaires du véhicule accidenté augmente.

Le 06 janvier, ces derniers, accompagnés d’un adjudant-chef lui rendent une visite au cours de laquelle, ils exigent désormais 60 000Fcfa pour réparer leur véhicule. Le détenu qui n’a pas pu présenter ce montant est renvoyé en cellule. René Mitterrand déplore cette situation et craint avoir de perdre son emploi, car après quelques jours d’absences, on est remplacé.

Une source proche du Sed indique que le bonhomme était saoul au moment de son interpellation. Selon cette source, il a percuté la voiture alors que celle-ci était en arrêt. Au lieu de s’excuser, il a insulté les occupants. Malheureusement pour lui, le véhicule appartient au fils du patron du Sed. Courroucés, ces occupants ont voulu lui donner une bonne leçon. Aussi a-t-il été interpellé et gardé à vue. Accusation contraire à la version des faits de René Mitterrand qui a finalement été relaxé dans la nuit du 10 janvier 2012 aux alentours de 20h alors que Le Messager poursuivait ses investigations auprès du Sed. Il aura passé huit jours dans les geôles respectivement du commissariat de Nkolmesseng et de la gendarmerie nationale.

Nadège Christelle BOWA / Florette Manedong

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