13/01/2012 02:23:12
Belles lettres. Les questions essentielles de l'existence exposées dans un ouvrage
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« La pêche miraculeuse », poème qui a donné son titre à l’œuvre, est la représentation impressionnante de la misère en Afrique. Une Afrique empreinte de famine.

Ce recueil de 154 poèmes d’Aimé Mathurin Moussy traite par ailleurs de sujets divers inhérents à l’existence de l’homme. L’auteur a pris le soin de les regrouper en 5 rubriques. : Rythmes et sensibilités, spiritualité et tradition, nature et environnement, histoire et engagements et enfin exotisme et culture. Selon l’auteur, sous la première rubrique apparaissent 8 poèmes. De prime abord, l’on note une irrégularité sur le plan formel attestant la liberté des poètes modernes qui laissent libre cours à leur originalité et leur génie.Il n’est plus question de respecter les règles de la poésie ancienne : vive la liberté qui permet de mieux exprimer ses idées et ses sentiments !

Ainsi donc le poème initial intitulé « Le courrier » présente le poète aux prises avec l’absence de l’être aimé dont la présence consolatrice ne se manifeste que par l’arrivée du facteur porteur du courrier tant attendu. Nous sommes en présence d’une âme meurtrie par la solitude et l’attente,  les deux, meublées d’incertitudes. Dans le poème intitulé « Sans- papiers » de la même rubrique, le poète se représente sans doute comme un étranger en situation irrégulière dans son pays d’accueil. Et comme on peut s’en apercevoir, face à ce problème crucial aussi préoccupant pour les immigrés et les diasporas du monde entier ; le poète pointe un doigt dénonciateur dans un ton ironique. De par la forme de ce poème, en dents de scie, il transparaît que la situation de sans- papiers est comme la blessure d’une scie sur la  chair de l’homme.

Dans l’ensemble une constance se dégage : rythmes et sensibilités regroupent des poèmes qui présentent bien la mission du poète : celle de dénoncer, d’annoncer, d’émettre des sonorités, à travers une écriture qui brise les normes préétablies de la grammaire et ses « menottes »…

La deuxième rubrique est un ensemble de 17 poèmes dans lesquels le poète « met en scène » ce qui est taxé de sacré dans la vie entre autres : Dieu,  la vertu, la foi, la mort, les us et coutumes, etc. « Tara » qui ouvre cette rubrique présente Dieu comme celui qui est à l’origine de tout ce qui existe sur terre. « Ici nous sommes en présence de longues énumérations qui, à chaque fois, se terminent par un point d’exclamation sentencieux. Le Tout Puissant est également celui qui a créé la mort, cette vilaine qui attend toute créature, et que toute l’humanité  et les créatures animées et inanimées redoutent », fait constater  Flanèche Hortense Ngo Bilong, professeur de langues et littérature française. Et d’observer que  « dans le poème fermoir de cette rubrique intitulé « Requiem », la mort est représentée sous toutes ses coutures. On y note également l’emploi récurrent de la suspension, l’exclamation et l’interrogation qui sont des  ponctuations fortes exprimant le désarroi dans lequel l’idée ou la seule pensée de la mort plonge l’homme». L’auteur nous la présente d’ailleurs comme « la dernière et misérable amie de toute créature ».

En somme, les poèmes de cet auteur, tous empreints de réflexions métaphysiques, plongent le lecteur dans un univers méditatif sur les questions essentielles de l’existence. Bien plus, il s’agit d’une longue évocation de l’histoire dans laquelle sont citées au passage de grandes figures historiques telles Monseigneur Ndogmo,  Um Nyobé, Ouandié Ernest, etc. qui ont marqué d’un sceau particulière l’histoire du Cameroun.

Blaise-Pascal DASSIE

«La pêche miraculeuse », 210 pages, Aimé Mathurin Moussy, Editions société des écrivains, 11.800 Fcfa.

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