13/01/2012 02:30:39
Yaoundé. Affrontement sanglant entre moto-taximen et forces de l'ordre
A l’origine, la séquestration mercredi dernier à Melen, d’un conducteur de moto par les éléments de la communauté urbaine de Yaoundé. 7 motos emportées par le Gmi, de nombreux blessés. Vers la radicalisation des affrontements.
Le Messager
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A l’origine, la séquestration mercredi dernier à Melen, d’un conducteur de moto par les éléments de la communauté urbaine de Yaoundé. 7 motos emportées par le Gmi, de nombreux blessés. Vers la radicalisation des affrontements.
 
Après le quartier Deido à Douala, c’est Mélen dans la capitale politique du Cameroun qui est au devant de l’actualité. Hier, jeudi 12 janvier, près de 500 conducteurs de motos se sont mobilisés, pour dénoncer les exactions des agents de la communauté urbaine chargés de l’assainissement de la ville. Comme une traînée de poudre, l’appel s’est repandu et des centaines de moto-taximen venus de Tkc, Obili, Mini-ferme, Mvog-Béti Etouk-Ebé et Nkolbison ont convergé vers le carrefour Gp à Mélen, pour mener une action concertée.

« Mercredi dernier, les agents de Tsimi Evouna ont interpellé un moto-taximan au niveau de la garde présidentielle de Mélen qui ne s’est pas arrêté. Ils l’ont donc poursuivi avec la voiture, l’ont cogné et ont emporté sa moto sans même se soucier de ses blessures. C’est pourquoi ce matin nous nous sommes entendus pour aller rencontrer le délégué du gouvernement chez lui, afin de dénoncer ces exactions », explique Jean Félix Moankoe, l’un des manifestants. Ce dernier rappelle que le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna a clairement délimité les zones d’intervention des motos taximen. Zones que les conducteurs des engins à deux roues à des fins commerciales respecteraient  jusqu’ici. « Il a dit qu’on ne doit plus aller au centre ville. Nous avons accepté. Lorsqu’il a embelli le carrefour de l’Ecole militaire interarmée,  il a dit que nous n’aurions plus accès à ce carrefour de 7h30 à 15 heures. Nous n’en avons pas fait un problème. Mais chaque fois, ses agents viennent nous menacer, bastonner et arracher nos motos dans notre périmètre autorisé. Nous ne voulions pas de violence. Nous avons envisagé de partir de Mélen, passer par Mini-ferme, aller contourner à Mokolo. Bref ne circuler que dans le territoire qui nous est  autorisé  jusqu’à sa résidence pour lui poser le problème,  puisqu’on ne peut pas arriver à la communauté urbaine avec les motos sans violer l’espace », ajoute Jean Félix, l’un des leaders du groupe.

Cependant,  non loin du marché Mvog-Béti, ces conducteurs de moto-taxis sont attaqués par une cohorte de gendarmes et d’éléments du groupement mobile d’intervention (Gmi), qui, à l’aide de matraques, les bastonnent.  « Ils ont ainsi occasionné de nombreux accidents, parce que ça allait dans tous les sens. Ce qui nous a poussé, puisque nous étions plus nombreux qu’eux à ramasser les pierres pour la légitime défense », rapporte Pierre Ndé, un manifestant la cinquantaine sonnée.

A l’issue de l’altercation, de nombreux manifestants sont blessés, quelques éléments des forces de maintien de l’ordre aussi. Près de 7 motos sont également saisies par le Gmi et embarquées pour le commissariat. « Cela ne nous a pas démotivé. Nous avons voulu poursuivre notre marché vers la résidence de Tsimi Evouna, même au prix de nos vies. Mais l’autorité préfectorale qui est arrivée sur les lieux nous a demandé d’arrêter l’affrontement, d’aller continuer notre travail et d’attendre qu’il se concerte avec le délégué du gouvernement pour nous donner la conduite à tenir», renseigne l’un des manifestants. Mais sur le terrain hier, la tension était encore très vive, certains conducteurs de motos dépossédés de leurs engins, disent vouloir remobiliser les troupes pour exiger la restitution sans délais et sans condition des 7 motocyclettes saisies par le Gmi.

Joseph Flavien KANKEU

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