16/01/2012 03:15:32
Que veut la Belgique au Congo ?
La question est judicieusement posée par la journaliste Marie-France Cros (La Libre Belgique - édition du 11 janvier 2012) suite au timide et discret courrier de félicitation adressé par Elio Di Rupo à Joseph Kabila tandis que Colette Braeckman (Le Soir) se fait remonter les bretelles.
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

La question est judicieusement posée par la journaliste Marie-France Cros (La Libre Belgique - édition du 11 janvier 2012) suite au timide et discret courrier de félicitation adressé par Elio Di Rupo à Joseph Kabila tandis que Colette Braeckman (Le Soir) se fait remonter les bretelles.

Les élections au Congo sont un fiasco démocratique, une tragédie comique pathétique. Et cette reconnaissance officielle posée en catimini, à l’insu de l’opinion publique belge et internationale, a tout de la mesquinerie.

A quels repaires moraux peut-on encore se fier ?

Avec le temps et l’émotion, nous aurions fini par oublier un autre personnage, lobbyiste omniprésent quand il s’agit du Congo car en coulisse, il garde la main : Louis Michel. L’homme ne dort pas, il veille anxieusement sur son dossier, ses intérêts et ceux de ses amis.

Avec le soutien de ses amis, il se serait engagé dans une tournée afin de plaider trois jours durant la cause de Joseph Kabila auprès des chancelleries européennes. Au passage, il veillera à soutenir « la cause » de Paul Kagame. Elio di Rupo l’accompagnera, question de démontrer qu’en Belgique, le dossier du Congo et des Grands lacs est une affaire d’Etat. Et en Belgique, l’Etat, c’est entre autres Louis Michel, ses amis, leur descendance et leurs courtisans. 

Pour la Belgique, il est impératif de soutenir Kabila, ou plutôt de maintenir le Congo dans un état infrahumain et de sous développement. Les fraudes et les assassinats du régime ne sont en réalité pas gênants, on peut toujours acheter les consciences, avec une mallette, voire avec un simple plat de lentille. Mais les ruades d’Etienne Tshisekedi et les réactions violentes de la masse populaire congolaise sont inquiétantes. Elles manifestent un rejet qu’il faut s’empresser de relativiser et de minimiser. Pire, elle menace quelques intérêts privés belges durablement installés au Congo. Des intérêts pour certains inavouables et incompatibles avec les fonctions d’Etat. Et ne parlons pas des vices qui s’y épanchent avec avidité loin des regards de la métropole, loin des épouses, des enfants, des électeurs…

Pour ces hommes là, il n’y a plus de limites morales. La raison a perdu ses repères. Tout est devenu possible dans cet Eldorado économique et l’idée d’être Roi parmi les hommes, Salomon des temps moderne, dévore l’ego avec un appétit insatiable.

Mais la démarche de la Belgique se limitera-t-elle à soutenir Kabila uniquement ?

Ne pense-t-on pas dans certaines officines à mettre hors d’état de nuire purement et simplement l’usurpateur, le trouble fête, Etienne Tshisekedi ? L’homme est après tout dangereux. Non pas parce qu’il dispose des moyens qui lui permettraient de remporter la victoire et d’écarter définitivement Joseph Kabila. Mais parce que le Président de l’UDPS apparaît aux yeux des belges comme le dernier symbole, le dernier repaire d’un peuple aux abois, acculé aux fonds de la cage et aux réactions imprévisibles et dévastatrices. Une menace directe à leurs intérêts.

Que l’on s’entende bien : ce n’est pas l’homme qui effraye. Il est vieux, intransigeant, son parti n’est qu’une illusion minée par les dissensions et personne en occident ne s’attristerait sur son sort. Ce qui fait peur c’est qu’il détient entre ses mains, l’espace d’un temps, le contrôle d’une situation qui ne pouvait échapper à la main qui étrangle le Congo. Il a lui seul l’avenir du Congo entre les mains. Un pouvoir éphémère mais réel dont il va devoir user avec sagesse et abnégation. La clé pour un avenir qui se joue non pas pour lui mais à travers lui car la ligne d’arrivée n’est pas à portée de son souffle. Selon, il en tirera gloire ou mépris. Il sera un héro ou un fossoyeur. Il est seul face à Dieu pour ce choix crucial.

La Belgique défendra ses intérêts privés jusqu’au bout. Pour elle, le choix est simple et la vie d’Etienne Tshisekedi, comme celle de Lumumba, ne pèse pas en regard de ce que certains de ses acteurs politiques, diplomates et hommes d’affaires ont peur de perdre. C’est pourquoi, le compte à rebours a commencé. La flamme du flambeau brûle encore dans la nuit et l’étoile n’est pas éteinte.

Congolais, Congolaise, ne laissez pas ceux qui sèment le vent éteindre l’espoir. Celui-ci appartient à la lumière et cette lumière n’appartient qu’à Dieu. Lorsque la main qui porte le flambeau s’affaiblit, il faut savoir la transmettre à une autre main vigoureuse et reconnaissante, il en va du principe même de la vie. Et si l’homme ne s’en charge pas, la Providence s’en occupera.

Qu’Etienne Tshisekedi médite bien cette réflexion car il en va de la vie du peuple congolais et de sa postérité ou leur fin à tous

Denyse Jacob
jacob.denyse@gmail.com

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE