17/01/2012 15:50:58
Cameroun: La fabrique des problèmes comme art de gouvernance !
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Ceux qui sont au pouvoir au Cameroun, et il ne faut mettre aucun nom parce que c’est plus un problème de système que celui d’un homme, nous le savons déjà tous, excellent, dans l’art du « pourrissement » des situations. Face au déferlement des problèmes qui fusent de toutes parts, nos gouvernants font la politique de l’autruche. Ils gardent la tête sous l’eau en espérant avoir emmagasiné le plus d’air possible, pour tenir aussi le plus longtemps possible !

Dans cet exercice d’un autre genre, nos gouvernants ont choisi d’entrainer avec eux tout le peuple camerounais dans son ensemble ; les jeunes, les enfants, les adultes, les séniors, les paysans comme les citadins, les travailleurs comme les chômeurs à courte comme à longue durée. Notre pays est encore à des années lumières des pratiques modernes de la politique, notamment des techniques de sondage, des enquêtes d’opinion, car si on se livrait à ces deux exercices ici on découvrirait dont avec ahurissement le degré d’impopularité de nos gouvernants. Mais l’absence de ces techniques modernes de la pratique de la politique nous rend-elle tous sourds et aveugles ? Nos gouvernants mieux que le gouvernement dans son ensemble excelle dans l’art de la « fabrique des problèmes » qu’ils érigent en mode de gouvernance.

Nos gouvernants veulent nous faire croire qu’ils maitrisent la situation et surtout que rien n’est de leur faute

Ainsi en va-t-il de l’épisode du manque d’eau dans les principales villes du pays avec une communication gouvernementale chaotique. La CAMWATER société distributrice d’eau au Cameroun n’est plus en mesure de satisfaire à la demande en eau potable des populations des villes camerounaises quelles que soit leurs tailles. De Bafoussam à Yaoundé, de Douala à Bamenda, en passant par Mbalmayo, Buéa, le constat est le même. Les robinets sont à sec.

La passivité de l’Etat et l’extrême misère des populations, font que la mise sur pied des puits, les sources et autres modes d’approvisionnement en eau représentent à leur tour un véritable danger de santé publique. Quand le gouvernement vient à communiquer sur le sujet, c’est le Ministre de la Communication revêtu de son titre de porte-parole du gouvernement qui convoque la presse nationale et internationale, entouré du personnel de son ministère pour expliquer aux journalistes (quelques-uns désabusés) habitués déjà au Tchiroma show que le gouvernement maitrise la situation et qu’il a pris des mesures nécessaires pour donner à chaque famille « deux bidons d’eau à travers la circulation dans les principaux quartiers de nos villes des camions citernes » !

Quid du Ministre de l’eau, des responsables du dit ministère, quid des responsables de la Cameroon Water Utilities Company (Camwater), quid enfin des responsables de la Camerounaise des Eaux (Cde) qui est camerounaise que de nom puisque le fond est marocain ! Circulez, il n’y a rien à voir ici ! Il n’y a personne pour reconnaitre ici que la réforme de décembre 2005 a accouché d’une catastrophe pour les populations de notre pays et risque d’embraser tout le pays. Le Ministère de l’Eau et de l’Energie et son patron ont tout simplement été mis sous tutelle par une alchimie communicationnelle dont seul le Cameroun a le secret et son Excellence Issa Tchiroma Bakary le logiciel.

Où sont les femmes ? Que font les hommes ?

Une autre affaire occupe les esprits des camerounais en ce moment, du moins je le pense ou alors je le voudrais. Elle a bénéficié d’un article dans le Jour du 12 janvier 2012. En effet depuis le 20 août 2011, une jeune-fille maman de 17 ans après avoir donné naissance à une fille a vu celle-ci enlevée par une inconnue à l’Hôpital Gynéco-obstétrique et Pédiatrique de Ngousso à Yaoundé ! Elle ? C’est la jeune Vanessa Tchatchou. Au-delà de la douleur, au-delà du fait que cette jeune fille a choisi l’un des meilleurs hôpitaux de notre pays pour donner la vie à sa fille, je suis frappé par l’indifférence qui entoure cet enlèvement et le fait qu’aucun membre en service dans ledit hopital ne soit interrogé par la police nationale. Rien à faire, le Jour nous annonce que l’affaire est entre les mains du président de la CONAC !!!

Bravo donc à nos gouvernant et bravo au peuple camerounais qui gagnerait pourtant en humanité en apportant son soutien à cette jeune fille. Elle est seule à se battre contre un système, en 6 mois de combat elle demeure dans l’anonymat ! Aucune autre mère, aucune jeune fille, aucun jeune homme ne rode autour de la chambre qu’elle continue à garder à la maternité de cet hôpital avec l’espoir de re-voir un jour sa fille ! Comment faire pour mobiliser donc si la douleur de l’enfantement fondatrice de l’humanité est ainsi foulée au pied ?

Son excellence Monsieur le Ministre de la Communication Porte-Parole du Gouvernement camerounais ne s’est pas encore exprimé sur le sujet et dans les coulisses il se dit que Vanessa est jeune « plantureuse et celui qui a mis l’autre n’attend que l’occasion pour récidiver ». Oui seuls les imbéciles, parait-il, ne changent pas d’avis. Espérons donc que les uns et les autres trouveront motifs plus nobles pour apporter leur soutien à cette jeune fille. Le gouvernement camerounais communique, la presse rend compte et le peuple ? Ecoute-t-il ? Nous avons là en face de nous deux cas et chacun de nous peut apporter son point de vue. Pour moi, la ficelle a pris une autre dimension, elle est vraiment grosse, le masque du grand ballet de l’hypocrisie républicaine tombe, il montre au grand jour le visage hideux de nos trahisons et de notre manque d’humanité. Si les gouvernants camerounais fabriquent au quotidien des problèmes et les érige en mode de gouvernance, le peuple tous les jours se fait complice, applaudit de deux mains, se moque de sa propre souffrance !

Dr Vincent-Sosthène FOUDA-ESSOMBA

 

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