30/07/2009 12:23:02
Soudan : 40 coups de fouets pour un pantalon
Une Soudanaise travaillant pour l'ONU est passible de 40 coups de fouet pour avoir porté un pantalon, une tenue jugée « indécente ». Loubna Ahmed Al-Hussein sera fixée sur son sort le 4 août, son audience devant un tribunal de Khartoum ayant été ajournée mercredi.
Radio-Canada
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Cette journaliste, qui travaille à la section communication de la Mission des Nations unies au Soudan, se trouvait dans un restaurant de Khartoum, le 3 juillet dernier, lorsque la police y a fait irruption et ordonné à 13 femmes portant un pantalon de les suivre au poste. Mme Al-Hussein et deux autres femmes ont requis les services d'un avocat. Deux jours plus tard, les 10 autres femmes ont été convoquées au poste de police, où elles ont été fouettées 10 fois chacune, a raconté Mme Al-Hussein.

Mercredi, Loubna Ahmed Al-Hussein s'est présentée devant un tribunal de Khartoum pour répondre à une accusation de tenue indécente, une accusation pour laquelle elle risque 40 coups de fouet et une amende de 250 livres soudanaises (100 $US). Mme Al-Hussein, qui portait un pantalon et un foulard islamique, estime que son cas est emblématique des restrictions imposées aux femmes dans la capitale soudanaise.

L'audience a cependant été ajournée après un débat entre avocats sur l'éventuelle immunité de l'accusée en tant qu'employée des Nations unies. Mais Mme Al-Hussein a décidé de ne pas se prévaloir de ce statut pour laisser l'affaire être jugée sur le fond.

« Je souhaite démissionner de l'ONU. Je souhaite que ce procès continue », a-t-elle affirmé devant une centaine de personnes venues assister à la première audience. Des observateurs des ambassades de France, de Suède, du Canada et d'Espagne, des personnalités politiques et des dizaines de militantes féministes en pantalon étaient présents.

Mme Al-Hussein estime qu'elle n'a rien fait de répréhensible au regard de la loi islamique (charia), mais que son cas sera jugé en vertu d'un paragraphe de la loi criminelle soudanaise qui interdit les « tenues indécentes ».

« Des milliers de femmes sont châtiées à coups de fouet mais elles restent silencieuses. La loi est utilisée pour harceler les femmes et je veux dénoncer cela », avait-elle confié à l'agence Reuters avant l'audience.

En quittant le tribunal, Loubna Hussein a salué la foule dans un geste de défi. « Nous sommes ici pour soutenir Loubna, parce que traiter les femmes de cette manière est arbitraire et incorrect », a déclaré Zouhal Mohammed El-Amine, professeur de droit à Khartoum. « Les femmes ne devraient pas être humiliées de cette manière. »

Une autre journaliste, Amal Habbani, a été accusée d'avoir diffamé la police après avoir écrit un article dans le journal Ajrass Al-Horreya condamnant la manière dont Loubna Hussein avait été traitée. « J'attends une décision », a déclaré Mme Habbani, qui est passible d'une amende de plusieurs centaines de milliers de dollars si elle est reconnue coupable.

Pour le Réseau arabe pour l'information sur les droits de l'Homme, la plainte contre Mme Habbani découle de son affirmation que l'arrestation de Mme Hussein « n'était pas une question de mode, mais une tactique politique pour intimider et terroriser les opposants ».

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