19/01/2012 01:36:48
Cameroun. Querelles: La majorité présidentielle au bord de l'implosion
Malgré les multiples interventions du Premier ministre les leaders du  regroupement des partis politiques en faveur de Paul Biya s’affrontent pour divers intérêts qui sont en  toile de fond, les libéralités du régime de Yaoundé.
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Paul Barthelemy Biya Bi Mvondo, président,Cameroun

Malgré les multiples interventions du Premier ministre les leaders du  regroupement des partis politiques en faveur de Paul Biya s’affrontent pour divers intérêts qui sont en  toile de fond, les libéralités du régime de Yaoundé.

A peine Paul Biya avait-il inauguré son septième mandat à la tête du pays le 4 novembre 2011 qu’il devait plancher sur la guerre de leadership qui couvait au sein la majorité présidentielle. Pour désamorcer l’explosif, le président national du Rdpc instruisait son directeur de campagne, Philemon Yang, de tenir une réunion de concertation avec la vingtaine de partis politiques  qui constituent l’effectif de ce regroupement. Ladite réunion se  tenait alors, le 10 novembre 2011 dans la salle de conférence de l’immeuble Etoile à Yaoundé, sous la présidence du chef du gouvernement. Et le principal point inscrit à l’ordre du jour de la rencontre portait sur la désignation du porte-parole de la majorité présidentielle.

Une des nombreuses  solutions à la résorption du conflit à peine larvé opposant un courant fidèle Bako Lawal, président d’United democratic front (Udf) à un autre conduit par Abe fils, président du Pur ; d’une part et Dieudonné Bizolé du parti des ouvriers camerounais (Pouc); d’autre part. Ces trois leaders revendiquaient à cors et à cris le mandat de porte-parole de la majorité présidentielle au cours de la campagne présidentielle pour l’élection du 9 octobre 2011. Une grande partie des effectifs a pris fait et cause pour Bako Lawal à travers une déclaration rédigée par Justin Fogou de l’Apc et publiée dans les colonnes de Cameroon-tribune. Mais celle-ci a été contestée au cours des travaux organisés par le Premier ministre. Laissant libre cours aux joutes oratoires d’une vulgarité devant laquelle s’est insurgé Philemon Yang au point de claquer la porte des travaux.

Bisbilles

Au sujet de la dite déclaration, Abé Fils affirme que ce sont les fruits «de nombreuses manigances  menées par des prébendiers pour s’accaparer la majorité présidentielle». Le président du Pur estime par ailleurs que ses contradicteurs sont des novices en politique et n’ont aucune vision de sa pratique. « Bako Lawal a intégré la majorité présidentielle en 2004 seulement. Mais il pense par besoin d’équilibre régional il devrait en être le porte parole », tempête-t-il.  Mais alors que le chef du gouvernement a encore à cœur de régler  définitivement ces bisbilles, certains membres du regroupement posent les problèmes de financement à tête chercheuse ; de la distribution du matériel de campagne à certains et pas à d’autres ou encore de la distribution des per diem à des personnes ne représentant aucun parti de la majorité.

A ces sujets, une lettre adressée à Philemon Yang par le président du parti de l’alliance du Cameroun (Pac), membre de ladite majorité, accuse de nombreux membres de ce regroupement de distraction « d’émoluments » et dénonce  « des pratiques mafieuses au sein de la majorité ». Paul Mvilongo qui signe cette correspondance se plaint  de ce que depuis la réunion du 10 novembre 2011 la majorité se porte mal davantage. Car «certains de ses membres  et des personnes n’ayant rien à voir avec le regroupement s’accaparent des privilèges dus au rang des vrais membres de la majorité avec l’aide de certains fonctionnaires véreux  des services du Premier ministre».

A cette lettre de Paul Mvilongo, s’ajoute celle de Bako Lawal qui déplorait l’absence de soutien ou le soutien parcellaire de la majorité à la veille de nouvelles élections. Mais devant   cette  accusation, M. Mvogo du Mouvement pour le développement du Cameroun (Mdd), membre de la majorité perçoit de la mauvaise foi. « Le  candidat Biya que nous soutenons nous a toujours appuyés. Ce n’est pas parce que ces temps-ci les appuis tardent à arriver qu’on va saisir le Premier ministre qui, en tant que directeur de campagne du président Biya à la dernière élection, nous fait l’honneur de nous recevoir régulièrement », argue-t-il.

Rodrigue N. TONGUE

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE