20/01/2012 02:29:11
Cameroun: Il engage une grève de la faim pour crier à l'injustice
Corneille Ngningahe se plaint du fait que les pouvoirs publics sont sourds à ses réclamations. Le Premier ministre appelle à l’arrêt de la grève.
Le Messager
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Corneille Ngningahe se plaint du fait que les pouvoirs publics sont sourds à ses réclamations. Le Premier ministre appelle à l’arrêt de la grève.

C’est devant les services du Premier ministre à Yaoundé que Corneille Ngningahe a choisi de manifester son mécontentement. Il y est depuis mercredi 18 janvier 2012 et compte rester le temps qu’i faudra, jusqu’à ce qu’il obtienne gain de cause. Cet homme d’affaires camerounais de 37 ans, très souvent entre deux avions, dit être lésé et abusé par les autorités judiciaires de son pays. «Je suis venu au Cameroun (en provenance de Dubaï)  pour poursuivre mes affaires. C’est ainsi que j’exportais des marchandises de tout genre pour mon magasin Three brothers services Ltd à Yassa. Mais depuis que j’ai lancé mes opérations, je suis victime d’une série de cambriolages », raconte Corneille Ngningahe. Devant ce silence, il tend lui-même une embuscade aux présumés « coupables des cambriolages » et finit par en attraper un. Ce dernier sera placé en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Bakoko. Deux jours après, le présumé voleur est libéré. En outre, Corneille dit recevoir des menaces d’un haut fonctionnaire des services du gouverneur de la région du Littoral.

La goutte d’eau qui va déborder le vase, est le dernier coup de vol perpétré lundi 16 janvier 2012. « Je venais de récupérer les marchandises au port autonome de Douala. Après les avoir installées au magasin, des bandits ont tout emporté. Rendu une nouvelle fois chez le procureur de la République à Ndokoti, on me promet une suite favorable, mais rien jusqu’à ce jour. C’est d’autant plus grave que j’ai perdu près de 2million FCfa dans cette affaire, et mes partenaires m’accusent de dilapider leurs biens». Malgré ce préjudice, il sera une nouvelle fois, éconduit. C’est donc à ce moment qu’il va saisir la commission indépendante contre la corruption et la discrimination pour arbitrage.

Après cette étape où il n’a visiblement pas eu les résultats escomptés, « j’ai décidé de passer à la vitesse supérieure pour dire ma colère » peste-t-il. Ce sera la grève de la faim. Corneille va se priver de toute alimentation pour exprimer son ras-le-bol et son désarroi. Il s’indigne du laxisme des pouvoirs publics, et donc de la justice camerounaise, dans la mesure où toutes ses plaintes sont restées jusqu’ici, lettre morte. C’est pour toute cette « injustice » qu’il dit manifester publiquement sa déception. Pour le faire, il a choisi d’aller à l’immeuble Etoile. A en croire le gréviste, « le secrétaire général des services du Premier ministre m’a demandé de suspendre la grève, le temps qu’il solutionne le problème. Mais je ne bougerai pas d’ici avant que mon problème soit résolu », promet-il.

C’est depuis deux ans qu’il vivrait ce calvaire. «Quand le premier vol est perpétré, narre-t-il, ce sont cinq conteneurs de marchandises qui disparaissent ; je porte plainte au niveau du commissariat de Bonanjo, sans suite. Quelques temps après, c’est autour d’un autre cambriolage. Courroucé, je me rends à nouveau chez le commissaire. Il me promet de tout faire pour résorber mes problèmes.  Mais rien n’y a fait ». Vivement que les promesses tenues cette fois aboutissent pour lui éviter cette mort dans l’âme.

Valgadine Tonga

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