30/07/2009 12:56:22
Pipeline Tchad-Cam. : Manne pétrolière, le Cameroun pour une renégociation
Le droit de transit empoché par le trésor public est jugé inversement proportionnel à l'embellie des prix sur le marché.
Le Jour
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Le consortium des sociétés pétrolières, constitué de Exxon Mobil, Petronas et Chevron Texaco a déjà réussi à récupérer l’important investissement consenti pour la réalisation du gigantesque projet pipeline Tchad-Cameroun. En effet, trois ans seulement après sa mise en exploitation démarrée en 2003, le consortium a pu empocher la totalité des investissements injectés dans le projet et cumulés à 4,1 milliards de dollars, soit environ 2300 milliards Fcfa. Ces trois dernières années, la part des recettes générées par la vente du brut tchadien et revenant à ce consortium est à inscrire dans la rubrique bénéfices. Compte tenu de la récente hausse du cours du baril, il s’agit, en trois ans, d’un bénéfice plutôt substantiel ! Or, malgré la hausse du prix du baril, sur la période allant du 03 octobre 2003 au 31 mars 2009, l’Etat du Cameroun a perçu un total de 122,4 millions de dollars, soit environ 68 milliards Fcfa seulement, au titre du droit de transit de l’oléoduc sur son territoire.

Afin que l’embellie du prix du pétrole brut profite à toutes les parties prenantes (le consortium Exxon Mobil, Petronas et Chevron Texaco ; le Tchad et le Cameroun), les autorités camerounaises sont pour un rééquilibrage des substantiels profits engrangés. Dans une allocution prononcée à l’occasion de la cérémonie d’aurevoir au Dg de Cotco, Jacky Lesage, l’administrateur directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (Snh), par ailleurs président du Comité permanent de suivi des pipelines (Cpsp) n’a pas fait dans la langue de bois. Adolphe Moudiki a ainsi souligné que « le consortium des sociétés pétrolières et l’Etat du Tchad ont remarquablement bénéficié de l’embellie des prix sur le marché pétrolier international », tandis que « les revenus du Cameroun ont été inversement proportionnels », relève-t-il, cité dans Snh infos n° 29 (le journal d’entreprise de la Société nationale des Hydrocarbures). L’Adg de la Snh plaide pour une solution mutuellement bénéfique aux parties, «dans les meilleurs délais», précise-t-il en évoquant «une justice économique».

En six ans d’exploitation du pipeline Tchad-Cameroun (2003-2009), les chiffres parlent d’eux-mêmes : 221 chargements de pétrole brut ont été fait au terminal de Komé-Kribi, pour un volume total de 201 millions de barils de pétrole.

Le pipeline, qui transporte le pétrole pompé au Tchad, traverse le territoire du Cameroun sur une distance de près de 1000 km, et génère des retombées pour notre pays. La loi camerounaise du 5 août 1996 portant régime du transport des hydrocarbures par pipeline en provenance de pays tiers. Au regard de cette loi, le droit de transit est une taxe exigible mensuellement et assise sur les quantités de pétrole brut transportées durant le mois précédent. Ces quantités sont arrêtées au moment de l’enlèvement du brut sur le terminal de Kome-Kribi. Un taux unitaire a été fixé par baril. Ce taux est resté inchangé, malgré l’embellie des prix du pétrole brut sur le marché international.

La demande du président  du Cpsp intervient au moment où toutes les questions de sécurité et de suivi environnemental autour du pipeline Tchad Cameroun n’ont pas été entièrement vidées. L’avertissement lancé par l’incident de janvier 2007, lorsqu’un déversement de pétrole avait été signalé au terminal flottant de Kribi, reste vif dans les esprits. Les risques de pollution et même d’incidents plus graves le long du tracé ne sont pas qu’une vue de l’esprit. De même, certaines populations riveraines n’ont cesse de faire entendre de la voix, pour revendiquer un supplément de compensation.

Claude Tadjon

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