30/01/2012 01:43:19
Emeutes de Déido. La commission d'enquête ne convainc pas les victimes
Le préfet du Wouri a rendu public le rapport de la commission d’enquête mercredi 25 janvier 2012, suite à la crise de Déido. Ce n’est pas de si tôt que les responsabilités des uns et des autres sera établie sur les massacres de Deïdo survenus en début d’année.
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Le préfet du Wouri a rendu public le rapport de la commission d’enquête mercredi 25 janvier 2012, suite à la crise de Déido. Ce n’est pas de si tôt que les responsabilités des uns et des autres sera établie sur les massacres de Deïdo survenus en début d’année. Car mercredi 25 janvier 2012, les membres de la commission d’enquête administrative présidée par Bernard Okalia Bilaï, le préfet du Wouri, n’ont fait qu’évaluer les dégâts et les pertes sans déterminer les culpabilités comme le souhaitaient les victimes. Dans le rapport présenté hier par le préfet du Wouri, il est mentionné que quatorze (14) bâtiments –dont la majorité à usage commercial-ont été brûlés et/ou saccagés, vingt-six (26) motos carbonisés, cinq (5) véhicules endommagés et trente deux (32) personnes grièvement blessées.

Un rapport taillé sur mesure selon les conducteurs des mototaxis qui ne sont pas convaincus. «Ces chiffres ne sont pas justes. Cette commission a bâclé son travail. J’estime à plus du double, les chiffres qui viennent d’être avancés par la commission d’enquête qui n’a pas intégré toutes les données. Où sont les motos qui ont été arrachées et cachées dans les domiciles de ces voyous de Deïdo? On a évalué une centaine de nos confrères en chômage à cause des motos qui ont disparu et gardées par les assaillants. Nous ne sommes pas convaincus. Qu’on nous donne de vrais chiffres et qu’on commence une fois à nous indemniser. Que fait-on de tous ceux qui sont encore à l’hôpital», dit Ngoufo Mbéat, conducteur de mototaxi.  Un responsable de la préfecture du Wouri parle sous anonymat. «La commission n’a rien inventé. Elle a travaillé avec les données qu’elle a collectées sur le terrain. Les victimes devaient se rapprocher de la commission pour déclarer leurs pertes afin que le processus de dédommagement qui est en cours se mette en marche. Quant aux malades, ils ont été pris en charge, d’autres ont regagné leurs familles. Le préfet s’arrange à ce que ce dossier soit traité avec fermeté, qu’aucune partie ne soit lésée».

Mais le rapport final de cette commission ne sonne pas comme la fin de la récréation à Deïdo toujours sous haute surveillance des forces de l’ordre. En attendant le processus de dédommagement, des bendskinneurs menace de boycotter la circulation dans ce quartier après la levée de la décision préfectorale. «Nous n’allons plus circuler à Deïdo même si le préfet nous supplie. Le supplice des mamans obligées de faire de longues distances pour prendre un taxi va se poursuivre», poursuit notre interlocuteur qui annonce des réunions pour adopter une stratégie commune de boycott général. Pendant ce temps, Bernard Okalia Bilaï fixe au 31 janvier 2012, la date butoir d’identification des mototaxis sur toute l’étendue du département du Wouri.

Etame Kouoh

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE