30/01/2012 15:25:58
Gabégie. Comment le Rdpc détourne l'argent public
Trois ministres artisans de  la manoeuvre...
Le Messager
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Un organe du Rdpc détourne 10 millions de Fcfa

L’argent injustement versé à l’organisation des jeunes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Ojrdpc) du Mfoundi IV par le Trésor public. Trois ministres artisans de  la manœuvre…

La révélation a été faite vendredi 27 janvier dernier, par Cyrille Effila, le président de la section de l’organisation des jeunes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Ojrdp) du Mfoundi IV. Le président de cet organe de base,  Cyrille Effila a affirmé pour s’en féliciter, avoir obtenu des financements pour sa section, à hauteur de près de 10 millions Fcfa, provenant des caisses de l’Etat.

En juin 2008 par exemple, Augustin Edjoa, alors ministre des Sports et de l’Education physique a fait débloquer 500 000 francs cfa des caisses de l’Etat, au profit de cette section de l’Ojrdpc. Moins de deux mois après, c’est Laurent Serge Etoundi Ngoa, le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat qui prend la relève, en octroyant la somme de 5 millions de francs cfa à la même section du parti-Etat. Comme si cela ne suffisait pas, le vice-Premier ministre, ministre de l’Agriculture, du Développement rural, Jean Kuété, revient à la charge, en faisant décharger par le président de cette même section, la rondelette somme d’un million de francs cfa.

Même le Programme intégré d’assistance et d’appui au secteur informel (Piaasi), un organisme créé par la chef de l’Etat pour lutter contre le chômage, n’a pas hésité de mettre à la disposition de ces jeunes camarades du parti au pouvoir la somme de 900 000 francs cfa en mai 2009. La liste ne s’arrêterait pas là. Augustin Edjoa qui passe pour être le « père Noël » de cette section, verse également en août 2008 et mai 2009, la somme de 932 000 francs cfa à cette « section chérie », à redistribuer aux jeunes de Yaoundé IV, désireux de concourir pour l’entrée à l’Institut national de la Jeunesse et des Sports (Injs) et à l’Ecole nationale d’Administration et de la Magistrature (Enam).

Tout calcul fait, cela donne un total de 9 .332. 000 francs cfa versés à la section de l’Ojrdpc du Mfoundi IV, sous le couvert d’un Groupe d’initiative commune (Gic) fictif dénommé Jeunes entrepreneurs du Mfoundi IV (Jem4).  Cela aurait été concevable si cet argent était utilisé pour mettre en forme des projets en vue de lutter efficacement contre le chômage. Mais pour le cas d’espèce, l’argent a été redistribué aux militants, au gré des têtes de proue de la section. « Ces financements mis à notre disposition par les structures de l’Etat ont été malheureusement redistribués dans les sous-sections où ils ont connu de fortunes diverses. Ceci parce que certains jeunes avaient été montés pour s’opposer au projet que nous voulions monter pour l’intérêt général. Ils ont crié sur tous les toits que nous voulions détourner cet argent. Pour sauver notre dignité et même nos vies, nous leur avons redistribué ces fonds », explique le président de la section Ojrdpc du Mfoundi IV, principal responsable du Gic Jem4, bénéficiaire de ces subventions. Selon ce dernier, l’argent ainsi collecté devait permettre de lancer un projet d’élevage des porcs à Meyo. « Mais avec plus de courage, nous réussirons avec le soutien des jeunes à mettre sur pied ce projet qui nous tient à cœur », rassure-t-il.

Focal. Incurie...

Ce scandale financier n’est certainement pas unique en son genre, sous un régime où les caisses de l’Etat se confondent à celles du Rdpc. Si chacune des sections de l’Ojrdpc avait eu un tel privilège, on se retrouverait avec plusieurs milliards de francs débloqués des caisses de l’Etat au profit des imposteurs soutenus par des personnalités tapies dans l’ombre. Cela ne surprend d’ailleurs pas les observateurs avertis de la scène politique nationale. Paul Biya n’a-t-il pas distribué de manière ostentatoire de l’argent public pour se faire reélire le 09 octobre 2011? « Cette technique consistant à demander aux jeunes de créer des Gics n’existant que sur papier est bien fréquente sous le ciel  du régime Biya. Cela leur permet de piller les ressources de l’Etat. Tous ces ministres cités savent que ce Gic n’existe nulle part. Dans un pays normal, cela aurait fait l’objet de l’ouverture d’une enquête judiciaire pour détournement et complicité de détournement des deniers publics », analyse un juriste.

Joseph Flavien KANKEU

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