03/02/2012 01:48:19
Sénégal: Vieillesse ne rime pas toujours avec sagesse
Au pays de la Teranga, le temps est à l'ébullition, et ce, juste à quelques semaines de la présidentielle prévue pour le 26 février 2012. Face à face, se trouvent deux camps de partisans farouches dressés les uns contre les autres et se regardant en chiens de faïence : le premier, celui du président sortant, Abdoulaye Wade, jure que la candidature de son mentor est on ne peut plus légale...
L'Observateur Paalga
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Abdoulaye Wade

Elections présidentielle au Sénégal - Au pays de la Teranga, le temps est à l'ébullition, et ce, juste à quelques semaines de la présidentielle prévue pour le 26 février 2012. Face à face, se trouvent deux camps de partisans farouches dressés les uns contre les autres et se regardant en chiens de faïence : le premier, celui du président sortant, Abdoulaye Wade, jure que la candidature de son mentor est on ne peut plus légale, tandis que le second, celui de l'opposition, crie au coup d'Etat constitutionnel et exige que Gorgui démissionne.

Le hic est que les deux camps semblent plus que jamais décidés à en découdre ; et à supposer qu'ils en arrivent à cette extrémité, nul ne saurait à l'heure actuelle prévoir l'ampleur des dégâts qui en résulteraient. Déjà, dans cette partie de bras de fer qui s'annonce désastreuse, on commence à compter les morts ; des cadavres qui cristallisent les passions, exacerbent les tensions et incrustent des ressentiments qu'ils gravent en lettres indélébiles dans le coeur et l'agir de ces Sénégalais pourtant, jusqu'à une date récente, considérés comme les porte-étendards de la démocratie en terre africaine. Quel gâchis, décidément ! Et juste à l'orée de l'ouverture officielle de la campagne présidentielle!

Mais, au fait, pourquoi ne pas reconsidérer la question sous un angle nouveau ? Le vieux Gorgui, commentant la décision du Conseil Constitutionnel qui a retenu sa candidature, considère que l'opposition sénégalaise lui cherche noise sur des «bases légères», et volontiers parle de «légitimité», de «droit qui a été dit» et charrie, au point d'affirmer sans ciller qu'il souhaite la paix pour son pays.

Mais le fait est que le vieux fait de la fixation sur du juridisme pur et dur, alors qu'ici la question gagnerait à être envisagée sous l'angle du bon sens et de la raison la plus élémentaire. Ses amis du conseil constitutionnel l'ont déclaré bon pour le service, apte pour un troisième mandat, soit ; mais c'est le bon sens le plus évident qui suggère qu'à 85 piges avouées, Gorgui qui a dirigé ce pays pendant une bonne douzaine d'années, songe à passer le témoin, pour son propre bien et celui de ce pays qu'il dit tant aimer.

Et ce, malgré le fait qu'il prétend qu'il est toujours capable de s'aligner pour un sprint de 100 m ou que, dans sa famille, on vit centenaire ; ils sont nombreux, ceux qui, déjà en mars 2000, au moment où Gorgui gravissait pour la première fois les marches du palais, pensaient, espéraient que Wade saurait suivre les traces de Mandela, qu'il tracerait la voie pour ensuite la confier à d'autres. Trois fois hélas ! Le Sénégal, depuis quelque temps, se livre à une danse macabre autour d'un abîeme et l'histoire retiendra que c'est le vieux Gorgui qui, parce qu'il aura manqué de sagesse, l'aura conduit à pareille folie.

Jean Claude Kongo

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