03/02/2012 03:11:55
Vous avez dit bizarre... Le frère de Kieffer et Ramaël ont le même avocat !
«Collusion judiciaire» !
Le nouveau courrier
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Le juge Patrick Ramaël, «spécialiste» de la Côte d’Ivoire, chargé en particulier de l’affaire Guy-André Kieffer, est dans le collimateur du Garde des Sceaux de son pays. Ce dernier a engagé contre lui des poursuites disciplinaires pour «insuffisances professionnelles». Manoeuvre politicienne, persécution politique ? En tout cas, parmi les trois dossiers dont le suivi est jugé problématique par son ministre de tutelle, deux concernent des affaires réglées «dans un délai anormalement long».

A l’image de l’affaire Guy-André Kieffer, où Ramaël n’a pas avancé d’un pouce en près de huit ans en dépit d’une agitation médiatique unilatérale et stérile. Selon le ministre de la Justice français, Ramaël a un «comportement inadapté » vis-à-vis de sa hiérarchie. Les Ivoiriens peuvent, de leur côté, témoigner de son mépris souverain de l’accord de coopération judiciaire entre Paris et Abidjan et de sa manière cavalière de mettre en cause, par médias interposés et témoignages bidon, des personnes contre lesquelles il n’a pas le moindre début de preuve… Mais ce que le bras de fer entre Ramaël et sa hiérarchie révèle de piquant vu d’Abidjan, c’est qu’Alexis Gublin, l’avocat de la famille de Guy-André Kieffer, qui suit le dossier en tant que partie civile, est aussi… l’avocat de Patrick Ramaël !

Lequel est donc, littéralement, juge et partie dans cette affaire sordide. Le conflit d’intérêts et les arrangements avec la morale sont évidents. Quand Alexis Gublin vole au secours de Patrick Ramaël, après le camouflet du «squelette de Yaokro», présenté de manière fallacieuse comme celui de Guy-André Kieffer, le fait-il en tant que défenseur de la famille du journaliste franco-canadien ou en tant qu’avocat du magistrat ?

De quelle transparence peut se prévaloir une procédure dans laquelle, en l’absence d’accusé fixe, la principale partie civile et le magistrat instructeur sont en pleine collusion alors qu’elles sont les seules à avoir accès au dossier ? Ce type de pratiques va en tout cas concourir à alimenter les accusations sur les «insuffisances professionnelles» de Patrick Ramaël. Lequel a déjà réussi à instrumentaliser les affaires «sensibles» dans le cadre desquelles il brasse du vent pour se poser en «martyr» d’un pouvoir politique qu’il dérange. En se servant sans limite de la presse. Mais qui peut sérieusement affirmer que Ramaël dérange Sarkozy en enquêtant à charge contre les proches de Laurent Gbagbo, ennemi juré du président français ?

Benjamin Silué

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