03/02/2012 03:19:51
Syrie : l'ONU fait marche-arrière
Un nouveau projet de résolution sur la Syrie a été déposé jeudi sur la table du Conseil de sécurité des Nations unies. Le texte a été expurgé des clauses qui offusquaient la Russie. Il ne fait notamment plus référence au départ du président Bachar Al-Assad.
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Un nouveau projet de résolution sur la Syrie a été déposé jeudi sur la table du Conseil de sécurité des Nations unies. Le texte a été expurgé des clauses qui offusquaient la Russie. Il ne fait notamment plus référence au départ du président Bachar Al-Assad.

Fruit d'intenses négociations entre les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil, cette nouvelle mouture « soutient pleinement [...] la décision de la Ligue arabe du 22 janvier 2012 de faciliter une transition politique menant à un système politique démocratique et pluraliste ».

Les détails de cette transition - en particulier le transfert des pouvoirs du président Al-Assad à son vice-président - ont en revanche été retirés. Ces modalités avaient été envisagées en janvier par la Ligue arabe, et proposées dans le cadre de son plan de sortie de crise qui a été rejeté par Damas.

Le texte abandonne aussi toute référence aux sanctions économiques décidées par la Ligue arabe contre Damas en novembre 2011. Un paragraphe où le Conseil « s'inquiétait » des ventes d'armes à la Syrie a également été supprimé.

Quant au sort réservé à Bachar Al-Assad, son départ n'est plus explicitement envisagé, tout comme a été écartée l'idée d'une intervention militaire sur le modèle libyen.

À l'instar des précédentes versions, le nouveau projet de résolution condamne toujours « la violence d'où qu'elle émane ».

Ces concessions n'ont qu'un objectif : éviter le veto de la Russie. Une menace brandie à plusieurs reprises par le représentant à l'ONU du Kremlin, Vitali Tchourkine, qui a prévenu qu'il ne voterait pas un texte que son pays considère « erroné ».

Depuis le début des négociations, le diplomate russe insiste ainsi pour que les Nations unies ne préjugent pas de l'issue d'une transition démocratique en Syrie, en demandant a priori que le président Assad cède le pouvoir. Moscou ne veut pas non plus entendre parler d'une éventuelle opération militaire pour mettre fin aux affrontements entre le régime baasiste et ses opposants.

Malgré l'escalade de la violence, la Russie veut également continuer d'exporter des armes en Syrie, « dans la mesure où il n'y a aucune restriction dans ce domaine », a indiqué jeudi le vice-ministre russe de la Défense, Anatoli Antonov.

Explications de texte

À New York, les diplomates occidentaux voulaient se montrer rassurants quant au contenu de la résolution. Les décisions de la Ligue « ne sont pas explicitées dans le dernier texte mais on comprend clairement à quoi elles se réfèrent », a fait valoir un négociateur sous couvert d'anonymat.

« L'essentiel, a expliqué un autre diplomate, est que le Conseil de sécurité soutienne le plan de la Ligue arabe » et qu'il y ait une clause prévoyant que l'ONU refera un point de la situation dans les trois semaines suivant l'adoption d'une résolution.

Pour l'heure, la Russie n'a pas encore réagi au nouveau texte, transmis aux capitales pour examen. « Nous ne savons pas ce que les Russes vont dire », a indiqué un ambassadeur. « Les Russes n'ont pas encore dit définitivement ce qu'ils étaient prêts ou non à accepter », a-t-il ajouté.

Le vote sur la résolution ne devrait toutefois pas intervenir avant la semaine prochaine.

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