31/07/2009 14:25:16
Controverse raciale : Une bière et on oublie tout
C'est l'une des pirouettes médiatiques dont lui seul a le secret. Barack Obama a convié, jeudi, à la Maison-Blanche les principaux acteurs de la première controverse raciale de sa présidence.
Le Point
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Barack Obama, son ami Henry Louis Gates, James Crowley, le policier blanc qui l'avait arrêté et Joe Biden, autour d'une bière à la Maison-Blanche, le 30 juillet 2009 (© AFP Saul Loeb)

"Autour d'une bière" se retrouveront, ainsi, l'éminent universitaire noir Henry Louis Gates Jr et le policier qui l'avait arrêté, le sergent James Crowley. Mercredi 22 juillet, le président américain avait déclenché une vive polémique quand il avait qualifié, devant des millions de téléspectateurs, de "stupide" l'arrestation du professeur noir, un ami de longue date.

Henry Louis Gates Jr avait été interpellé le 16 juillet après avoir enfoncé sa porte parce qu'il ne retrouvait pas ses clés. La police avait été alertée par une voisine croyant à un cambriolage. La suite des faits varie sensiblement selon qu'elle est rapportée par l'universitaire ou le policier. Pour le premier, le sergent est entré chez lui sans sa permission, il n'a décliné son identité que sur l'insistance de Gates. À l'inverse, pour le second, le professeur s'est répandu en invectives, l'a traité de raciste et a insulté sa mère. En tout état de cause, le professeur a été arrêté pour trouble à l'ordre public, charges abandonnées cette semaine.

"Le facteur racial reste un motif de préoccupation dans notre société"


Dès mercredi, Obama avait admis qu'il avait peut-être un parti pris puisque Gates est son ami et qu'il ne connaissait pas tous les éléments du dossier. Reste que ses déclarations ont provoqué l'indignation de maints policiers, d'autant que le sergent Crowley est apparu dans les médias comme un officier estimé, dépourvu de préjugé racial. Résultat, vendredi dernier, les syndicats de policiers de Cambridge ont exigé des excuses publiques d'Obama. D'excuses, il n'y aura point. Le président américain a toutefois formulé un mea culpa - le deuxième de sa présidence, cinq mois après avoir reconnu qu'il avait "foiré" dans la nomination de l'un de ses ministres -, jugeant que le choix de ses mots avait été "malheureux" et n'avait fait que causer "davantage de frénésie médiatique". Mais mieux encore, par un habile effet rhétorique, Barack Obama a également justifié sa prise de position, expliquant que "le fait que cela ait pris de telles proportions indique que le facteur racial reste un motif de préoccupation dans notre société"...

En réunissant les deux personnes mises en cause dans cette polémique, Barack Obama entend ainsi éteindre l'incendie qu'il a lui-même allumé. La Maison-Blanche fait ainsi tout son possible pour donner une connotation amicale à la rencontre, qui aura lieu "autour de la table de pique-nique, dehors, derrière le Bureau ovale", selon le porte-parole de Barack Obama, Robert Gibbs. Reste un épineux sujet : "Le sergent Crowley a dit qu'il aimait la Blue Moon" (une marque de bière), a remarqué Gibbs, avant de préciser : "Cependant, Barack Obama a un penchant pour la Budweiser."

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