10/02/2012 15:48:00
Douala. Echauffourées entre camerounais et nigérians
A l’origine de la rixe, l’incarcération par les éléments de la brigade de recherches gendarmerie de Bonanjo d’un jeune Camerounais à la suite d’une plainte d’un commerçant nigérian.
Le Messager
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A l’origine de la rixe, l’incarcération par les éléments de la brigade de recherches gendarmerie de Bonanjo d’un jeune Camerounais à la suite d’une plainte d’un commerçant nigérian.
 
Le Camp Yabassi, agglomération de Douala IIè réputée pour la vente des pièces détachées de véhicules a connu une journée « morte » hier jeudi 9 février 2012. Toutes les boutiques étaient fermées. Des pandores occupaient alors l’entrée sud des lieux. «La scène commence aux environs de 6 heures du matin. Les Camerounais qui font le commerce ici ont décidé d’interrompre les activités jusqu’à ce que notre doléance soit satisfaite», expliquent certains commerçants. Leur revendication, libérer le président des jeunes du camp Yabassi, Raymond Mangolo Mbonjo.

Ce Camerounais de 27 ans qui exerce comme « démarcheur » au Camp Yabassi, séjourne depuis lundi dernier dans les cellules de la brigade de recherches de gendarmerie de Bonanjo. A la suite d’une plainte de Okoli Ferdinand, alias «Zodiac» de nationalité nigériane pour qui il travaille. Lequel l’accuse de lui avoir dérobé une bonne quantité de marchandises estimée à plusieurs centaines de mille. «Raymond vendait les pièces et remettait l’argent au boss, touchant ainsi un  pourcentage. Dans l’une de leurs transactions, il a pu remettre une partie de la somme à son patron. Vexé, ce dernier ne l’a pas entendu de cette oreille», croit savoir un collègue de Raymond. Et au chef du quartier, Dibango Kotto Essomè descendu sur les lieux de dire : «C’est ainsi que Zodiac porte plainte contre « son voleur »».

Les commerçants ici disent ne pas apprécier le fait que le plaignant ait laissé le poste de police du quartier, les commissariats du 2è, 4è et 6è arrondissements, la brigade de gendarmerie de Mboppi, et les autorités traditionnelles territorialement compétentes pour manifester sa colère à Bonanjo. Il lui est également reproché de n’avoir pas recherché l’arbitrage du chef et avoir préféré «une plainte contre notre frère, alors que nous pouvions gérer l’affaire à l’amiable». C’est lorsque Raymond Mbonjo se rend à la gendarmerie lundi pour les motifs de «vol, agression, menace de mort», qu’il est arrêté et jeté en cellule.
 
Kidnapping

Dans un élan de solidarité, les Commerçants camerounais décident d’arrêter les activités et organisent des représailles contre les ressortissants nigérians du Camp Yabassi. «Six jeunes du quartier ont kidnappé deux enfants (18 ans et 22 ans) de la famille du plaignant mercredi dernier. Aussitôt informé, j’entame des négociations qui durent de 10 à 18h30 minutes avant qu’ils n’acceptent de les relâcher, explique Dibango Kotto Essomè, le chef du quartier. Il s’agit là d’un acte fortement répréhensible. C’est un défi à la loi parce que, quelles que soient vos raisons, vous ne pouvez pas vous permettre d’enlever des gens».

Approché à maintes reprises par Le Messager , Okoli Ferdinand n’a pas souhaité s’étendre sur le sujet. Mais, au moment où nous allions sous presses, Raymond avait été relâché, et les commerçants ouvraient timidement leurs boutiques. Après que le sous-préfet ait finalement obtenu du chef du quartier le remboursement de la somme querellée. «Il faut désormais que les Nigérians apprennent qu’ils ne se trouvent pas dans un territoire conquis. Plus jamais, nous n’allons plus laisser les expatriés nous marcher dessus dans cet espace», tranche un détaillant.

Valgadine TONGA  

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