13/02/2012 01:31:29
Vitaly Tchourkine: Assad n'est pas Kadhafi ...
Le représentant russe au Conseil de Sécurité Vitaly Tchourkine a déclaré ce samedi que le Président syrien Bachar el Assad n’est pas Mouammar khadafi, déplorant que la violence ait remplacé les mouvements de protestation pacifiques dans ce pays.
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Tchourkine: « Assad n’est pas Kadhafi, l’Occident soutient l’opposition armée»

Le représentant russe au Conseil de Sécurité Vitaly Tchourkine a déclaré ce samedi que le Président syrien Bachar el Assad n’est pas Mouammar khadafi, déplorant que la violence ait remplacé les mouvements de protestation pacifiques dans ce pays.

« Les pays occidentaux accentuent la crise en Syrie à travers leur appel au départ du Président Assad. Mais Bachar elAssad n’est pas l’ancien dirigeant libyen le défunt Mouammar Kadhafi qui était isolé », a déclaré Tchourkine dans un discours télévisé à la CNN vendredi.

Le responsable russe a fait état d’informations sur « le soutien militaire occidental à l’opposition syrienne », qualifiant une telle situation de « dangereuse qui provoquerait un conflit entièrement armé ».

Interrogé sur les raisons pour lesquelles la Russie vend toujours des armes au régime syrien, Tchourkine a répondu : « Nous avons des contrats et nous devons les respecter ».

Qualifiant d’erronés les propos considérant que la « révolution » syrienne a gardé pour longtemps son aspect pacifique, Tchourkine a rappelé que le premier mort parmi les forces de sécurité syrienne a été tué à la mi-mai dernier .

Il a par ailleurs accusé l’opposition d’être responsable de la violence dans le pays et d’attaquer le régime.

Tchourkine à Hamad : « Si vous me parlez sur ce ton une deuxième fois, votre pays n’existera plus »

Samedi dernier , lors des consultations qui étaient en cours entre les différentes parties à New York au sujet de la Syrie, le chef du gouvernement qatari Hamed Ben Jassem a demandé au représentant russe à l’ONU Vitaly Tchourkine une entrevue urgente. La rencontre a eu lieu dans une salle réservée aux rencontres entre les membres des diverses représentations à l’ONU. Hamad entama la discussion en soulignant l’importance de ce moment historique et en affirmant que la Syrie et le président Assad n’ont besoin que d’un signe fort montrant que la Russie n’opposera pas son véto et que Hamad insiste qu’il n’y aura aucune résolution prônant une intervention militaire.

Hamad ajoute qu’en cas d’adoption de la résolution, les pays arabes sont prêts à reconsidérer leur politique d’approvisionnement en armes dont le budget pour les prochaines années s’élève à 100 milliards de dollars dont 10 milliards sont déjà engagés pour l’achat d’armes russes. Engagement qui serait porté, selon Hamad, à 33 milliards de dollars.

Tchourkine réplique : « Je suis convaincu que votre appréciation de la position russe est totalement erronée et que ceux qui vous ont soufflé que la Russie marchanderait sa position au détriment de ses relations avec la Syrie se font des illusions et ignorent la portée stratégique du sujet. De ce fait et selon nous, cette tentative claire de corruption est rejetée et n’entre pas dans le cadre de nos calculs politiques »

Réponse de Hamad : « Nos conclusions sont que Bachar El Assad ne possède pas la capacité de refuser votre demande d’une transition pacifique du pouvoir, telle que présentée dans le projet de résolution … »

Tchourkine le coupe : « Vos conclusions sont aussi erronées que votre précédente appréciation, nous sommes de ceux qui n’acceptons pas qu’on permette une intervention militaire par le « biais d’une résolution ». « Ce qui s’est passé pour la Lybie n’était pas à l’origine orienté vers une intervention militaire mais vous et vos alliés avaient « sauté » toutes les interprétations des résolutions pour entreprendre une guerre de destruction contre la Lybie. Mais vous oubliez que l’Asie n’est pas l’Afrique et que nous n’accepterons pas toute résolution qui toucherait aux équilibres de l’Asie et qui conduirait à concrétiser vos plans de destruction des potentialités de la Syrie et en particulier celles de son armée ; et ça nous ne l’accepterons pas, je vous le confirme »

Hamad répond alors: « Burhan Ghalioun est disposé à signer un engagement garantissant à la Russie la persistance de ses zones d’influence en Méditerranée et de toutes les facilités en Syrie ».

Réponse ironique de Tchourkine sous forme de question : « Et vous, avez-vous signé avec Ghalioun des accords similaires à ceux que vous aviez obtenus avec les libyens, comme les droits de prospections en participation avec les Américains, les Anglais et les Français ? Ou bien cette transaction est plus large et inclurait le gazoduc Mer Rouge-Haïfa-Beyrouth-Banias, ou peut être Homs situé sur le tracé des projets iranien et russe de gazoduc? Que dites vous maintenant de jouer au poker ouvert sachant qu’à ma connaissance vous en êtes amateur? Et je commence par la prospection du gaz de Méditerranée pour lequel Israël a proposé à la Russie une participation en échange de la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur certaines zones offshore !! »

Hamad comprend et fait le coq : « Ainsi il n’y a plus nécessité de poursuivre alors que vous êtes déterminé à faire échouer la résolution arabe ; vous perdez les Arabes et vous payerez le prix de votre position »

Tchourkine se lève avant Hamad pour lui signifier que l’entrevue est terminée, il lui posa la main sur l’épaule et lui dit : « J’ai une réunion avec le représentant syrien Djaafari à propos de cette résolution, mais je voudrais vous rappeler que votre état n’existait pas sur la carte au temps où la flotte russe voguait dans le golfe il y a de cela deux siècles. Et rappelez que l’histoire se reproduit quelquefois sous forme de comédie, ne soyez donc pas les héros de cette comédie au moment où le rire n’est pas de mise dans la tragédie qui se joue actuellement. »

Cette altercation a été diffusée par la chaine France 2, dans laquelle Tchourkine ajoute à l’attention du Qatari: « Tu es un invité au Conseil de sécurité. Sois donc respectueux. En tout cas je ne m’adresse pas à toi. Je parle au nom de la Grande Russie aux grands seulement ».

Al Manar

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