13/02/2012 04:18:59
Gabon: Ali réforme son appareil sécuritaire
En nommant le général Léon Mistoul à la tête de la Police nationale et le général Jean Ekouah patron de la gendarmerie, Ali Bongo s’est garanti une paix durable.
La lettre du continent
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En nommant le général Léon Mistoul à la tête de la Police nationale et le général Jean Ekouah patron de la gendarmerie, Ali Bongo s’est garanti une paix durable.

Le président Ali Bongo n’a pas attendu la fin de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) pour procéder à plusieurs changements significatifs à la tête de la police et de la gendarmerie. Deux institutions sécuritaires où il vient de placer de nouveaux hommes de confiance. Boudé depuis quelques mois par le chef de l'Etat, le commandant en chef de la police depuis 2010, le général Antoine Embinga, a été démis de son poste le 21 janvier, au profit de son directeur de cabinet, Léon Mistoul.

Il lui est notamment reproché la mauvaise gestion des fonds mis à sa disposition afin de "garantir la sécurité" des législatives de 2011. En outre, la franc-maçonnerie ne serait pas étrangère à son limogeage. "Frère de lumière", grand maître de la Grande Loge symbolique du Gabon (GLSG, liée au Grand Orient de France), le général Antoine Embinga paierait ses velléités d’autonomie à l’égard de la Grande Loge du Gabon (GLG, l’obédience du grand maître Ali Bongo).

Plus accommodant vis-à-vis du pouvoir, Léon Mistoul bénéficie de la protection d’Alioune Ibaba, le tout-puissant conseiller spécial du chef de l’Etat, chargé de la défense et de la sécurité, et d’ethnie myéné comme lui. En outre, Léon Mistoul, surnommé élégamment "officier ballon" pour avoir fait partie de l’équipe nationale de football, est un proche de Jean-Boniface Assélé, oncle maternel d'Ali Bongo et actuel troisième vice-président du Sénat. C’est d’ailleurs grâce à Assélé, qui fut par le passé le commandant en chef de la police d’Omar Bongo, que Léon Mistoul a pu entrer dans la police et y faire carrière.

Pour la gendarmerie, Ali Bongo n’a pris aucun risque. Son nouveau patron, le général Jean Ekouah, succède à un autre Téké, Abel Sougou. Jean Ekouah, 54 ans, a effectué toute sa carrière au sein de ce corps. Formé en France à l'Ecole des officiers de la Gendarmerie nationale (EOGN) de Melun et à l'état-major de la gendarmerie de Maisons-Alfort, il a dirigé la Direction générale des recherches (DGR, services secrets de la gendarmerie), puis l’état-major de la gendarmerie départementale. Au début des années 90, il a occupé le poste d’attaché de défense adjoint à l'ambassade du Gabon à Paris. Son prédécesseur, Abel Sougou, devrait, pour sa part, prendre sa retraite avant la fin de l’année. Aux côtés du commandant de l’armée de terre, Paul Operha, Abel Sougou avait été chargé de sécuriser le déroulement de la présidentielle de 2009.

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