22/02/2012 00:51:06
Lutte contre la corruption. Le Cameroun cherche un milliard CFA pour dégainer
Hier, 21 février 2012,  des membres du gouvernement ont réuni des partenaires au développement dans un hôtel huppé de Yaoundé pour solliciter leurs contributions financières dans la mise en œuvre de la 2ème phase du programme baptisé CHOC, (Changer d’habitude pour s’opposer à la corruption).
Le Messager
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Hier, 21 février 2012,  des membres du gouvernement ont réuni des partenaires au développement dans un hôtel huppé de Yaoundé pour solliciter leurs contributions financières dans la mise en œuvre de la 2ème phase du programme baptisé CHOC, (Changer d’habitude pour s’opposer à la corruption).

La première phase de ce programme avait déjà bénéficié d’un financement global d’environ  712  millions de Francs Cfa, presque entièrement réunis par les partenaires au développement, l’apport personnel du Cameroun atteignant à peine 76 millions de Francs Cfa.  Pour la phase 2 qui a débuté le 12 janvier dernier pour une durée de 5 ans, le pays de Paul Biya attend  2 470 259 dollars américains, soit  près de 1, 235 milliards de Francs Cfa.

Au cours d’une rencontre hier à Yaoundé, qualifiée de tour de table des bailleurs de fonds, il a été question de demander à chacun des partenaires au développement du Cameroun de dire combien il entend débourser pour financer la mise en œuvre de cette seconde phase.  Présidée par le ministre de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), Emmanuel Nganou Djoumessi, assisté d’Henri Eyébé Ayissi, ministre délégué à la Présidence  de la République chargé du Contrôle supérieur de l’Etat, et tous les responsables des organismes publics de lutte contre la corruption au Cameroun, ce conclave de trois heures a connu la participation de la quasi-totalité des bailleurs de fonds du pays. Occasion pour le Minepat de dresser le bilan à mi-parcours du programme CHOC, initié en 2007 à travers une convention entre le gouvernement camerounais et ses partenaires au développement, en vue de l’amélioration de la gouvernance, de la lutte contre la corruption et contre toutes les formes de mauvaises pratiques.

Comme avancées déjà réalisées grâce à ce CHOC, Emmanuel Nganou Djoumessi brandit l’élaboration et l’entame de l’implémentation de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, l’internalisation de la Convention des Nations Unies contre la corruption à travers la mise en place d’une procédure législative concernant un avant projet de loi anticorruption, l’opérationnalisation des institutions de lutte contre la corruption avec des budgets à elles accordées, le renforcement des capacités de la société civile et de la Commission nationale anti corruption, CONAC, etc. « De la théorie, tout ça ! », s’est exclamé un des participants, malheureusement sous cape.

L’ANIF disposée à livrer…

Les partenaires au développement eux, exigent, à haute et intelligible voix, une « réelle volonté politique » du gouvernement dans la lutte contre ce fléau qui, il y’a quelques années, a hissé le Cameroun en tête des pays les plus corrompu du monde, selon un classement de Transparency International, une Ong Allemande. Justement, au cours de ces assises, Son Excellence Reinhard BUCHHOLZ, Ambassadrice de la République Fédérale d’Allemagne au Cameroun, ne s’est pas privée de dire que son pays entend continuer à appuyer ce programme, « à condition qu’il y’ait du résultat ».

Pareil pour le représentant du Chef de la Délégation de l’Union Européenne, Raoul Mateus, qui soutient que les bailleurs de Fonds ne sauraient être des meneurs de cette bataille contre la corruption, mais le Cameroun lui-même. Lui qui doit être au devant de la scène. Beaucoup ont émis le vœu que le gouvernement passe enfin à l’action, après la phase 1 de CHOC, consacrée à la sensibilisation. « Il faut réprimer », a indiqué le Directeur de l’Agence Nationale d’Investigation financière, Anif, NDE Sambone Hubert. Il déplore d’ailleurs  la non- sollicitation de sa structure par la CONAC, porteur du programme CHOC. Pourtant, il se dit disposé à fournir toutes les informations sur les transactions financières des Camerounais aussi bien à l’intérieur du pays qu’en déhors, à toutes fins utiles. En claire, l’Anif est prête à débusquer et livrer les auteurs d’enrichissement illicite. Mais curieusement, ce sont les organismes étrangers qui sollicitent sa structure pour ce genre de renseignement, dans le cadre de leurs investigations sur la corruption au Cameroun. Bien dommage !

Marie-Noëlle Guichi

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