23/02/2012 00:53:38
Sénégal. Entre le report et la tenue du scrutin
Wade et son camp ne sont pas les seuls à s'inscrire dans cette dynamique de rejet du report du scrutin du 26 février. Le candidat Macky Sall, ancien Premier ministre de Wade et aujourd'hui opposant, n'est pas, lui aussi, favorable à un report. Il a même menacé d'installer un gouvernement parallèle en cas de report.
Xinhua
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Sénégal

Wade et son camp ne sont pas les seuls à s'inscrire dans cette dynamique de rejet du report du scrutin du 26 février. Le candidat Macky Sall, ancien Premier ministre de Wade et aujourd'hui opposant, n'est pas, lui aussi, favorable à un report. Il a même menacé d'installer un gouvernement parallèle en cas de report.

A quatre jours de l'élection présidentielle prévue le 26 février au Sénégal, les acteurs sont partagés entre le report et la tenue du scrutin à la date échue, à cause de la vive tension qui domine la campagne électorale depuis une semaine.

Cette tension est alimentée par des manifestations violentes de l'opposition contre la candidature d'Abdoulaye Wade, 86 ans, élu en 2000 et réélu en 2007, estime que cette nouvelle candidature est inconstitutionnelle.

Les heurts ont fait au moins sept morts et plusieurs dizaines de blessés depuis leur déclenchement le 27 janvier. Une situation a poussé certains acteurs comme le candidat à présidentielle Ibrahima Fall à demander le report du scrutin présidentiel.

« L'insécurité est généralisée et l'élection ne peut pas se tenir dans des conditions normales au vu de la situation quasi insurrectionnelle. Si on veut sauvegarder la paix, il faut nécessairement un report du scrutin », a déclaré Fall, candidat membre du Mouvement du 23 juin (M23, partis politiques et société civile), fer de lance de la contestation d'un nouveau mandat du président Wade.

« Si nous voulons la paix et sauvegarder la concorde nationale, a-t-il ajouté, il est nécessaire de trouver les voies et moyens de calmer la situation ».

Avant lui, un autre candidat, Cheikh Bamba Dièye, aussi membre du M23, avait proposé le report de l'élection. Il a demandé l’arrêt de la campagne électorale pour permettre à Wade de continuer jusqu'à terme son mandat avant de céder son fauteuil au président du Sénat. Et que ce dernier organise dans les 90 jours au plus tard une nouvelle élection.

Ces propositions de report font leur chemin. Ainsi, AliouneTine, coordonnateur du M23, a déclaré, ce mercredi, au sortir d'un entretien avec l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, en mission d'observation de la présidentielle pour le compte de l’Union Africaine, que « les conditions ne sont pas réunies pour tenir le scrutin présidentiel ».

Un avis que le camp présidentiel ne partage pas : « nous sommes prêts à dialoguer surtout sauf le report de l'élection présidentiel et le retrait de la candidature de Wade », a déclaré mardi lors d'une conférence de presse, le porte-parole du président de la République, Serigne Mbacké Ndiaye.

Wade et son camp ne sont pas les seuls à s'inscrire dans cette dynamique de rejet du report du scrutin du 26 février. Le candidat Macky Sall, ancien Premier ministre de Wade et aujourd'hui opposant, n'est pas, lui aussi, favorable à un report. Il a même menacé d'installer un gouvernement parallèle en cas de report.

« Nous sommes opposés à toute transaction nébuleuse allant dans le sens d'un dialogue pour faire reculer l'élection ou pour la mise en place d'un quelconque gouvernement de transition », a-t- il indiqué. Pour Sall, toute décision de report de l'élection présidentielle entraînerait « immédiatement la mise en place, de notre part, d'un gouvernement parallèle. Nous ne reconnaîtrons plus Wade comme président, encore moins les institutions de la République », a-t-il fait savoir.

C'est dans ce contexte que le médiateur de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest(CEDEAO), Olusegun Obasanjo, a commencé sa mission d'observation électorale. Il a reçu ce mercredi les différents candidats de l'opposition, le Mouvement des rappeurs « Yen a marre » et le coordinateur du M23, avant de rencontrer plus tard le président sortant Wade.

Dans une déclaration faire à son arrivée, Olusegun Obasanjo a précisé l'objet de sa mission :"Je suis là pour une mission d’observation et non de médiation. Mais cela ne sera pas exclu vu la situation actuelle. J'aimerais pouvoir rencontrer chaque candidat. Je ne suis pas là pour dire à Abdoulaye Wade de partir, mais d’observer l'élection", a-t-il tenu à préciser.

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