27/02/2012 01:16:29
Cameroun. Batailles autour des milliards de la biométrie
Au moment où, le coeur du Dg d’Elecam balance entre les offres français et sud-africaine sur le choix de l’entreprise devant organiser la refonte du fichier électoral par des moyens biométriques, l’ambassadeur français au Cameroun, fait dans la danse bafia. Il aurait émis des réserves sur l’opportunité et les bienfaits de cette option pourtant réclamer par l’immense majorité des camerounais.
Le Messager
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Fonkam Azu'u
Au moment où, le coeur du Dg d’Elecam balance entre les offres français et sud-africaine sur le choix de l’entreprise devant organiser la refonte du fichier électoral par des moyens biométriques, l’ambassadeur français au Cameroun, fait dans la danse bafia. Il aurait émis des réserves sur l’opportunité et les bienfaits de cette option pourtant réclamée par l’immense majorité des camerounais.
 
Toute la semaine dernière, Fonkam Azu’u, s’est une fois de plus consacré à son sport favori, celui de convier les acteurs politiques et les organisations de la société civile, aux consultations « sans fin », s’agissant de la refonte du fichier électoral, en prélude aux prochaines élections municipales et législatives. Dans son désir d’exister et de ne pas rester à se tourner les pouces, le conseil électoral, tente de sauver la face, en s’expliquant par rapport aux démarches de résistance qu’il a préalablement adoptées, devant la pression des revendications populaires.

Si l’on peut constater la versatilité ou le changement de position sur lesquels surfe, le président du conseil électoral d’Elections Cameroon (Elecam), on s’interroge sur la capacité de ce superviseur et contrôleur des élections à maintenir la pression sur le véritable organisateur des élections qu’est Mohaman Sani Tanimou, Dg d’Elecam. S’il est inutile de revenir sur les avis des personnes que le conseil électoral a consultées ces derniers jours, s’il est dérisoire de croire qu’une bonne fiole capable d’irriguer le processus électoral camerounais sortira de ces rencontres, surtout lorsqu’on sait que, les pouvoirs du conseil électoral sont limités et qu’en l’état, le président de la République Paul Biya seul maître du jeu, s’offre dans les rôles d’acteur et de metteur en scène, toute fois, l’argent à débourser pour le financement de la refonte électorale, mérite un arrêt. L’opération qui se chiffre à plusieurs milliards, divise la direction générale d’Elecam et la France.

Reçu en consultation par le conseil électoral d’Elecam, l’ambassadeur français Bruno Gain, a versé dans le double langage. Face à la presse, l’ambassadeur français, s’agissant de l’appui qui pourrait être celui de son pays à Elecam dans le cadre de refonte des listes par les voies des moyens biométriques, a indiqué que le choix opéré était bon, surtout que selon lui, refondre complètement le fichier électoral garanti une élection libre, transparente et apaisée.

Mais des sources diplomatiques et celles proches d’Elecam, soulignent que la position défendue par Bruno Gain, au cours de la consultation aurait été contraire à sa déclaration devant les journalistes. Le diplomate aurait émis les réserves ; invoquant que la refonte par des voies biométriques, est inopportune pour le Cameroun, elle coûte chère, même qu’elle est contraignante, pas du tout fiable ; par conséquent, le Cameroun n’est pas pour l’instant forcé, ni obligé à envisager cette aventure. Si on peut admettre qu’il y a encore beaucoup de problèmes à régler avant d’adouber définitivement la biométrie, l’on peut s’étonner du revirement et de la volte face spectaculaire du diplomate français. La suspecte duplicité de caractère suggère aujourd’hui, plusieurs interrogations.
 
Sous la cendre, le feu
 
Plusieurs fois des suites, l’on a appris que la communauté internationale, le président français et bien d’autres diplomates exerçaient une pression ineffable sur le Cameroun, pour que des élections crédibles, saines et transparentes soient organisées. La volonté populaire, la société civile et la majorité des partis politiques se sont exprimés, dans le même sens. La biométrie se présente ainsi, comme une voie pour sortir de l’impasse et des mascarades permanentes.

La marche en arrière de la France, à travers les réserves qu’aurait exprimées Bruno Gain, serait-elle guidée par la volonté de protéger les intérêts d’une entreprise française (Thales) qui fait dans les cartes d’identités informatisées qui est partante pour le travail pour un montant de près de neuf milliards ? La menace française est-elle, une façon de faire pression sur l’Etat du Cameroun, afin que l’offre de Thales qui aurait été délaissée par le Dg Mohaman Sani Tanimou, soit réhabilitée ? En Afrique du Sud où, le Dg d’Elecam y a fait de la prospection, selon certaines confidences, il y aurait des contactes sérieux avec une entreprise pour un montant de quinze milliards. Une somme qui aurait davantage irrité le courroux et l’indignation du diplomate français, au vu du décalage avec ce que propose l’entreprise française.

Le retour du Dg d’Elecam qui était attendu au bercail hier, va-t-il aider à démêler l’écheveau ? Laquelle des entreprises française et sud-africaine, aura droit au « magnifique » gâteau ? Au vu des pressions et de la surenchère qui se dessine, il est difficile de se prononcer.
 
Souley ONOHIOLO 

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