28/02/2012 00:55:48
Le «Sarkozy nouveau» est arrivé!
À défaut d’avoir changé la France, Nicolas Sarkozy cherche à convaincre ses compatriotes qu’il n’est plus le même. Il a mué. Vraiment. Le «Sarkozy nouveau» est bel est bien là! Il se veut moins arrogant. Surveille ses incontinences langagières. L’inoubliable «casse-toi, pauvre con» lancé à un homme qui l’avertissait de ne pas le toucher semble si loin...
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À défaut d’avoir changé la France, Nicolas Sarkozy cherche à convaincre ses compatriotes qu’il n’est plus le même. Il a mué. Vraiment. Le «Sarkozy nouveau» est bel est bien là!

Fini le président «bling-bling» frayant avec les riches et célèbres de ce monde, coupé de la «France d’en bas». Nicolas Sarkozy se présente désormais en «président du peuple».

Il se veut moins arrogant. Surveille ses incontinences langagières. L’inoubliable «casse-toi, pauvre con» lancé à un homme qui l’avertissait de ne pas le toucher semble si loin...

«J’ai changé!» répète-t-il à l’envi dans ses discours pour renouveler son bail de cinq ans à l’Élysée. S’il a changé, c’est surtout d’avis, répondent ses adversaires. Il a beaucoup promis, peu fait. À deux mois du premier tour de la présidentielle, le socialiste François Hollande le bat toujours à plate couture.

Il ne fait pas de doute que «Sarko» pique moins de colères en public, mais il a toujours des commentaires acerbes sur les grands de ce monde. Ainsi, d’Angela Merkel, sa plus fidèle alliée, celui qui admire tant l’Allemagne chuchotera : «Elle dit qu’elle est au régime... et se ressert de fromage.» (Le Monde, 18 février)

«J’ai changé!» lance Nicolas Sarkozy à qui veut bien l’entendre. Pourtant, dans la forme et dans le fond, on ne change pas du jour au lendemain. À moins d’avoir une double personnalité.

En son temps, l’aristocrate Valéry Giscard d’Estaing avait lui aussi insisté qu’il avait changé, qu’il s’était rapproché de l’«homme de la  rue». Une petite question anodine lui aurait, dit-on, fait perdre la présidence en 1981. «Combien coûte un ticket de métro?» Il ne sut répondre. François Mitterrand entra à l’Élysée.

Nicolas Sarkozy ne veut pas être lui aussi le président d’un seul mandat face à un autre adversaire socialiste. L’histoire ne doit pas se répéter. Il joue son va-tout. Le président mal aimé des Français aurait confié à ses proches : «Je dois être un produit neuf.» (L’Express, 15-21 février) Le marketing politique bat son plein. C’est de bonne guerre. Tous les politiciens promettent le changement ou disent qu’ils ont changé après quelques années au pouvoir. Difficile d’être élu ou réélu sans ce credo universel.

Tous ont lu Il Gattopardo (Le guépard), l’unique roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa. Que disait l’auteur italien à propos de l’aristocratie du XIXe siècle? «Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change.»

Antoine Char

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