29/02/2012 02:11:19
Belles lettres. La société civile : alternative au développement de l'Afrique
Jean-Baptiste Djoumessi, pense que si la misère devient abondante et la richesse rare en Afrique, c’est à cause des pesanteurs liées à la forte présence des Etats « Vaches à lait ». L’Etat casse les œufs en passant car il ne se soucie que de ce qu’il amasse...
Le Messager
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Dans un ouvrage de 259 pages intitulé « Société civile l’autre voie du développement de l’Afrique », l’économiste et planificateur Jean-Baptiste Djoumessi, plaide pour davantage de contenu, d’espace de décision et de pouvoir à la société civile, si l’on veut gagner le pari du progrès social et du développement durable dans le continent africain.
D’entrée de jeu, l’ouvrage s’ouvre sur ce que l’on peut considérer comme une petite réclame.

« L’âme de ce livre se cache dans les citations. Elles ponctuent son articulation en trois parties, puis neuf chapitres. Elles suggèrent la quintessence et l’éclairage à garder en mémoire, quand on aborde l’une de ces articulations » écrit l’auteur. Sans s’arrêter là, Jean-Baptiste Djoumessi, conseille la lecture de son ouvrage, en commençant par les remerciements, l’avant-propos, la quatrième de couverture, l’introduction et la conclusion.

Selon lui, la préface que signe le professeur Maurice Tadadjeu, délégué général de l’organisation de la société civile africaine (Osca), doit être lue séparément, car elle constitue, la cerise sur le gâteau. Toutes ces indications soulignées par l’auteur, n’enlèvent rien aux problèmes vitaux, les interpellations, les attentes, mais surtout l’importance et la nécessité qu’il y a selon lui, à organiser la société civile. Jean-Baptiste Djoumessi affirme avec conviction, que dans les pays africains, il y a deux voies de développement. Jusqu’ici, la seule qui est exprimée, est celle de l’Etat ; lequel Etat, dispose à sa guise, du monopole de la construction physique, légale, citoyenne et organisationnelle, qu’il s’approprie sans « partage ».

Par son monopole sur l’ordre établi, l’Etat peut élever à sa guise les impôts, manœuvrer ou accroître les charges fiscales par des ponctions excessives, jongler avec les urgences sociales et user de mésintelligence dans l’orientation de la démocratie au sein des partis politiques. Dans un langage accessible, Jean-Baptiste Djoumessi, analyse les performances, les faiblesses et les limites des politiques de développement conduites par les Etats africains. Passant au crible les défis de l’Afrique et les politiques mises en œuvre pour passer de la pauvreté des masses à l’édification des sociétés prospères, il explore de manière novatrice, une nouvelle voie pour l’Afrique. L’usage de l’article défini dans « l’autre voie » laisse croire que la société civile est la seule alternative crédible. L’ouvrage démonte à suffisance, les goulots d’étranglement, la complaisance et les raisons « faciles » qui tendent à expliquer que la société civile est incapable et incompétente. Il ouvre le débat sur ce que c’est que la société civile et l’adéquation qu’il y a à mettre sur la balance l’Etat et celle-ci, car si les deux doivent gérer, sans perdre de vue que seul le peuple est souverain.

Face à la malléabilité, la versatilité, la faiblesse structurelle, systémique et même conjoncturelle des partis politiques qui pouvaient être des « contre-pouvoirs », au risque de continuer à pénaliser et à maltraiter les populations, « Société civile l’autre voie du développement de l’Afrique », suggère l’alternative de la société civile car, bien organisée, elle agit en toute logique et objectivité sur la base du savoir. Son rôle d’alerte et de critique est prépondérant.

Plaidoyer pour une société civile organisée et épanouie

Jean-Baptiste Djoumessi, pense que si la misère devient abondante et la richesse rare en Afrique, c’est à cause des pesanteurs liées à la forte présence des Etats « Vaches à lait ». L’Etat casse les œufs en passant car il ne se soucie que de ce qu’il amasse. Pour mettre un terme à cela, l’auteur inscrit son ouvrage dans la perspective de l’anéantissement des intérêts égoïstes et personnels, au profit de l’intérêt général et collectif. Tout en prenant position, Jean-Baptiste Djoumessi appelle au ralliement et à l’engagement de tous et de chacun. Il condamne les nombreuses manipulations et la trop forte emprise de l’Etat sur la société civile.

Quand l’auteur invite à l’engagement de la société civile, il suggère l’impérieuse nécessité qu’il y a pour celle-ci, à comprendre le rôle qui lui est dévolu, mais davantage, l’urgence à la voir renforcer ses capacités. Un clin d’œil est lancé à l’adresse des partis politiques, qui ne doivent pas redouter, ni manifester une certaine panique, quant à penser que la société civile est un adversaire dont la bataille est d’arriver au pouvoir. Il y a lieu selon l’auteur de sensibiliser l’Etat, à savoir qu’il a intérêt à œuvrer dans l’organisation de la société civile ; laquelle doit effacer dans sa trajectoire, la conquête du pouvoir (aucun marchandage avec le pouvoir ne doit être conféré à la société civile). Son rôle se résume à conduire les populations au progrès social, au bien être, au développement durable. D’où, le point d’honneur qui est mis sur l’équité, la paix et la justice sociale.

En dernière analyse, Jean-Baptiste Djoumessi pense que la formation, le renforcement des capacités, la force d’analyse et la somme des propositions peuvent permettre d’avoir une société civile responsable, qui agit sur la base du savoir. Pour ce faire, les organisations de la société civile doivent agir en réseaux opérationnels. Mieux, elles doivent se battre pour que le libéralisme politique soit la voie royale qui conduise à la démocratie et au développement économique.

Souley ONOHIOLO

Jean-Baptiste Djoumessi, «Société civile l’autre voie du développement de l’Afrique », Essai, Editions Harmattan Cameroun, 2011, 259 pages. Prix : 25 Euro

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