29/02/2012 02:30:22
Cameroun. Commerçants camerounais et nigérians s'affrontent à Douala
Les pêcheurs, les grossistes et les fumeurs de poissons d’origine nigériane sont accusés par leurs homologues camerounais d’entretenir la pénurie que connaît le principal marché de produits halieutiques de la ville de Douala.
Le Messager
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Les pêcheurs, les grossistes et les fumeurs de poissons d’origine nigériane sont accusés par leurs homologues camerounais d’entretenir la pénurie que connaît le principal marché de produits halieutiques de la ville de Douala.
 
Marché spécialisé dans la distribution du poisson, Youpwè peine à satisfaire la demande des ménages depuis quelques mois. Sans ambages, les commerçants camerounais accusent leurs homologues d’origine nigériane de rationner la vente et la distribution du poisson dans cet espace marchand. «Les pêcheurs et les fumeurs de poissons d’origine nigériane refusent de revendre le poisson aux commerçants camerounais.» Selon Virginie, une revendeuse du marché Youpwè, le poisson pêché aux larges de la ville de Manoka n’est plus acheminé vers le port de pêche de Youpwè. «Les pêcheurs nigérians optent pour leur pays d’origine pour l’écoulement du poisson capté dans les eaux camerounaises.» En chœur, les commerçants du marché Youpwè dénoncent également le stockage des cargaisons de poissons dans des campements de pêche et des magasins installés dans les îles de Manoka. Une attitude dont la finalité est de provoquer la surenchère et, surtout le courroux des commerçants du marché.

L’envahissement du marché Youpwè est une autre préoccupation évoquée par les commerçants de cet espace marchand. Quoique désabusé, le président de l’Association des commerçants de ce marché évoque «l’étouffement» de nombreux commerçants camerounais contraint à fermer boutique. «Beaucoup de commerçants sont au quartier parce que le capital est fini.» Dans le sillage de ses collègues, cette source précise que, «depuis  quatre mois, les commerçants camerounais sont pour la plupart à la maison. Les nigérians viennent eux-mêmes vendre le poisson à des prix exorbitants.» Soutient Jacques Mawel. Le président de l’Association des commerçants du marché Youpwè rejette néanmoins la responsabilité de cette «annexion » par le fait que, « durant des années, les régisseurs et autres présidents dudit marché ont passé le temps à attribuer des places aux nigérians au mépris de la loi.»

Une situation à l’origine d’un conflit ouvert entre commerçants nigérians et camerounais. Par ailleurs accusés d’être grossistes et revendeurs de leurs produits dans le principal marché de produits halieutiques de la ville de Douala. Une version relativisée par Philippe, un commerçant nigérian qui pense que, «c’est faux. Car au moment où nous allons en mer, c’est aussi pour y chercher du poisson.» La même source fait également savoir que «la pénurie de poisson constatée dans la ville de Douala serait due à la saison qui n’est  pas favorable  à la pêche.» Pour sûr, la supériorité de l’offre en rapport avec la demande de poisson, forte au marché Youpwè est à l’origine de nombreuses tensions.

C’est dans cette perspective que les principales autorités de la ville de Douala sont saisies depuis quelques jours par les commerçants d’origines camerounaises dans le but de clarifier la situation délétère qui prévaut dans ce marché. Selon la présidente du Syndicat des commerçants détaillants du Wouri (Sycodew), «le problème des pêcheurs, grossistes et fumeurs de poissons que connaît le marché Youpwè n’est pas exclusif à cet espace marchand.» Alice Maguedjio précise que, «dans le reste de la ville, il y  a les Chinois et autres débitants d’origines étrangères qui livrent en gros et reviennent vendre à moindre coût  en détails.»

Une situation qui semble encore avoir de beaux jours devant elle. Et ce, malgré les annonces faites par le gouvernement dans l’optique «d’approvisionner le marché national en produits halieutiques de qualité et à des prix compatibles avec le pouvoir d’achat des couches  sociales les plus démunies.» Une ambition à l’origine d’une intention faite par des entrepreneurs sud-africains et camerounais le 21 janvier 2012.
 
Joseph OLINGA

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