20/04/2009 20:45:23
Bakassi : La police en contact avec les ravisseurs

Les forces de sécurité ne s’accordent pas sur le sort des quatre employés capturés sur un bateau de Tide Water.

Le Jour
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Un haut responsable de la police camerounaise est rentré en contact avec les groupes rebelles du Delta du Niger, soupçonnés d’être responsables de la prise en otage de quatre employés le 14 mars 2009, sur un bateau de Tide Water, opérant pour le compte de la société pétrolière américaine Pecten.  Une source proche des Bakassi Freedom Fighters citant l’un des chefs dudit mouvement a affirmé que l’officiel camerounais a indiqué qu’il agissait pour le compte du gouvernement. « Il s’agit d’un simple contact ayant pour but d’identifier les éventuels preneurs d’otages et rien de plus », a nuancé un responsable de la police en poste dans la région du Sud-Ouest. Ce dernier qui précise qu’il n’a pas été associé aux contacts, croit savoir qu’il n’a nullement été question de renverser une rançon aux ravisseurs.

Le Jour a appris qu’il y a eu plusieurs échanges, courant mars 2009, entre le haut gradé de la police dont l’identité n’a pas été révélée, et les chefs des Bff. Lesquels n’auraient pas donné la preuve qu’ils détiennent les quatre employés de Tide Water. «Ils (les Bff ndlr) ont tout simplement dit qu’ils pouvaient servir d’intermédiaires entre les véritables ravisseurs et les autorités camerounaises», a reconnu un fonctionnaire en poste à la délégation générale à la Sûreté nationale (Dgsn).

En novembre 2008 déjà, des contacts avaient été noués par les policiers avec les Bff, suite à la capture de 10 travailleurs du pétrole sur un navire opérant pour le compte de Total Exploration et Production. A l’issue des pourparlers menés dans le grand secret, les pirates avaient libéré leurs otages, contre la relaxe leurs éléments faits prisonniers par l’armée camerounaise à Bakassi.

Toutes les forces de sécurité camerounaises n’ont pas la même approche en ce qui concerne les actions à mener en vue de la libération des quatre employés de Tide Water. Pour certains officiers de l’armée camerounaise, le Cameroun est en dehors de cette affaire, dès lors que les captifs sont détenus en territoire nigérian. Pour la police, par contre, il faut tout faire, y compris mener une opération «là où se trouvent les otages», puisqu’ils ont été capturés dans les eaux camerounaises. Lors des échanges houleux qui ont eu lieu au cours d’une réunion de sécurité à Yaoundé la semaine dernière, il a été finalement décidé qu’il n’y aura aucune intervention armée contre les ravisseurs. «Nous allons continuer à rechercher une issue rapide à cette affaire, en liaison avec toutes les parties concernées», a confié un haut responsable de la gendarmerie qui travaille sur le dossier.

Denis Nkwebo

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