01/03/2012 04:00:21
Cameroun. Paul Eric Kinguč condamné ŕ vie ŕ Nkongsamba
Le verdict  a été rendu  hier mercredi 29 février 2012 à 12 heures par le président Michel Ntyame Ntyame du tribunal de grande instance du Moungo.
Le Messager
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Le verdict  a été rendu  hier mercredi 29 février 2012 à 12 heures par le président Michel Ntyame Ntyame du tribunal de grande instance du Moungo. 

Le verdict dans l’affaire de détournement de 4.950 millions Fcfa, somme que le mis en cause avait perçu de la Spm (société des plantations de Mbanga) du temps où il était encore maire pour installer un réseau d'eau Snec à l'hôtel de ville de Penja est tombé. Hier donc, il a été fixé sur son sort.  Paul Eric Kinguè a été condamné à vie par  le Tribunal de grande instance du Moungo à Nkongsamba.

C’est au mois de mars 2009 que Paul Eric Kinguè est accusé d'avoir perçu la somme de 4.950 millions Fcfa de la Spm pour l'installation de l'eau à l'hôtel de ville de Penja. Il est également accusé d'avoir loué à la commune de Dibombari le bulldozer de la commune de Penja sans reverser dans les caisses de la commune l'argent encaissé. Des faits qui avaient été niés par le mis en cause. Qui pour sa  part affirmait  que l'argent versé par la Spm a été payé aux prestataires qui ont installé le réseau d'eau Snec à l'hôtel de ville de Penja. Au sujet de la location de cet engin, l'ex-maire soutient n'avoir jamais mis la nivelleuse en location. Non sans demander la production de la preuve de la location de cet engin. Bien plus l'accusé avait soutenu, mordicus que son collègue de Dibombari n'avait déboursé aucun centime pour la location en question.

Dans cette affaire qui ressemble, selon une certaine opinion à une cabale, ni la Spm, ni la mairie de Penja ne s'était constituée partie civile apprend-on. Joint au téléphone, le conseil de la mairie de Penja avait déclaré avoir été très surpris. « Nous ne sommes pas constitués dans cette affaire. Je suis l'avocat ponctuel de la mairie. Quand la mairie a une affaire en Justice, elle me produit une lettre pour me constituer. Je n'ai reçu aucune lettre de constitution de la mairie au sujet de cette affaire», s’était-il contenté de déclarer. 
 
Approché hier après le verdict, le prévenu se dit serein et affirme vouloir faire appel à toutes les décisions qui seront rendues par la Justice camerounaise et cela, jusqu'au niveau international. D'ailleurs, croit-il savoir, «dans mes dossiers, toutes les lois sont piétinées, les procédures aussi, parce qu'il faut m'éloigner de la commune de Penja afin de permettre aux entreprises Php, Spm, Caplain de continuer à piller le Moungo».

En sept mois de gestion, seulement, deux procès qualifiés de détournement de derniers publics ont été intentés contre lui. « Ce troisième procès porte sur une série de dénonciations fausses comme celui en cours à Douala. Je suis accusé d'avoir perçu la somme de 4 960 551 Fcfa, don d'une entreprise locale pour l'installation du réseau d'eau Snec à l'hôtel de ville de Penja. Ce réseau d'eau Snec a été installé avec, à l'appui, toutes les pièces des prestataires», déclare-t-il.

Réagissant, Me René Manfo conseil de l’accusé  avoue par ailleurs que ce qui est bouleversant dans cette troisième affaire est que son client n’a jamais été cité ni par le juge d'instruction ni par le tribunal pour se défendre. « Il n'y a pas eu information judiciaire pourtant obligatoire en cas de crime. Le détournement étant un crime, ses droits ont été viscéralement et barbarement violés dans cette procédure. Malgré sa demande à être cité pour présenter sa défense, il a été renvoyé au Tgi du Moungo, sans information judiciaire ». 

Au final comme semble le relever un avocat au barreau du Cameroun, l'objectif étant la condamnation de Paul Eric Kinguè, le Tgi qui devait se saisir d'office de cette violation et prononcer la nullité de la procédure a mené ses débats en son absence et a rendu son jugement. « En rendant leurs décisions, ces juges aussi ont tenu à justifier les "bakchichs" perçus auprès des bananeraies pour le détruire», pense-t-il.

Blaise-Pascal Dassié

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