01/03/2012 04:05:01
Afrique. Les Vieux font de la résistance
Même si le printemps arabe a fait des émules au sein de la jeunesse d’Afrique subsaharienne, les régimes en place ont réussi à éviter l’alternance - voire la transparence - lors de la récente vague d'élections. A l’exception notable de l'îlot nigérien, ces scrutins dispendieux et faillibles ont largement favorisé les pouvoirs sortants. Tour d’horizon d’une Afrique politique encore figée.
Lettre du continent
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Même si le printemps arabe a fait des émules au sein de la jeunesse d’Afrique subsaharienne, les régimes en place ont réussi à éviter l’alternance - voire la transparence - lors de la récente vague d'élections. A l’exception notable de l'îlot nigérien, ces scrutins dispendieux et faillibles ont largement favorisé les pouvoirs sortants. Tour d’horizon d’une Afrique politique encore figée.

L'Afrique de l'Ouest tendue - Quelle que soit l’issue de la présidentielle au Sénégal, Abdoulaye Wade, 85 ans - "hors TVA" comme disent les Sénégalais ! -, est déjà entré dans l'Histoire pour avoir sérieusement terni la vitrine démocratique de l'Afrique. En s’imposant via le Conseil constitutionnel pour briguer un troisième mandat, "Gorgui" a soulevé une violence politique inédite dans la Teranga. Au second tour, il devrait affronter Macky Sall, l’un de ses multiples dauphins avides de parricide. Wade a affirmé qu’il respecterait le résultat des urnes. On attend de voir…

Si les Burkinabè ignorent toujours comment Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, modifiera l’article 37 de la Constitution pour prolonger sa présidence, les Guinéens s’attendent, pour leur part, à de laborieuses législatives.

Sous la pression - notamment de Paris -, Alpha Condé est enfin disposé à aller à ce scrutin initialement prévu fin 2011. Et même "coûte que coûte, avec ou sans l'opposition", affirme-t-il en privé. Pour l’ancien opposant, élu avec 52% des voix en 2010 après n'avoir disposé que de 18% au premier tour, "le temps de la concertation avec l’opposition est terminé !". Comme pour la présidentielle, des dérives sont à craindre lors de cette consultation annoncée pour fin mai.

Au Togo, où l’on préside de père en fils, Faure Gnassingbé n’a plus aucun adversaire sérieux. Après avoir explosé l’opposition grâce à la complicité de son principal leader, Gilchrist Olympio, le président togolais ne dispose même plus du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC) pour échanger avec ses contradicteurs. Mi-février, les principaux partis d'opposition ont claqué la porte de cette structure.

L'Afrique centrale immobile - Le jeu électoral reste, de loin, plus verrouillé en Afrique centrale, où aucun changement notable n’a été enregistré depuis des années, voire des décennies. Une simple formalité a reconduit Paul Biya, 78 ans, à la tête du Cameroun en octobre.

En RDC, la Fondation Carter continue, quatre mois après leur tenue, de pourfendre la présidentielle et les législatives de novembre ayant permis la réélection du très peu charismatique Joseph Kabila.

De l'autre côté du fleuve Congo, Denis Sassou Nguesso, atteint par la limite d'âge pour briguer un autre mandat, pourrait à son tour faire modifier la Constitution pour un nouveau tour de manège en 2016.

Sans parler des inoxydables présidents angolais, José Eduardo dos Santos, équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema, ou encore tchadien, Idriss Déby. Autre recul : le Gabon d’Ali Bongo, président mal élu en 2009, est devenu plus monocolore que sous le règne de son père Omar. Avec 114 sièges attribués au Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) sur 120 que compte l’Assemblée nationale, les législatives de décembre ont marqué le quasi retour au parti unique dans ce pays.

Bamako inquiète Paris - Au Mali, rare pays ayant connu une alternance pacifique par le passé, la présidentielle d'avril est fortement perturbée par la résurgence de la rébellion touarègue via le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA). En visite à Bamako le 26 février, le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, s'est fait confirmer la date du 29 avril pour le scrutin.

Paris craint par dessus tout qu'une prolongation de l'insurrection du MNLA renvoie cette échéance aux calendes grecques ou, à tout le moins, au-delà de la fin du mandat d'Amadou Toumani Touré "ATT". Une situation qui risquerait alors d'installer un vide constitutionnel dans ce pays propice à certaines dérives, dont l'irruption de l'armée - très remontée ces derniers temps - dans l'arène politique.

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