01/03/2012 05:11:00
Les kalaches font la loi. La violence armée gagne du terrain sous Ouattara
Plus de dix mois après sa prise de pouvoir, Alassane Ouattara n’arrive toujours pas à mettre un terme à la violence qui, bien au contraire, gagne du terrain au fil des jours.
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Plus de dix mois après sa prise de pouvoir, Alassane Ouattara n’arrive toujours pas à mettre un terme à la violence qui, bien au contraire, gagne du terrain au fil des jours.

Le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, au lendemain du 11 avril dernier, avait fait la promesse de pacifier le pays. Ce qui sous-entend qu’il allait mettre fin au cycle de violence dans lequel le pays a été plongé depuis plus d’une décennie. Au moment où le pays était envahi dans ses coins et recoins les plus reculés par des hordes armées venues du nord et des prisonniers armés de kalachs, les Ivoiriens nourrissaient – avec cette profession de foi - le secret espoir de voir le rodéo des hommes en armes prendre fin. Leur aspiration profonde : vivre en paix. Hélas, près d’un an après, la violence armée gagne du terrain dans le pays qui vit difficilement la politique de rattrapage ethnique à tous les niveaux de Ouattara.

Les Ivoiriens vivent au rythme des crépitements des kalachnikovs et autres armes de guerre, depuis la fin de la crise post-électorale. Pas du fait d’une insurrection ou de tentatives de déstabilisation du régime, mais bien des du régime qui se confond à plus d’un titre avec l’ex-rébellion.

De Taï à Arrah, en passant par l’Ouest, Vavoua, Sikensi, Abengourou, les populations ont subi la loi des kalaches. Et à l’occasion des deux rounds des législatives, les armes de guerre ont encore tonné, le sang a encore coulé, des Ivoiriens ont encore été endeuillés. Récemment, c’est la localité de Bonon à quelques encablures de Daloa qui a marqué son adhésion dans le règne des kalaches. Des individus présentés comme étant des militants du Rdr et partisans du candidat Rdr aux législatives partielles de la localité de Bonon ont usé d’armes de guerre pour empêcher l’acheminement des PV de plusieurs bureaux de vote. Un affrontement s’en est suivi avec un détachement de l’Onuci, faisant 7 morts. Mais on dénombre également des disparus et plusieurs blessés à travers la ville de Bonon. La terreur qui a régné dans cette localité, pour de simples partielles, fait craindre un embrasement à la moindre occasion. Surtout que les campements baoulé ont été accusés d’avoir fait un vote ethnique en faveur du candidat indépendant pro-Pdci.

Dans la circonscription électorale de Facobly, c’est sous la menace des armes qu’une dizaine de bureaux de vote ont été emportés et/ou saccagés. Outre ces cas liés aux élections législatives, il ne se passe plus de mois sans que des éléments des Frci et/ou partisans de Ouattara ne dégainent face à des populations sans défense. La région de Taï est en proie à une violence armée quasi-permanente attribuée tantôt à des Libériens tantôt à des coupeurs de route. Ajouter à cela les affrontements entre populations et Frci à Vavoua, Agboville, Sikensi et récemment Arrah, l’on comprend que les armes n’ont jamais cessé de tonner. La violence armée - sous quelque forme qu’elle se présente - continue de plonger les populations dans une terreur permanente. En réalité, le régime Ouattara n’a pas daigné faire d’opération de désarmement en bonne et due forme, dans l’intention de laisser des armes de guerre entre les mains de plusieurs civils. Le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, l’a lui-même reconnu récemment à Arrah.

Tout compte fait, les tonnes d’armes distribuées pendant la crise post-électorale – qui n’ont jamais été arrachées à leurs détenteurs - continuent de faire des victimes parmi les Ivoiriens. Au quotidien. Sans que Ouattara n’ait véritablement de solutions.

Franck Toti

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