01/03/2012 16:04:03
Sénégal : Le président sortant Abdoulaye Wade dos au mur
Le deuxième tour auquel il a été contraint par ses adversaires dont certains sont ses ex-collaborateurs et des ténors de l'opposition, s'annonce âpre pour le président sortant sénégalais Abdoulaye Wade qui avait été élu par une écrasante majorité en 2000 et moins de peine dès le premier tour en 2007. 
Xinhua
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Le deuxième tour auquel il a été contraint par ses adversaires dont certains sont ses ex-collaborateurs et des ténors de l'opposition, s'annonce âpre pour le président sortant sénégalais Abdoulaye Wade qui avait été élu par une écrasante majorité en 2000 et moins de peine dès le premier tour en 2007. 

Apparemment, c' est un dirigeant dos au mur qui affrontera, en principe le 18 mars, son ex-Premier ministre Macky Sall, qui fut d'ailleurs son directeur de campagne en 2007.

Son score de 34,82% voix lors de la présidentielle de dimanche, contre une majorité de 58,1% au second tour en 2000 face à Abdou Diouf, actuel secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), et 55,9% dès le premier tour en 2007, sonne comme un désaveu de sa politique du "changement" (son slogan de campagne de 2000, en wolof Sopi).

Il obtient moins que son ancien rival socialiste Abdou Diouf qui, lui, avait recueilli au premier tour 41,3% des suffrages avant d'aller s'incliner à la confrontation finale.

"Le président travaille bien, mais il doit partir. Il a fait beaucoup de bêtises. Il n'y en a que pour son fils (Karim, membre très influent du gouvernement, ndlr). Son âge aussi (86 ans en mai, entre 93 et 94 ans pour ses détracteurs) ne milite pas en sa faveur", estime par exemple Assane, journaliste indépendant à Dakar, la capitale du pays où la majorité des électeurs ont majoritairement porté leur choix sur le rival du chef de l'Etat, Macky Sall.

Faye Ndiaye, agent que banque qui déclare avoir été emballée en 2000 par la déferlante Sopi, pense "qu'il est temps d'apporter le changement dans ce pays" et  que c'est les jeunes qui peuvent apporter ce changement-là.

"En 2000, on avait voté pour qu'Abdou Diouf parte, parce qu'on voulait qu'il parte. On a effectivement voté pour Abdoulaye Wade. En 2007, on a commencé à se rendre compte que ce n'était pas l'homme qu'il nous fallait", a expliqué la jeune femme qui, comme beaucoup d'autres Sénégalais, promet aujourd'hui au leader du Parti démocratique sénégalais (PDS) un vote-sanction.

Les populations sénégalaises imputent surtout à leur chef d'Etat, malgré des réalisations dans le domaine des infrastructures et l'aménagement du cadre urbain, la cherté de la vie qui réduit certaines d'entres elles au système D (débrouillardise). "En dix ans, le coût de la vie en pratiquement quadruplé", s'emporte Assane.

Presque à l'unanimité, les pronostics des analystes sont peu favorables à Wade dans le duel à venir avec Macky Sall qui, avec ses idées au parfum tout aussi libéral que son ex-mentor au demeurant, devient de facto le candidat par défaut d'un électorat qui se dit désabusé.

Pour sa relative jeunesse, Macky Sall, 51 ans, bénéficie d'un état de grâce auprès des Sénégalais qui, plus qu'au premier tour où ils étaient 51,58% sur plus de 5,3 millions d'électeurs inscrits à l'intérieur et à l'extérieur du pays à se rendre aux urnes dimanche, promettent une participation plus grande au second tour, annoncé le 18 mars.

De toute évidence, la bataille s'annonce disputée, avec tous les coups possibles permis, bien que Sall soit en position de grand favori et le chef de l'Etat celle d'outsider, d'après les analyses.

 

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