03/03/2012 04:34:59
Njoh Litumbe:«Biya traite les anglophones comme des citoyens de seconde zone»
C’est dans son village natal, à Bokwango, que nous rencontrons cet homme de 85 ans. Homme politique et leader d’opinion Mola Njoh Litumbe n’a pas renoncé à son combat de toujours : rechercher une formule pacifique et correctionnelle pour la co-habitation politique des deux Cameroun anglophone et francophone.
Le Messager
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Njoh Litumbe

«Au nom du nationalisme»

C’est dans son village natal, à Bokwango, que nous rencontrons cet homme de 85 ans. Homme politique et leader d’opinion Mola Njoh Litumbe n’a pas renoncé à son combat de toujours : rechercher une formule pacifique et correctionnelle pour la co-habitation politique des deux Cameroun anglophone et francophone.

Une co-habitation (l’expression est du vieux révolutionnaire) qui n’a jamais eu lieu. Président du liberal democratic alliance (Lda), Mola Njoh Litumbe affirme que le processus conduisant à la réunification du Cameroun a été floué. La trame de fond de la revendication anglophone, selon lui qui pense que : «Tous les anglophones peu importe leur engagement politique actuel vivent les mêmes frustrations et ont les mêmes revendications.» Déduction, la réunification proclamée le 1er octobre 1961 n’engage pas la partie anglophone.

Exit le rôle de John Ngu Foncha, du Docteur Endeley et de tous les autres ressortissants du Cameroun occidental engagé dans ce processus? Comme ses camarades du Scnc, Mola Njoh Litumbe tient à préciser qu’il s’agit d’un mouvement nationaliste. Ses rapports avec Biya, Fru Ndi et la classe politique nationale sont évoqués par cet homme qui garde une mémoire certaine. Dans cet entretien, qui se veut un apport à la compréhension de la question anglophone au Cameroun et une éclaircie sur les positions des différentes parties, dans un contexte où l’on prône l’unité nationale, la question liée à la revendication des Bamilékés, des Nordistes, des Bétis etc, n’a pas été éludée.


Considérons  de prime abord que la question relative à l’existence séparée du Cameroun britannique et du Cameroun français ait été réglée lors des accords de Foumban…

Il faut aborder cette question en prenant en compte le fait que le Cameroun britannique et le Cameroun français ont tous les deux été placés sous tutelle de l’Organisation des nations unies (Onu). La résolution 1541 des Nations unies fait de ces deux territoires des espaces libres de définir leur destin. En fait, les deux zones disposaient de leur service public ainsi que des services de souveraineté tel que l’armée. Au même titre que chacune des zones pouvait ouvrir des représentations diplomatiques à travers le monde. Chacune des deux régions était dès lors fondée à intégrer le pays de son choix. Un processus qui pouvait être mené par des associations ou dans le cadre d’une intégration. Cette résolution stipulait que dans le cas où ce rapprochement avait pour socle un parti politique ou toute autre association la représentant, l’entité conservait son intégrité territoriale et sa constitution.

C’est dans cette optique que le Cameroun anglophone et le Cameroun francophone sont partis sur la base de la création d’un gouvernement fédéral. Cette entité prenait en compte la souveraineté et les relations diplomatiques de chacune des zones. Dans le cadre d’un rapprochement sur la base de l’intégration, il était clairement indiqué que les deux zones se partageaient les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire équitablement. Il est donc clair que si l’une des parties assurait la présidence du pays durant un mandat, l’autre partie devait assurer la gestion du pays pour le mandat suivant. Les deux parties bénéficient d’un statut d’égalité. Dans le cadre du judiciaire, les deux parties bénéficient d’un nombre égal de magistrats et juges siégeant. Le poste de chef étant soumis à l’alternance comme dans le pouvoir exécutif.

Vous dites donc que le référendum du 1er octobre 1961 n’engage pas la partie anglophone ?

Je prendrais un exemple. Si j’ai une fille qui a un prétendant, je lui demanderais si elle veut vraiment l’épouser. Si elle acquiesce c’est une chose. Une chose est de sceller ce mariage comme le prescrit la loi. Le concubinage ne peut pas être considéré comme un mariage en bonne et due forme. Ce n’est qu’une déclaration d’intention. Si l’une des parties va établir un contrat de mariage falsifié, est-il raisonnable d’accorder du crédit à cette relation sur le plan de la loi ?  Le référendum avait pour objet de demander aux populations du Cameroun occidental leur choix de rallier le Cameroun oriental ou le Nigeria. Une fois le résultat du référendum connu, le Cameroun oriental à ignoré la procédure prescrite par la charte des Nations Unies pour aboutir à une réunification. Un texte qui stipule que les deux parties doivent convenir des modalités de cette réunification, matérialiser cette décision à travers un accord dûment signé et envoyer une copie de cet accord au secrétaire général de l’Onu.

Ce qui s’est passé au Cameroun c’est que la procédure n’a pas été respectée et, nous avons assisté à des choix personnels des ressortissants du Cameroun qui, selon leur convenance, ont décidé de rejoindre qui le Nigeria, qui le Cameroun mais il ne s’agit pas là d’une réunification dans le sens vrai du terme. Avant ce référendum, le Cameroun et le Nigeria ont été invités aux Nations Unies pour présenter leurs propositions. Il se trouve que le Nigeria qui était déjà engagé dans le fédéralisme avait les outils pour satisfaire les aspirations de certaines populations désireuses de rejoindre la fédération nigériane. C’est d’ailleurs la même position que Ahidjo faisait. A l’époque, il annonçait la création d’un Etat fédéral avec en toile de fond le respect de l’égalité et la mise sur pied des institutions proportionnellement représentatives des deux zones appelées à se réunifier.

C’est ces propositions que la Grande Bretagne est venue présenter aux populations du Cameroun occidental. En précisant que les populations avaient manifestées une certaine aversion pour les Ibos. C’est ainsi que des intentions ont été manifestée pour une réunification avec le Cameroun d’autant plus que Ahidjo présentait certains gages. Je voulait ainsi vous expliquer comment unilatéralement Ahidjo a fait voter par l’Assemblée nationale du Cameroun oriental puis promulgué, le 1er septembre 1961, une loi qui stipulait que, «à compter du 1er octobre le territoire dit Cameroun occidental est incorporé dans notre pays.»

Cette promulgation était une violation grave de la loi telle que définit par les Nations Unies. Cette loi n’était pas applicable dans le territoire Cameroun occidental. Tout comme cette Assemblée n’avait aucune compétence sur le Cameroun occidental encore moins sur ses représentations diplomatiques. Une étude du Professeur Julius Ngoh de l’Université de Buea montre que la loi n° 2461 créant la République fédérale du Cameroun n’a jamais été débattue par l’Assemblée du Cameroun occidental, encore moins promulguée par celle-ci. La seule chose que Ahidjo a fait était de mobiliser les forces de défenses pour annexer la région anglophone. Il n’est pas juste qu’on dise que la République fédérale du Cameroun a existée par ce que c’est faux. Cela n’est enregistré nulle part comme l’exige la loi. Selon les Nations Unies, la démarche validée par Ahidjo est nulle et de nul effet.

On a vu les sécessionnistes anglophones aux côtés de l’Union des populations du Cameroun (Upc) lors des batailles et revendications pour l’indépendance. Est-ce à dire que votre combat était désormais celui de l’indépendance?

L’Upc était un parti clandestin qui pensait que le Cameroun oriental n’était pas indépendant. Leur combat était de voir le Cameroun se départir de la domination française. Avec la recrudescence de la rébellion en zone Bamiléké, les Français ont bombardé à partir des avions des villages entiers tuant femmes et enfants. Des faits qui ont mobilisés la communauté internationale. L’Upc était en quête de soutient en vue de défendre le peuple.

C’est pour cela que vous étiez proche de l’Upc ?

L’Upc venait d’abord dans la région du Cameroun occidental parce qu’elle lui garantissait une certaine sécurité. C’est une région qui jouissait d’une certaine quiétude et dans laquelle le respect des droits de l’Homme n’était pas un vain mot. C’est probablement l’une des raisons qui conduisait ce parti dans la région anglophone. Il pensait que notre lutte consistait à obtenir l’indépendance. Or, cette indépendance était déjà acquise. Comme je vous l’expliquait, la résolution des Nations Unies Abrogeait tout type d’esclavage dont le colonialisme. Nous étions dont de fait libre, au même titre que le Cameroun oriental. Mais l’Upc a aussi subit les foudres du Nigeria qui voyait en lui un propagateur du Communisme. Dont une menace pour tout le monde.

Lorsque que vous dites l’indépendance pour l’unification, qu’entendez-vous par là ?

La résolution 1541 déclare l’indépendance de toutes les colonies. Elle leur accorde par ailleurs la latitude de choisir entre réunification et intégration. Le Cameroun occidental n’a participé à aucune négociation comme le laisse croire certains. Cette procédure était clairement règlementée par les Nations Unies.

John Ngu Foncha et les autres représentants n’étaient-ils pas représentatifs de la région anglophone ?

Le Cameroun occidental avait sa constitution. Cette constitution adoptée par l’Assemblée représentative du Cameroun occidental stipulait, en son article 47, que sur proposition du président de la République fédérale ou du gouvernement fédéral que toute résolution prise en dehors des mécanismes visant à ignorer l’intégrité conférée par le fédéralisme n’était pas admissible.

Ceci veut dire que le Cameroun occidental et le Cameroun oriental étaient deux Etats qui aspiraient à une réunification. Donc, ces deux Etats égaux devait discuter sur la base des instruments que leur conférait leur souveraineté. Cette disposition avait pour objectif de sécuriser toutes négociations engageant les deux Etats. Du coup, il est surprenant et inadmissible que le texte réunifiant les deux parties soit signés et promulgués exclusivement par le Cameroun oriental.

Si vous dites que le Scnc n’est pas un mouvement sécessionniste, comment présentez vous cette organisation ?

Le Scnc est un groupe nationaliste créé pour défendre les droits des populations du Cameroun occidental. Ceci parce que, nous ne pouvons pas adhérer à la République du Cameroun en ignorant les disposants des Nations Unies. Nous ne pouvons pas délibérément nous mettre en contradiction avec la résolution 1541 qui indique la procédure aboutissant à la réunification. Ce serait comme valider un concubinage en refusant de se conformer à la loi qui donne plutôt la légitimité au mariage.

Il faut respecter la voie légale pour estimer qu’on est dans une situation normale. Les gens ont confondu le plébiscite du Cameroun occidental à se rattacher au Cameroun avec la signature d’une plate forme organisant la réunification souhaitée par ces deux parties. Il s’agissait d’avoir l’assentiment des populations avant de parachever la procédure menant à la réunification. Si la procédure n’est pas respectée on ne peut pas estimer que la réunification des deux Cameroun ait eu lieu. Nous sommes tout simplement dans une cohabitation illégale.

Le Scnc évoque la question anglophone. Est-ce qu’il n’y a que le problème anglophone à résoudre au Cameroun ?

Nous estimons que nous sommes annexés par les Camerounais francophones qui ont monté la République du Cameroun de toute pièce. Nous sommes colonisés par un pouvoir qui est incarné par le président Biya. C’est lui qui détient illégalement  tous les pouvoirs. Pour nous ce n’est pas un pouvoir si des résolutions des Nations Unies sont ignorées.

Le gouvernement vient de décider de commémorer la réunification. Peut-on penser que c’est l’aboutissement des revendications que vous faites au Scnc?

Si on continue à parler de réunification dans ce contexte c’est qu’il y a un souci d’ignorer les revendications qui sont faites. Nous pensons que la réunification est un terme erroné dans ce cas là. Adopter cette démarche revient à ignorer l’éclatement qu’a connu le Cameroun allemand. Auquel cas il faut aussi annexer les parties du Cameroun qui se sont retrouvées au Tchad, en Centrafrique, au Gabon. Ce n’est que la dernière partie qui a été divisée entre la France et la Grande Bretagne.

Quand on dit réunification, logiquement, l’on prend en compte l’existence du Cameroun britannique et celle du Cameroun français. Il faut surtout prendre en compte la partie du Cameroun rattachée au Nigeria. Si les gouvernants veulent parler de réunification, il faut bien prendre en compte toutes ces parties du Cameroun éparpillées en Afrique. Ce que les bâtisseurs supposés de la République du Cameroun tente de faire c’est d’annexer un tout petit espace de ce Cameroun éparse.

Et, encore c’est une infime partie de ce qu’était le Cameroun britannique. Dans ce cas là, le terme le mieux adapté c’est l’unification. Et, même dans cet autre cas, il y a une procédure à suivre. Remarquez aussi que la loi qui créée la République du Cameroun ignore l’Etat fédéral. Lorsque vous changez votre nom, êtes-vous la même personne? C’est cette confusion qui est entretenue depuis des décennies par ceux qui gouvernent.

Quelle différence entre réunification et unification ?

La réunification essaye de reconstituer une situation antérieure tandis que l’unification met en mouvement deux parties. La réunification, je le précise donc tiendrait à reconstituer le Cameroun allemand. Ce qui apparemment n’est pas le cas. Le Cameroun partagé par les Britanniques et les Français n’est pas le Cameroun originel, celui des Allemands. Ce Cameroun là est mort avec le traité de versailles. C’est juste une excuse, un prétexte de dire que nous célébrons le cinquantenaire de la réunification.

Puisque le Scnc préfère qu’on parle plutôt d’unification, êtes-vous prêt à la faire?

Non ! Le Scnc ne veut pas d’unification avec la République du Cameroun. Parce que ces gens là ne sont pas honnêtes. Ils essayent de flouer le Cameroun occidental depuis toujours. Les documents qui fondent la République fédérale sont des faux. On ne peut pas faire une fédération tout seul. Il faut au moins deux parties pour constituer une fédération. Mais quand vous allez voter une loi dans votre Assemblée sans tenir compte du Cameroun occidental. Ce n’est pas une fédération. Ce qui a été fait est illégal.

J’ai voulu attirer l’attention des autorités, lors d’une réunion  en présence du secrétaire général de la région du Sud-Ouest, avec à ses côtés Peter Mafany Musongue. J’ai demandé la parole que le Secrétaire général de la région m’a donnée. Dès que l’ancien premier ministre m’a vu, il a demandé à ce qu’on me retire la parole. Il lui a dit que «ce type là vient mettre du désordre ici si tu le laisse s’exprimer.» j’ai levé mon doigt de nouveau dix fois. La population a demandé à m’écouter, rien n’y a été fait.

Qu’est-ce que le Scnc attend précisément ?

Le Scnc dit que la classe dirigeante de la République du Cameroun ne peut pas évoluer en marge des lois internationales. Ce n’est pas un pays à part dans le concert des nations. Ils doivent respecter les lois auxquelles ils son soumis. Ils ont violé les textes régissant la réunification des Etats tels que consignés dans les dispositions 102 et 103. Des textes qui obligent les Etats à se conformer aux engagements pris. Cet engagement est repris dans la constitution du Cameroun de 1996. Nous saisissons le tribunal pénal international pour emmener le Cameroun à respecter ses engagements vis-à-vis du Cameroun occidental.

De nombreux hommes politiques évoquent un fédéralisme calqué sur la décentralisation. Que vous suggère cette option ?

Si la République du Cameroun accepte de prendre en compte les recommandations du tribunal pénal international. Nous accepterons dès lors de discuter sur la base de la charte des Nations Unies et des textes qui régissent ce type de relations. Mais les gouvernants refusent de se conformer. Ils préfèrent présenter le Scnc comme un groupe de déstabilisation. Ce qui est faux. Ils disent que la zone anglophone est une partie de la République du Cameroun. Tout le monde sait que c’est faux.

Quelles sont les relations du Scnc avec les partis politiques à l’instar du Sdf, du Rdpc ou encore du Cpp ?

Notre position est connue : un ressortissant du Cameroun occidental ne doit pas aspirer à une fonction officielle dans la République du Cameroun, fût-elle présidentielle. Pour nous, il s’agit d’un pays étranger. Si ce que l’on appelle aujourd’hui la République du Cameroun était encore une colonie française, les ressortissants de cet espace ne pourraient pas aspirer à être président de la République française. Ceci se vérifie d’ailleurs dans la manière avec laquelle les gouvernants de la République du Cameroun traitent ceux des anglophones qui collaborent avec eux.

On ne peut pas être président d’un Etat auquel on n’appartient pas. Ce n’est que quand le gouvernement de la République du Cameroun aura pris en compte les résolutions du Tribunal international qu’il sera possible d’envisager une telle issue. C’est la condition pour que le Cameroun soit un et indivisible. J’ai vécu l’histoire du Cameroun et elle est jalonnée de mensonge comme celui qui consiste à dire que le Cameroun est un et indivisible. C’est des choses qu’on raconte aux jeunes qui ne connaissent pas l’histoire.

Tout à côté de ce que vous dites, il y a des formations politiques qui demandent plutôt une  décentralisation. Vous avez le sentiment de parler au nom de tous les anglophones ? Partagent-ils votre perception ?

J’essaye de vous dire qu’il est illogique pour un ressortissant de la région anglophone d’aspirer ou d’attendre des prises de décisions qui auraient un impact sur la vie du Cameroun occidental. Biya contrôle le judiciaire, la communauté internationale à laquelle la Scapo et le Scnc ce sont adressée a fait le même constat.

La question reste entière. Est-ce que tous les anglophones partagent votre vision des choses ?

Je peux vous rassurer que tous les anglophones peu importe leur engagement politique actuel, vivent les mêmes frustrations et ont les mêmes revendications. Remarquez que la Scapo, le Scnc et le Parti libéral ont pignon sur rue dans la région anglophone. Nous refusons de tomber dans le piège qui consiste à dire que notre participation à une élection marque notre engagement aux côtés de la République du Cameroun.

Votre question est de savoir si tous les anglophones partagent cette conviction. Une fois de plus je vous dis oui ! A mon retour de Washington j’ai convoqué une réunion à laquelle tous ces partis politiques ainsi que les élites de la région anglophone ont pris part. Je leur ai expliqué ce que nous avons fait à Oslo et à Washington. Il ne faut pas confondre les aspirations individuelles des gens avec la perception générale de la cause anglophone.

Quelles sont vos relations avec Biya et Fru Ndi ?

Fru Ndi est un vieux frère. Nous nous connaissons depuis l’élection qu’il a gagnée en 1992. Depuis cette élection, nous nous sommes rencontré quelques fois. Biya ne pense pas à ce genre de chose. Biya me traite comme un homme dénué de raison. Autant il traite les anglophones comme des citoyens de seconde zone. Il faut qu’on se le dise, un anglophone ne sera jamais président de la République tant que ce contentieux existe.

Vous faites du problème de l’élection au Cameroun une affaire anglophone. D’aucun estiment qu’il n’y a pas que les anglophones qui sont exclus du pouvoir. Est-ce qu’il n’y a pas un peu d’exagération dans votre démarche ?

Si nous avions été dans une logique de réunification, le problème ne se poserait pas ainsi. L’alternance serait une réalité au Cameroun. Si les gouvernants de la République veulent bâtir une nation comme ils le prônent, ils doivent engager un dialogue franc et sincère avec la partie anglophone. C’est aussi l’occasion de rappeler que la résolution 1541 stipule que si un ressortissant de l’une des parties accède à un gouvernement sans l’aval de sa partie d’origine, il le fait à titre personnel. Il faut qu’on respecte les accords initiaux. A moins que les gouvernants de la République aient décidé de nous maintenir en esclavage.

Posons la question autrement. Si les Duala, les Bamiléké, les Bétis, les Haoussas et tous les autres faisaient une revendication particulière, serait-il possible d’atteindre l’idéal d’une nation unie ?

Il convient de repréciser ici que le problème anglophone est spécifique. Il y a une manie entretenue par les gouvernants du pays qui veulent faire croire, à priori, que le problème anglophone doit être résolu dans le sillage des problèmes des autres camerounais. Il ne faut pas perdre de vue que la partie anglophone et la partie francophone font l’objet d’un contrat dont les clauses ne sont pas respectées.

Joseph OLINGA 

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