04/03/2012 06:16:14
Commerce. Des Camerounais pasteurisent le vin de palme
Depuis près de deux ans, une jeune entreprise camerounaise étuve et conserve le vin issu du palmier et du raphia, désormais commercialisé dans certaines surfaces du pays.
Le Messager
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Depuis près de deux ans, une jeune entreprise camerounaise étuve et conserve le vin issu du palmier et du raphia, désormais commercialisé dans certaines surfaces du pays.

L’idée est géniale. Du moins, si l’on s’en tient aux réactions de certaines personnes rencontrées dans la capitale camerounaise. Des Camerounais ont trouvé le moyen de pasteuriser le vin de palme et de raphia. Le produit est pris dans son état brut et ils ont trouvé un système chimique de conservation pour le garder dans cet état pendant une longue période. En général, le vin de palme ne garde pas la même saveur quelques heures seulement après avoir été cueilli. Dorénavant, cette méthode permet de conserver son goût pendant longtemps.

L’idée a été développée par André Tsafack, un Camerounais originaire de la région de l’Ouest. Il lui a fallu dix ans pour obtenir les résultats d’aujourd’hui. Période au cours de laquelle, il a développé plusieurs méthodes avant de trouver la bonne. Pour des raisons que l’on peut imaginer, le chargé de la commercialisation pour le Centre, le Sud et l’Est ne dévoile pas les secrets chimiques pour conserver le vin de palme et de raphia. Antoine Effa, par ailleurs chargé de développer le volet exportation, explique tout simplement que ce vin peut être conservé durant au moins douze mois.

De Bekoko à Babadjou

Sevina, entendez Sève et vin d’Afrique, est embouteillé à Bekoko, petite bourgade située à la sortie ouest de Douala. L’entreprise, encore artisanale, applique immédiatement sa formule chimique pour conserver le vin issu des palmeraies. Quant au vin de raphia, il vient directement de Babadjou, localité située dans la région de l’Ouest du pays, principalement reconnue comme vivier du vin de raphia. Une fois pasteurisé, le vin est embouteillé et mis à la disposition des consommateurs.

Mais, pour le moment, il ne se trouve pas dans toutes les surfaces. A Yaoundé et Douala, Sevina est vendu dans les snacks et les restaurants haut de gamme. Des négociations sont en cours pour qu’il soit commercialisé dans les grands supermarchés. « Nous avions dans un premier temps voulu une méthode de vende tous azimuts. Mais, le fait est que le prix de ce vin semble assez élevé pour les Camerounais qui n’ont pas assez d’argent. Raison pour laquelle nous avons redéfini notre cible qui est désormais moyen et haut de gamme », explique Antoine Effa.

400 et 700 Fcfa

Pour une bouteille de 33 cl, le prix public recommandé est de 400 Fcfa. Quant à celle de 65 cl, il faut débourser 700 Fcfa. Ces coûts sont la conséquence des charges énormes qui précèdent la production. En effet, cette petite entreprise doit acheter les bouteilles, payer les producteurs de vin de palme et de raphia, louer les palmiers, etc. Les promoteurs entendent cependant développer des stratégies pour mettre à la disposition des consommateurs ce vin « juteux, raffiné et sensationnel ». Surtout qu’il y a une réelle capacité de production. « Nous sommes capables de produire 10 000 bouteilles de vin chaque mois, rien que pour ce qui est des régions du Centre, Sud et Est. Sur le plan national, cette capacité est de 30 000 bouteilles par mois », affirme le commercial.

Ce qui augure de belles perspectives. En attendant de potentiels investisseurs dans ce business, les promoteurs de Sevina ont déjà pensé au volet exportation. Selon les explications d’Antoine Effa, l’export serait l’avenir de ce produit. Des débouchées sont explorées du côté des Etats-Unis et de l’Europe. « Les occidentaux aiment les produits exotiques. Nous sommes en relation avec un asiatique qui pourrait nous aider à nous introduire dans ce marché, notamment en France et en Belgique. Si nous pouvons exporter le cinquième seulement de notre produit, nous pourrions développer le marché interne de manière à réduire le coût de Sevina au Cameroun», rassure le chargé de la commercialisation. En espérant que cette entreprise, qui emploie directement une dizaine de Camerounais, puisse trouver des partenaires financiers de manière à produire industriellement du vin de palme et de raphia pasteurisé.

Alain NOAH AWANA

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