05/03/2012 01:51:10
Cameroun. 83 fonctionnaires dans le viseur de la Justice
Un communiqué du ministre chargé du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) rendu public le 2 mars 2012 convoque ces gestionnaires de crédits publics à s’expliquer à Yaoundé.
Le Messager
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Eyebe Ayissi

Un communiqué du ministre chargé du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) rendu public le 2 mars 2012 convoque ces gestionnaires de crédits publics à s’expliquer à Yaoundé.

La description du siège du Consupe faite par Henri Eyébé Ayissi lui-même est-elle révélatrice du sort réservé à ceux qui y sont convoqués ? « Le Consupe est situé face le parquet administratif de Yaoundé ». Détail prémonitoire ou hasard de géographie ? Il n’y a, en tout cas, pas de répit au Contrôle supérieur de l’Etat. Deux jours seulement après l’annonce de la traduction de Jean Tabi Manga et Cie au conseil de discipline budgétaire et financière (Cdbf), son président, le ministre délégué à la présidence chargé du Contrôle supérieur de l’Etat bat le rappel de quelques gestionnaires de l’Etat dans le pays profond. Les personnalités convoquées es qualité « sans délai à se présenter dans ses services pour affaire urgente les concernant » sont appelées à répondre de leur gestion de quelques affaires publiques, d’après la lettre du communiqué d’Henri Eyébé Ayissi.

Mais l’esprit dudit texte révèle bien que ces responsables sont traduits au conseil de discipline budgétaire et financière. Car, c’est bien en sa qualité de président du Cdbf que le ministre Eyébé Ayissi signe le communiqué. Ce que renchérit d’ailleurs une source crédible au Consupe. « Le Cdbf a entamé en quelque sorte une nouvelle saison. Celle-là qui consiste à auditionner depuis le 2 mars 2011, de nombreux agents publics dont la gestion a été auditée pendant plusieurs années. La convocation de ces responsables régionaux des structures étatiques rentre en droite ligne des activités de cette nouvelle saison », croit savoir cette source.

En tout cas, délégués régionaux et départementaux de divers ministères ; comptables-matières affectés auprès de ces responsables, plusieurs chefs de services dans ces structures déconcentrées de ministères ; chefs d’établissements scolaires, centres de santé même au niveau des districts et autres contrôleurs départementaux des Finances ayant exercés entre 2002 et 2007 dans 8 régions du pays sur les 10 (hormis le Nord et Sud-Ouest) devraient venir s’expliquer de leur gestion au cours de différentes sessions du Cbdf.

Fautes

Du coup, de sources internes au Consupe pronostiquent la mise en débet de ces personnalités au bout des différentes auditions. « Il est important de savoir que si on a atteint le niveau de la convocation, c’est que les éléments ramenés par les différentes missions d’inspection des inspecteurs vérificateurs établissent qu’ils sont épinglés pour faute de gestion au bas mot. On ne les aurait jamais convoqués si des éléments à charge suffisante pour présumer de leur culpabilité n’étaient pas rassemblés après des enquêtes basées sur le principe du contradictoire », révèle cet inspecteur d’Etat qui a souhaité garder l’anonymat. Le même prévient que, malgré ces éléments suffisamment à charge, les intéressés peuvent inverser la tendance en démontrant leur innocence, même si le fait est rarissime. A la clé, les différentes personnalités convoquées -dont la plupart n’est plus en fonction- pourraient être « condamnées » à rembourser les fonds perdus par l’Etat du fait de leurs fautes de gestion ou alors subir des sanctions purement administratives. Dans tous les cas, le rapport final du Consupe est transmis uniquement au président de la République. Il est le seul habilité à saisir la justice pour des poursuites pénales.

Dans cette veine, de nombreux exégètes du discours de Paul Biya notent dans ses plus récentes adresses à la nation, la volonté de poursuivre en justice les fonctionnaires ayant été épinglés pour distraction de fonds publics, conséquence de nombreuses fautes de gestions. Les cas Paul Ngamo Hamani, ex-administrateur provisoire de la Camair et Jean Baptiste Nguini Effa, ci-devant directeur général de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (Scdp) mis en débet par le Cdfb et jetés en prison par la suite sont évocateurs. Tout comme l’ancien ministre de la Santé publique, Urbain Olanguéna Awono dont la mission d’inspection conduite par Gilbert Bayoï l’affublait d’une cinquantaine de fautes de gestion.

Rodrigue N. TONGUE

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