03/08/2009 12:20:44
Patrimoine : Un logiciel d'apprentissage Made in Cameroon
Une association de jeunes étudiants vient de concevoir un didacticiel de cinq langues parlées dans notre pays.
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"DicoTrad" est déjà une fierté pour ses concepteurs. Le président de l'association "Nouvelle génération", Christian Richard Essama, est tout excité lorsqu'il parle du produit. Un logiciel qui permet d'apprendre le Bassa, le Duala, l'Ewondo, le Medumba et le Fufuldé, toutes des langues maternelles du Cameroun. Le mode d'emploi stipule d'insérer le Compact Disc (Cd) dans un ordinateur et l'utilisateur peut s'initier aux mots, aux chants et autres expressions d'une langue de son choix, parmi les cinq que propose l'application. Par ailleurs, les concepteurs de Dico Trad ont associés cinq rubriques au projet. Le dictionnaire notamment, où l'utilisateur clique sur un mot et obtient automatiquement sa traduction en français ou en anglais. Le logiciel comporte également des éléments sonores. L'utilisateur peut ainsi obtenir la prononciation syllabique d'un mot. Une autre rubrique plonge les apprenants dans l'ambiance des différences langues. Pour le Duala, par exemple, il a été enregistré des chants "ngosso" ; et les berceuses pour ce qui est de l'Ewondo. Des interviews des personnes telles que le prince René Bell reviennent par ailleurs sur les spécificités des différentes langues. "Depuis le début de sa distribution, Dico Trad ravi ses utilisateurs", se ravit Christian Essame.

Pourtant, à en croire ce dernier, l'élaboration de ce produit n'a pas été facile. Mais grâce au volontarisme de ses "géniteurs" et de plusieurs collaborateurs, il a vu le jour au bout de 8 mois de travail. Hormis les membres de l'association "Nouvelle génération", la conception du dictaciel a, en effet, bénéficié de l'appui de quelques professeurs de langues maternelles et patriarches. M. Samnick, enseignant de Bassa au collège Libermann, Valère Epée, patriarche Sawa, et plusieurs autres personnes ressources, ont notamment contribué à la production de "Dico Trad". Bien que le produit fini soit favorablement accueilli, l'idée de mettre sur pied un logiciel d'apprentissage de langues maternelles s'est heurtée à de nombreux écueils. "La majorité des personnes que nous sollicitions, ne croyait pas en nous. Les jeunes sont peu fiables pour réaliser un tel projet", confient les membres de Nouvelle génération. "D'autres nous aidaient tout en étant sceptiques en disant qu'ils verront bien où on aboutira", ajoute M. Essame.

Après des nuits d'insomnie et d'acharnement auprès de leurs sources, l'association a finalement eu raison des appréhensions et du découragement. Le président du groupe confie tout même que ses camarades et lui ont dû miser sur la solidarité et l'entraide pour concrétiser leur idée. L'enregistrement vocal des mots et expressions s'est fait dans un studio gracieusement offert par un membre du groupe. Il en est de même du déficit en ressources humaines et matérielles, qui a été comblé par la générosité des adhérents de l'association et quelques personnes qui, malgré tout, ont cru au projet. Les séances de travail de secrétariat et autres se déroulaient au siège de l'association, qui n'est autre que le domicile du président. Actuellement "Dico Trad est gratuitement distribué dans les établissements secondaires, partenaires de l'association Nouvelle génération. Si les organismes que nous avons saisis répondent favorablement à nos demandes, nous comptons passer très bientôt de cinq à onze langues", promet Christian Essame.

Monique Ngo Mayag

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