08/03/2012 01:34:48
8 Mars. Les femmes contre les injustices de maternité
Plusieurs associations féminines et féministes entendent boycotter cette célébration annuelle. Afin de protester contre les vols de bébés qui ont pignon sur rue dans les hôpitaux de la République.
Le Messager
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Défilé 8 Mars

Plusieurs associations féminines et féministes entendent boycotter cette célébration annuelle. Afin de protester contre les vols de bébés qui ont pignon sur rue dans les hôpitaux de la République.

Présentée par certains comme une héroïne des temps contemporains, considérée comme une amazone des temps modernes, Vanessa Tchatchou est sur le point de marquer l’histoire de cette édition de la journée internationale de la femme. Car par un élan de solidarité, souci de Justice et droit à la maternité, un réseau d’associations féministes de la capitale économique appelle au boycott de cette célébration afin de demander des comptes aux pouvoirs publics quant au vol du bébé de Vanessa Tchatchou qui séjourne toujours dans les locaux de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Ngousso.

Ce mouvement d’humeur fait suite à la sortie très médiatisée d’Elisabeth Tamajong. La secrétaire générale du Sdf dans un pamphlet demande aux femmes de boycotter le défilé et le pagne tout en demandant à celles qui font la sourde oreille à défiler avec des pancartes de protestation. «Je demande aux femmes qui connaissent les douleurs de l’enfantement de rester chez elles pour manifester leur mécontentement. Ce sera un message fort au gouvernement qui fait la sourde oreille».

En évoquant le cas très spécial de Vanessa Tchatchou dont l’énigme est loin d’être résolue et celui de Mbanga, Marie Michèle Kaldjob, présidente de «Femmes dynamiques du sud» s’inscrit dans la même lignée. «Le pagne est onéreux et objet de spéculations. Les activités ne sont pas dignes de la femme. Ces vols de bébés sont une atteinte grave à notre double condition de femme et de mère. Que le gouvernement prenne des mesures pour stopper ce fléau et surtout qu’il fasse la lumière sur l’affaire du bébé de Vanessa».

Reprenant son souffle, elle appelle à la résistance. «Si nous ne manifestons pas ce jour en boycottant le défilé, nous serons toujours piétinées par les hommes qui doivent comprendre que nous avons aussi des droits, pas seulement des devoirs. C’est l’occasion ou jamais de faire comprendre à ces phallocrates et misogynes comment nous souffrons dans notre chair de femmes et de mères». Combien de femmes suivront ce mot d’ordre et ces discours appelant au «sabotage» des activités organisées par Marie Thérèse Abéna Ondoua, la ministre de la Promotion de la Femme et de famille et ses relais dans les régions ? Très peu car d’autres associations se sont mobilisées pour contrer cette attaque. Tel est le cas de Paule Eliane Meubeukui, présidente de l’association Action pour l’épanouissement des femmes, des démunis et des jeunes détenus (Afjd).

«Je suis contre le boycott. Il ne faut pas que des gens organisent des actions opportunistes pour créer le désordre lors de cette célébration où les femmes sont à l’honneur. S’il faut boycotter cette journée, qu’on boycotte aussi toutes les autres journées où la femme est concernée. Pourquoi c’est seulement maintenant qu’on veut manifester et non pas depuis que l’enfant a disparu. Ça ressemble à de la manipulation ou à une récupération si ce n’est un désir de positionnement pour certaines personnes en manque de visibilité». Arguments partagés par Eléonore Kanga Penda, secrétaire générale de «Associations des femmes du jour» d’après qui «le boycott n’est pas la solution. Il faut plutôt assister les pouvoirs publics dans le déploiement des stratégies et méthodes pour que Justice soit faite. Je suis pour que la lumière soit faite dans cette affaire mais dans le calme. Le boycott du 8 mars n’est pas la solution. Que les femmes défilent, ce qui ne veut pas dire qu’elles renoncent à leurs droits. Ça ne veut pas aussi dire que nous cautionnons le vol des bébés qui est une entrave grave à la condition de mère».

En attendant l’apothéose ce jour, les petits plats sont mis dans les grands pour amener les femmes à tourner le dos au boycott. Quant à la ministre de tutelle, elle appelle les femmes à la modération et à la bienséance.

Etame Kouoh

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