09/03/2012 01:37:01
Cameroun. 8 mars dans la douleur et le déshonneur
Aucune intention de cautionner le mot d’ordre des partisans du boycott de la 27è édition de la Journée internationale de la femme. Elle a bien eu lieu. Avec les sons et surtout les couleurs habituelles du pagne national. Malgré les pénuries observées souvent chez le fabricant et les distributeurs traditionnels. C’était toutefois une fête avec un arrière-goût d’amertume des bébés volés à leurs mères légitimes par des…femmes.
Le Messager
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Défilé 8 Mars

Aucune intention de cautionner le mot d’ordre des partisans du boycott de la 27è édition de la Journée internationale de la femme. Elle a bien eu lieu. Avec les sons et surtout les couleurs habituelles du pagne national. Malgré les pénuries observées souvent chez le fabricant et les distributeurs traditionnels. C’était toutefois une fête avec un arrière-goût d’amertume des bébés volés à leurs mères légitimes par des…femmes. Avec le concours d’autres femmes.

Le cas le plus pathétique demeure celui de la Jeune Vanessa Tchatchou, jeune femme suppliciée depuis huit mois déjà. Sa première-née, prématurée, a été subrepticement subtilisée des couveuses de la maternité de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Ngousso à Yaoundé. Une formation hospitalière dite de référence.
Malgré le ramdam mené par les médias pour dénoncer ce scandale, des protagonistes de ce drame humain, dont des membres du gouvernement font catégoriquement la sourde oreille. Tout est fait pour que Vanesssa Tchatchou perde son bébé, l’oublie. Elle jure pourtant, des milieux politiques et humanitaires avec elle, connaître la maison où se trouve son nourrisson dérobé. Les milieux officiels continuent de multiplier des sornettes pour ne pas restituer cette enfant.

Au lieu de boycotter la fête comme l’ont proposé certaines personnes et associations, il fallait conférer un caractère funèbre à cet évènement. Avec par exemple un brassard, un fichu, un bandeau ou un pompon de couleur noire autour de la taille, de la tête en signe de solidarité avec la jeune suppliciée. Il y a quand même des Camerounais qui ont préféré ne pas porter leur uniforme national hier. Justement pour manifester leur solidarité avec Vanessa Tchatchou. Il est vrai que le pouvoir contrôle très étroitement la majorité des mouvements et associations de femmes et que pareille initiative n’aurait eu aucune chance de prospérer. Mais sait-on jamais ? Ce qui est arrivé à Vanessa Tchatchou peut très bien  frapper n’importe qui d’entre nous ou un de nos proches. Compte tenu du climat d’insécurité, de terreur et d’impunité qui prévaut dans notre quotidien.

Ah ! Ils ont gâché la fiesta

Les femmes étaient pourtant en droit de passer une belle fête. Avec le triomphe de Courtès Ketcha maire de Bangangté, qui, pour la troisième année consécutive a remporté la palme de la plus belle commune de la région de l’Ouest. Tandis que la mairie de Douala II qui a pour chef d’exécutif Me Denise Fampou est la meilleure du Littoral. Il y en a d’autres. C’est dire que les femmes ne sont pas toujours à leur place dans le rôle de second couteaux. Elles peuvent faire plus et mieux. A condition qu’on leur face confiance. Aujourd’hui, elles font leurs preuves à la tête des mairies. Comme elles le font ailleurs.

Mais la confiance à l’efficacité des femmes demeure timide dans un pays comme le nôtre. Ici, on les confine essentiellement dans le social ou, au mieux derrière les hommes comme le veut de manière triviale la tradition : la place de la femme, c’est à l’arrière du lit. Ce qui n’est d’ailleurs pas toujours vrai. Faite donc parler les murs d’une chambre à coucher. Ils vous feraient des révélations à vous couper le souffle. Dans l’intimité, il y en a qui savent prendre le dessus et occuper les devants.

On le voit à l’école où d’aucunes brillent plus que leurs camarades du sexe dit fort, en famille où elles font mieux que leurs frères. Malgré le poids et les préjugés du patriarcat. Otez leur tout complexe et elles font les merveilles. A condition qu’elle se débarrassent elles-mêmes aussi de tous les complexes dont l’assistanat n’est pas des moindres.

C’est dire que le potentiel féminin est là et ne demande qu’à être judicieusement exploité. En séparant le bon grain de l’ivraie. Alors nous auront nos Rice, Tatcher. Comme le Libéria a son Ellen-Johnson Sirleaf. Pourquoi pas ?
Gros poutous les dames et bon vent !

Doo Bell

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