11/03/2012 06:16:05
Côte d'Ivoire. Bastonnade d'un enseignant par les Frci
Elèves et enseignants suspendent les cours à Fresco
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Elèves et enseignants suspendent les cours à Fresco

La ville de Fresco était très mouvementée dans la journée du vendredi 9 mars du fait de la bastonnade dont a été victime un enseignant du Lycée moderne de ladite ville. Des éléments de Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), au nombre d’une dizaine, ont extrait la veille, Lucien Oula, professeur de français au Lycée de Fresco, qu’elles ont entrainé hors de la ville pour lui faire subir leur animosité habituelle.

L’Enseignant a eu la vie sauve grâce à un officier Frci (un ex-Fds) qui est allé le sortir des griffes de ses bourreaux. L’infortuné, qui est en soins intensifs à l’hôpital de Fresco au moment où nous mettions sous presse, s’en est sorti avec une grave blessure à l’oeil droit et des douleurs au dos et au niveau des côtes dus à des coups de crosse de kalachnikovs et de rangers que ses bourreaux lui ont administrés. Le médecin traitant lui a délivré un certificat médical qui l’oblige en ce moment à garder le lit pendant quelques jours. Le comportement barbare de ces éléments de l’armée de la nouvelle Côte d’Ivoire a poussé enseignants et élèves à déserter les salles de classe pour manifester à travers toute la ville dans la journée du vendredi. Les élèves, sur leur passage, n’ont pas manqué de s’attaquer à des kiosques à café et leurs gérants.

Pour comprendre les motivations des soldats Frci, il faut remonter à la veille, jeudi, quand Lucien Oula, arrivé dans le kiosque d’un certain Aboubakar «Tupac» avec l’une de ses connaissances pour une consommation, a vu sa commande retardée par le gérant des lieux. L’insistance du client exaspère le gérant du kiosque qui ne manque pas, selon un témoin sur place, de lui lancer des propos discourtois.

S’en suivent des propos agressifs, qui ne débouchent pas sur des pugilats suite à l’intervention d’autres personnes en ces lieux. Ayant des atomes crochus avec certains éléments Frci de la ville, Aboubakar «Tupac» leur fait appelle pour régler le compte de Lucien Oula. L’enseignant est rejoint quelques heures plus tard à son domicile par les «justiciers », à bord de trois petites voitures et un autre véhicule de type 4x4. Ils l’enlèvent, le roue de coups de cross après l’indication «c’est lui qui est là» d’un des leurs. Ils le conduisent par la suite hors de la ville, à un endroit que la victime, jointe au téléphone, dit ne pas pouvoir identifier.

C’est là que les bourreaux de Lucien Oula, professeur français au Lycée de Fresco, lui ont fait passer un sale quart d’heure avant de le laisser très mal en point aux mains de leur supérieur hiérarchique qui est arrivé à sa rescousse. Pour protester contre ce énième dérapage des hommes de Soumaila Bakayoko, qui ont déjà fait des victimes à Arrah, Vavoua, Sikensi, Dabou…, enseignants et élèves sont sortis dans les rues de Fresco dans la matinée d’hier. La tension était telle que le préfet de la ville a dû convoquer d’urgence une réunion pour désamorcer la crise.

Gilles Naismon

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