16/03/2012 02:37:35
Soro à Ahoussou : «J'ai oublié que je devais quitter la primature »
La passation de charges entre le nouveau Premier ministre Ahoussou Kouadio Jeannot et l'ex rebelle Guillaume Kigbafory Soro s’est déroulée le mercredi 14 mars à la primature au Plateau.
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La passation de charges entre le nouveau Premier ministre Ahoussou Kouadio Jeannot et le sortant Guillaume Kigbafory Soro s’est déroulée le mercredi 14 mars à la primature au Plateau.

Ce qu’il faut retenir de ce moment solennel à la maison blanche au Plateau où l’ex- rebelle, Guillaume Soro, passait la main à son remplaçant, c’est qu’il a eu du mal à accepter son départ. Et cela transparait clairement dans son intervention. «Au moment où je quitte ces locaux que j’ai occupés pendant cinq ans, j’ai failli oublier qu’on doit partir chaque fois qu’on rentre», a confessé l’ex-Premier ministre en présence de son remplaçant dont il a vanté les qualités, capables selon lui d’assurer ses nouvelles fonctions. Il a également fait savoir que la complicité entre lui et Ahoussou date de 2003, lors des négociations de Lomé après la crise de 2002. Ce sont donc, selon Guillaume Soro, des retrouvailles à cet instant précis.

Selon l’ex-rebelle devenu président de l’Assemblée nationale, cette passation répond à un souci de respect des principes de l’Etat de droit. «Je voudrais dire à mes collaborateurs que j’ai très tôt eu une conception de l’Etat. Aujourd’hui, c’est important que nous fassions cette passation de charges dans les formes. On ne peut pas prétendre construire un Etat de droit, si nous-mêmes, on ne respecte pas les formes qu’impose l’Etat de droit», a-t-il dit.

Soro impose ses collaborateurs à Ahoussou

L’ex-Premier ministre veut maintenir encore ses anciens collaborateurs auprès de son successeur dans son cabinet. Suggérant lui-même à Ahoussou un temps d’observation avant de prendre toute initiative pour le choix de nouveaux collaborateurs. «J’aimerais m’adresser aux collaborateurs de la Primature, vous n’êtes pas les collaborateurs de Guillaume Soro. Vous êtes les collaborateurs du Premier ministre de la République de Côte d’Ivoire. Pour ma part, vous avez des consignes strictes de vous mettre automatiquement à la disposition du premier ministre de la République de Côte d’Ivoire, qui le moment venu, après son temps d’observation, de prendre les décisions qui s’imposent. Vous êtes ici au service de l’Etat, de la nation. Quand on vient à la primature c’est servir une institution pas pour servir un individu», a indiqué Guillaume Soro. Avant de poursuivre : «Tout à l’heure j’étais avec le président Bédié. Bien souvent, le problème des uns et des autres, c’est la course aux postes. Or aujourd’hui, nous devons regarder que l’intérêt général. Je dis bien l’intérêt supérieur de l’Etat de Côte d’Ivoire. Monsieur le Premier ministre, vous me voyez insistant sur ces questions».

Ahoussou: « Soro sera mon coach »

Le nouveau chef du gouvernement va-t-il suivre cette voie indiquée par son prédécesseur ? De toute évidence, il semble ne pas avoir eu trop le choix. «Nous sommes dans la continuité, nous allons demeurer dans la continuité», a-t-il lancé à l’endroit des désormais ex-collaborateurs de Guillaume Soro. «Nous n’allons pas changer l’esprit que vous avez fait naitre au sein du gouvernement. Je vous ai dit tout à l’heure monsieur le président de l’Assemblée nationale que vous êtes mon coach. Je n’hésiterai pas à vous appeler au secours si je traverse des vents violents», soutient Ahoussou Jeannot.

Mais bien avant, il a consacré une bonne partie de son intervention à un discours très dithyrambique à l’endroit de Guillaume Soro, depuis la rébellion à l’Assemblée nationale en passant par la Primature. Homme de devoir, de conviction, d’abnégation, de don de soi, tous les adjectifs encenseurs ont été sortis pour le président de l’Assemblée nationale. Avant cette passation, un bref conseil des ministres tout juste de retrouvaille avec l’ancien-nouveau gouvernement s’est tenu à 10 heures au palais présidentiel au Plateau où Ouattara a invité ses ministres à respecter la charte d’éthique.

Anderson Diédri

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