19/03/2012 03:29:10
Météorologie nationale. 55 stations météo sur 58 ne fonctionnent pas
Les informations météorologiques ne sont pas disponibles depuis des longues années. Ce qui peut avoir des impacts négatifs sur certains domaines comme l’agriculture.
Le Messager
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Les informations météorologiques ne sont pas disponibles depuis des longues années. Ce qui peut avoir des impacts négatifs sur certains domaines comme l’agriculture.

Durant de longues années, les Camerounais savaient exactement quelles étaient les saisons, et comment elles étaient agencées dans les différentes régions du pays. Aujourd’hui, avec le phénomène de changements climatiques, le temps est devenu capricieux. Dans ce contexte, les agriculteurs ne savent plus à quels saints se vouer. Rencontré vendredi, 16 mars 2012 dans la petite ville de Monatélé (région du Centre), Marie Manga explique son inquiétude. « L’an dernier, explique-t-elle, nous avons été déroutés car au moment où nous apprêtions nos champs, les pluies ont commencé. Cela ne nous a pas permis de bien semer et par conséquent, cela a eu des effets indésirables sur nos récoltes. Cette année encore, ces perturbations pourraient revenir ». La météo joue en effet un rôle très important dans la plupart des activités agricoles. Le désherbage doit être engagé pendant les périodes sèches. Pour planter, il faut des pluies régulières, mais pas très abondantes. Entre temps pour épandre les pesticides, il faut éviter les moments où le vent souffle. Le problème étant donc que ces prévisions météorologiques soient présentées de manière à bien être comprises par les agriculteurs.

Seulement, au Cameroun, il est difficile voire incertain de présenter ces prévisions. Et pour cause : selon le Cercle de concertation de la société civile partenaire du Minfof et du Minep, sur 58 stations météorologiques gérées par le ministère des Transports, 55 sont hors service depuis de longues années et les trois autres fonctionnent en deçà de leurs capacités. Actuellement, constate la société civile, les infrastructures sont désuètes, avec des équipements, des instruments de mesure et d’observation incomplets et anciens. Par ailleurs, le personnel technique qualifié est quasi inexistant. En 2010, le Cameroun comptait 59 météorologistes. L’année suivante, 9 parmi eux allaient à la retraite et entre 2012 et 2015, quinze autres seront appelés à le faire. « De même, précise le communiqué de la société civile, sur 600 postes climatologiques et pluviométriques, seuls 35 sont d’usage ». La situation du Cameroun est carrément la pire dans le monde, puisque l’Organisation mondiale de la météorologie classe le service de la météorologie du pays dernier sur 186 pays membres.

La situation est donc catastrophique. Ce d’autant plus que ces services météorologiques, placée sous la direction de la météorologie nationale, ont des budgets assez importants. Pour l’année budgétaire en cours, cette direction bénéficie d’un budget de 8,5 milliards Fcfa. Cet argent devrait pouvoir aider à donner des indications sur le climat, la pluviométrie, l’humidité de l’air et du sol, la vitesse et la direction du vent, la température, l’ensoleillement. Ce sont autant de données dont ont besoin les agriculteurs pour bien lancer et entretenir leurs plantations.

Malheureusement, ceux du Cameroun sont coupés de ces informations capitales pour déterminer le calendrier agricole. Tout est délaissé. Parfois, les bâtiments croupissent sous la broussaille. De Buéa à Ebolowa, en passant par Yaoundé, Bafoussam, Nkongsamba et Edéa, les différentes stations météorologiques se meurent, depuis plus de 20 ans. Rare exception quand même : la station de Djombé dans le Littoral, dont le standard international, selon les experts, est respecté.

Alain NOAH AWANA

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