20/03/2012 01:43:19
Cameroun. Kontchou Kouomegni: « Le groupement Baham est au bord de la rébellion »
L’ex-Mincom estime que le groupement Baham est au bord de la rébellion, en dépit du fait que le président de la section locale de l’Organisation des jeunes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais ait été appréhendé comme suspect.
Le Messager
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Assassinat du maire de Baham. Kontchou Kouomegni exige l’arrestation des auteurs

L’ex-Mincom estime que le groupement Baham est au bord de la rébellion, en dépit du fait que le président de la section locale de l’Organisation des jeunes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais ait été appréhendé comme suspect.

«Ce peuple est en colère ! Sinon en rébellion ! On veut savoir ce qui est arrivé ! Nous avons soif de vérité !» Auteur de ces propos, Augustin Kontchou Kouomegni, ex-ministre de la Communication (Mincom) et élite de Baham. Contrairement aux autres orateurs, il n’a pas fait dans la langue de bois lors des obsèques de Elias Tchadji, maire de la localité, abattu à bout portant au moment où il voulait regagner son domicile, le 31 janvier 2012 par des personnes qui seraient toujours en cavale. Bien que Michel Kenmegne, président de la section des Hauts-plateaux Centre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), ait été arrêté, une bonne partie de l’opinion dénonce le flou qui entoure les enquêtes à la suite de l’assassinat du défunt magistrat municipal de Baham.

Avant la conduite du défunt maire au caveau familial pour son dernier repos dans «la stricte intimité familiale», le préfet du département des Hauts-plateaux, Tangwa Joseph Fover, a rassuré les proches du défunt. Pour lui, les enquêteurs sont sur de bonnes voies ; une piste serait même en cours d’exploration. Pour sa part, le Fo’o Max Pouokam de Baham a imploré Dieu afin que justice soit faite. Surtout sous son règne, Baham n’a jamais vécu de crime aussi odieux.

Toujours à l’action

Relativement aux œuvres du défunt maire de Baham durant son premier et deuxième mandat, tous les orateurs lui ont attribué une note considérable. C’est ainsi que parlant au nom de tous les conseillers municipaux de la collectivité, Samuel Djonou, adjoint au maire, a énoncé une série de réalisations menées grâce au dynamisme du décédé. Il s’agit notamment de la construction de l’immeuble abritant l’hôtel de ville de Baham, de la matérialisation des projets d’adduction d’eau dans les villages, de l’ouverture et de l’entretien des pistes rurales dans la contrée. L’engagement des actions pour l’installation d’un réseau d’électrification intercommunale dans le département des Hauts-plateaux font partie des entreprises dans lesquelles la casquette de pionnier était attribuée au regretté Elias Tchadji.

Un ensemble de prouesses qui a fait dire à Augustin Kontchou Kouomegni, lors de son intervention : «Nous avons perdu un pilier central de notre édifice social et économique ».  Des qualités, qui selon de nombreux témoins, permettaient au défunt maire né à Tombel en février 1962, se distinguer en société. Que ce soit pendant son séjour à l’école primaire catholique de Baham, au Ces de Bamendjou, au lycée classique de Bafoussam ou à l’Université de Yaoundé I entre 1983 et 1987. Promoteur de nombreuses entreprises, dont celle dénommée Pavillon Vert à Yaoundé, Elias Tchadji est resté égal à lui-même. Une humilité couplée à son dynamisme ayant valu son élection à la tête de la commune de Baham en juillet 2002. Un parcours de magistrat municipal qui aurait pu pointer à la dixième année en juillet prochain. Hélas, des mains criminelles en ont décidé autrement dans la soirée du 31 janvier 2012.

Les enquêtes ont été ouvertes au niveau de la division régionale de la police judicaire de l’Ouest à Bafoussam. Mais, près de 50 jours après, les populations de Baham et les proches du défunt maire attendent toujours que la vérité soit mise au grand jour.  Surtout que certains pensent que cet assassinat trouverait ses origines dans des batailles de positionnement pour le contrôle du leadership politique local. Des ramifications politiques qui, de l’avis de nombreux dignitaires, ne seraient pas faciles à dénuer.

Guy Modeste DZUDIE, à Baham

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