04/08/2009 14:57:09
Guinée équatoriale: Obiang Nguema bloque les transferts d'argent
La communauté camerounaise est parmi les plus affectées par cette mesure du gouvernement équato-guinéen.
La Nouvelle Expression
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Lundi 3 août 2009, la Guinée équatoriale a célébré, avec faste, sur l’étendue du territoire national, le 30e anniversaire de l’accession au pouvoir de Obiang Nguema Mbasogo.

Cette année, suivant  une formule rotative, c’est  Evinayong qui a été retenue pour accueillir les cérémonies officielles, avec à la clé un  impressionnant défilé militaire et civil devant les officiels du pays. Les autorités de la Guinée équatoriale ont voulu faire de cette journée un moment de grande festivité nationale.

Seulement, la communauté des étrangers vivant dans ce pays  est gagnée par un stress permanent et grandissant depuis quelques temps. Car le gouvernement vient d’interdire le transfert d’argent (par Western Union, Monneygrams...) vers l’extérieur. Pour effectuer un virement vers l’étranger, il faut obtenir une autorisation du ministère des Finances où l’on est soumis à un interrogatoire serré, pour généralement  buter sur une fin de non recevoir. C’est un parcours du combattant que nombre d’étrangers ne tentent même pas. Il faut donc  explorer des voies clandestines pour envoyer un peu d’argent aux parents restés au pays, ou pour sécuriser son épargne  hors des frontières de ce pays. Cette mesure concerne même les personnes, généralement les Africains, régulièrement installé dans ce pays. Les autres travailleurs en situation irrégulière vivent proprement le calvaire. Le transfert d’argent par des voies clandestines s’impose désormais comme un impératif incontournable. L’option de ces voies parallèles  pourtant,  est un gros risque pour le contrevenant. Le gouvernement ayant prévu les sanctions les plus sévères pour qui est pris en flagrant délit de clandestinité. Notamment la confiscation de la somme. Suivant les humeurs des autorités, le contrevenant peut même être jeté en prison ou rapatrié manu militari.

Depuis une dizaine d’années que ce petit pays de moins d’un million d’habitants au fond du Golfe de Guinée s’est taillé une place de roi parmi les plus gros  producteurs du pétrole en Afrique, il est devenu un  « Edorado ». Avec ses vastes chantiers de  bâtiments et travaux routiers qui drainent des milliers  de travailleurs de multiples nationalités à travers le  monde. Particulièrement les Camerounais, commerçants et pourvoyeurs de main d’œuvre qualifiée. On peut imaginer la masse d’argent que doit brasser cette communauté étrangère.

Dans un pays où les actes de xénophobie courent les rues, l’épargne des étrangers, particulièrement d’origine africaine, n’est même pas en sécurité dans les banques. Il ne se passe pas de jour sans que des étrangers soient agressés dans leurs domiciles par des Equato-guinéens qui n’hésitent pas à piller leurs biens, le plus souvent au vu et au su d’une police plutôt complaisante, si elle n’est pas manifestement complice. Maintenant que toutes les conditions sont réunies pour que les étrangers soient obligés de garder plus d’argent par devers eux, il faut redouter la recrudescence et la multiplication des actes d’agression sur les  travailleurs immigrés de Guinée équatoriale.

David Nouwou

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