21/03/2012 00:34:43
Le RDPC a 27 ans, à quoi bon de fêter cet anniversaire ?
Le RDPC de Paul Biya aura 27ans le 24 mars prochain. Un âge auquel certains songent à leur avenir et font des bilans. Celui que l'on peut faire du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais tient en une phrase: A échoué dans tous les plans. Il va sans dire que la fête battra son plein comme d'habitude toute cette journée au comité central,dans les sections et sous sections du RDPC...
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Le RDPC de Paul Biya aura 27ans le 24 mars prochain. Un âge auquel certains songent à leur avenir et font des bilans. Celui que l'on peut faire du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais tient en une phrase: A échoué dans tous les plans. Il va sans dire que la fête battra son plein comme d'habitude toute cette journée au comité central,dans les sections et sous sections du RDPC... sans oublier les ambassades du Cameroun à l'étranger transformées en véritables représentations du RDPC à l'étranger .

C’est le 24 mars 1985 que le Rassemblement Démocratique du peuple camerounais(RDPC),voit le jour à Bamenda,dans le nord ouest Cameroun.Le président Paul Biya qui venait de monter au pouvoir au lendemain de la démission du président Ahmadou Ahidjo le 4 novembre 1982, marquait par cet acte les premières empreintes de sa vision chaotique du Cameroun.Dans son discours de politique générale, le 22 mars 1985, le nouveau président affirmait déjà qu’il n’est plus nécessaire, pour exprimer ses opinions, de prendre le maquis, de vivre en exil ou de quitter sa famille.

27 ans après, le Cameroun a reculé de 50 ans en arrière

Le "Congrès de la rupture" de Bamenda n'aura donc servi qu'à changer de nom: les méthodes, l'idéologie et les structures du RDPC étant calquées sur celles de l'UNC. Le renouveau politique que ce parti était censé incarner et dont curieusement plus personne ne parle se conjugue lui, toujours au conditionnel.

Evarist Mohbeu
Evarist Mohbeu

Le parti présidentiel a eu 27 années d'immobilisme, d'occasions manquées et d'illusions perdues. Repoussant toujours la nécessaire modernisation des institutions, le parti-Etat a gardé les vieux réflexes hérités du temps du monolithisme politique. Incapable d'anticiper les changements pourtant inévitables et prévisibles qui allaient traverser la société camerounaise, avec le vent démocratique venu des pays de l'Est, le RDPC s'est converti, malgré lui, au pluralisme politique. Prenant quelques libertés avec le suffrage universel, il n'hésitera pas à confisquer certaines victoires de l'opposition.

Ce parti-Etat, dont le financement ressemble au secret sur le sexe des anges va pratiquer la satellisation et la balkanisation de la classe politique nationale: le pouvoir à tout prix. Passage obligé pour accéder aux hautes fonctions de l'Etat (ministres, ambassadeurs, directeurs de sociétes publiques…), contribuant ainsi à   maintenir la quasi totalité du peuple dans une pauvreté et une dépendance financière certaine.

Le RDPC et ses dirigeants resteront à jamais associés aux années noires du Cameroun. Eux qui auront été aux commandes du pays depuis bientôt trois décennies.

Faute de vision prospective et de bonne gestion des ressources, le Cameroun est passé de Pays à revenus intermédiaires (PRI) il y a un quart de siècle à Pays pauvres très endettés (PPTE), deux décennies plus tard. La corruption,  le détournement des deniers publics, la fraude ont plombé le développement économique du pays, d’où un chômage endémique que des études concordantes situent à près de 40%.

Un parti qui, en 27 ans a fabriqué une classe de malhonnêtes et de hauts brigands au fil des ans

En 27 ans, le RDPC aura réussi au Cameroun à constituer une bande d'homme politique tous des détourneurs des fonds publics. Le RDPC et ses dirigeants resteront à jamais associés à la décadence du Cameroun. Il n'est pas exclu que dans quelques années en dehors des prisonniers (anciens ministres et cadres) que tous les autres militants gonflent les rangs de réfugiés à l’étranger. Il est donc temps pour eux de choisir leurs camps.

En 27 ans la crise est profonde au Cameroun, même si au RDPC on refuse de le reconnaître. D’aucuns parlent de la paix. De quelle paix parlons nous quand on ne parvient pas à se soigner décemment quand on est malade ? De quelle paix parlons nous quand les jeunes diplômés ne peuvent pas trouver du travail ? De quelle paix parlons nous quand chaque jour, homme, femme, enfant, jeunes, vieux, chacun ne songe plus qu'à quitter le pays ? De quelle paix parlons nous quand on vole désormais les enfants dans nos hôpitaux ?
 
A 27 ans ans,les jeunes font plus que songer à leur avenir. Le RDPC a raté le coche et le virage démocratiques. Mais pour combien de temps encore? Au peuple conscient de son avenir de préparer l'avenir, si elle le peut, et de combler le vide laissé par un parti plus préoccupé par le pouvoir que par le bien-être des citoyens.

Avant de fêter le 27è anniversaire de ce parti, il serait souhaitable que les membres, aussi bien ceux des comités de bases dans nos prisons que ceux de l’extérieure regardent d’un oeil critique les enfants qu’ils ont forgés en vingt sept ans.

Comme j'ai l'habitude de le dire haut et fort,ceux qui soutiennent Paul Biya et son RDPC le font au mépris du peuple camerounais qu’ils veulent voir offert en holocauste sur l’autel d’un nationalisme irrationnel, violent et saignant. A travers des raisonnements ambigus qui relèvent soit d’une piètre masturbation intellectualiste, soit d’une déviance intellectuelle ostracisante et dangereuse pour l’avenir du Camerount. Ce qui se passe au Cameroun n’est pas seulement surréaliste. C’est aussi pathétique et révoltant. Du moins pour tous ceux qui pensent à une meilleure image du Cameroun, à un meilleur destin des Africains.

Evarist Mohbeu

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