22/03/2012 02:05:47
Cameroun. Le délégué du gouvernement de Bamenda sur le gril
Devant les grandes Conseillers, le magistrat municipal a reconnu avoir posé des actes truffés des irrégularités. Il a fait son mea-culpa
Le Messager
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Devant les grandes Conseillers, le magistrat municipal a reconnu avoir posé des actes truffés des irrégularités. Il a fait son mea-culpa

Vincent Ndumu Nji, délégué du gouvernement a eu chaud jeudi dernier 22 mars 2012. A la faveur de la session extraordinaire du conseil de la communauté urbaine de Bamenda. Extraordinaire, à la demande des grands conseillers avec pour unique point à l’ordre du jour, la situation de la construction et distribution des boutiques autour du stade municipal de Bamenda. C’est le préfet Joseph Bertrand Maché Njounwet de la Mezam qui ouvre le bal des missiles à boulet rouge sur le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Bamenda (Cub).

Dans un pamphlét, le chef terre se lâche, « l’intérêt privé a pris le dessus sur l’intérêt général…la Cub est géré comme une épicerie privée ». Et pour cause les grands conseillers relèvent un certain nombre de dysfonctionnement dans les actes du délégué du gouvernement. Notamment la passation de gré à gré du marché de construction de 30 boutiques supplémentaires autour du stade sans l’assentiment du conseil qui est supposé en délibérer. « Combien avez-vous collecté pour ces boutiques. Avez-vous obtenu l’autorisation du conseil ? L’appel d’offre a-t-il été lancé ? » demandent les grands conseillers au le délégué du gouvernement .

Si Vincent Ndumu Nji ignore montant du contrat de gré à gré, il s’est limité à dire que le partenaire a investi son argent mais la Cub gagnera 10 mille par boutique et par mois. La durée de la concession étant de 120 mois. Le concessionnaire pour sa part collectera entre 17500 et 20000F à chacun des éventuels locataires. Si le délégué du gouvernement dit s’être entouré de l’autorisation du Premier ministre pour passer ledit marché de gré à gré, il justifie également le contournement de la résolution du conseil de communauté par le fait que le championnat national de Football Mtn Elite One et Two étaient envisagés. Par conséquent, laisser cet espace vide qui servait aussi de poubelle, devait entraîner la non homologation du stade de Bamenda. Les clubs du Nord-Ouest devaient en pâtir. Des explications qui n’ont pas convaincu les grands conseillers qui estiment que le délégué du gouvernement a agi dans une totale insubordination et dans une illégalité criarde. Ce qui a fait dire au préfet que « la Cub est une institution publique et doit cesser d’être gérée comme une structure privée (…) la population de Bamenda a besoin de développement et non des conflits d’intérêt individuel » .

Pour le préfet, il fallait apporter la correction à un certain nombre de dysfonctionnements que « nous avons observés. Nous avons toujours attiré l’attention des deux organes phares dans la gestion de cette municipalité. D’abord, il fallait apporter des clarifications quant aux conditions financières d’accès aux boutiques nouvellement construites autour du stade, ensuite apporter la lumière sur les travaux additionnels de construction de boutiques qui ont cours autour du stade. Parce que je dois rappeler que tout projet à exécuter par le délégué du gouvernement doit avoir été budgétisé en argent et en projet dans le plan d’action. Ce n’était pas déjà le cas pour ce projet particulier et il y a eu un début de mésentente entre les deux organes qui doivent pourtant travailler main dans la main »

Sans détour le conseil de la communauté a instruit le délégué du gouvernement à rembourser les sommes préalablement collectées auprès des commerçants occupants les nouvelles boutiques dans le cadre du paiement anticipé des frais de loyer. Lesquelles sommes s’élèvent à 148.740.000

C’est dire s’il y avait, selon le préfet, « comme une bonne dose de mauvaise foi ». Le délégué du gouvernement a reconnu ses erreurs et implorer le pardon des grands conseillers. Ces derniers ont donné leur accord de principe au délégué du gouvernement pour la régularisation du contrat de concession des 30 boutiques en cours de construction et les 110 autres dont les travaux commenceront d’ici peu à l’entrée principale du stade. Toutefois, ils ont conditionné leur approbation par la présentation de tous les contours du dit contrat de concession devant le conseil, lors de la prochaine session de la communauté urbaine.

D. S.  

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