22/03/2012 02:22:09
Quand la violence cache des problèmes sociaux chez celui qui la pratique
Je ne suis qu’une citoyenne qui se voit dans la position de dire haut ce que beaucoup disent bas, afin d’être la voix des sans voix. Mes écrits aussi me semblent montrer la voie aux sans voie… En effets, pour moi, écrire est la résultante d’une inspiration que je crois divine et exempte de toute corruption ou de toute manipulation à des fins politiques, tribale ou alimentaire...
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Je reçois de plus en plus de emails ou de coups de fil me demandant pourquoi j’écris de moins en moins d’articles.
Je voudrais commencer par dire merci aux uns et aux autres, qui accordent de la considération à mes écris et qui en réclament. En effet, je voudrais dire que je ne suis pas une journaliste et que je ne vis pas de mes écris.
Pour une éthique professionnelle ou pour des raisons qui sont propres à certains, le journaliste est obligé de produire des articles. Ce qui n’est pas mon cas.

Je ne suis qu’une citoyenne qui se voit dans la position de dire haut ce que beaucoup disent bas, afin d’être la voix des sans voix. Mes écrits aussi me semblent montrer la voie aux sans voie… En effets, pour moi, écrire est la résultante d’une inspiration que je crois divine et exempte de toute corruption ou de toute manipulation à des fins politiques, tribale ou alimentaire. Cette inspiration prend la forme d’un message à porter à plus de personnes que possible et c’est ainsi que je prends l’engagement de le publier sur la toile, meilleur moyen pour atteindre le monde sans même se déplacer de chez soi. Le faisant je suis consciente que :

•    L’humanité déteste la vérité et donc plus ce que nous disons est vrai, plus nous nous faisons des ennemis.
•    La démocratie n’est pas la théocratie et donc vouloir inculquer des valeurs divines dans un contexte de débat supposé démocratique, c’est irriter certains acteurs dudit contexte.
•    Les uns et les autres sont dans le culte de la personnalité et non dans le culte du développement de la Côte d’Ivoire, notre pays qui est le plus grand perdant dans tous les conflits que nous avons connus jusque là.
•    Toute autre approche du débat qui met l’intérêt du peuple et de la nation ivoirienne en priorité et non le culte et la louange de l’individu est mal perçu.
•    Les mentalités chez nous sont à un niveau où il y a un peu trop de quiproquos dans les échanges et cela se voit dans les commentaires aux articles que nous écrivons.
Un ami à moi qui a lu un commentaire à uns de mes articles m’a appelée tout indigné du fait que le commentaire n’était qu’injure à mon endroit. Ce qui est une atteinte à mon intégrité morale et donc passible de poursuite judiciaire contre l’auteur dudit commentaire. 

Rosalie Kouamé, Roska
Rosalie Kouamé

En réponse à la réaction de l’ami, je lui ai demandé de se calmer et qu’il essaie de s’imaginer un peu l’individu qui, assis derrière un clavier, choisit d’insulter après avoir lu un article qui révèle les faiblesses du régime en place, d’un parti politique ou d’un leader quelconque. D’abord cela montre l’état mental de l’individu qui est à plaindre… Un état mental qui est prêt à se dresser comme un fauve contre toute critique à l’endroit d’un leader politique, d’un parti ou d’un régime. Un tel individu ne mérite pas autre chose que de la pitié!

Ensuite cela est aussi la preuve que ce dernier n’est pas capable d’apporter des arguments intellectuels, politiques ou socio-éducatifs pour battre en brèche ce dont il n’est pas d’accord. Alors, il n’a que des injures pour exprimer son désaccord à défaut d’être à côté pour l’exprimer avec des coups de poing, de canon, de machette et autres éléments de violence dont souffre la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui.

Un tel individu qui n’est autre qu’un « esclave du démon de l’ignorance, de l’injure et de la violence» souffre déjà dans son âme et n’a plus besoin de poursuite judiciaire. 

Si l’on extrapole un peu, il peut s’avérer que la colère qui pousse l’individu à des injures pour commenter un article a pour sources l’incapacité de celui-ci à se loger, à se trouver du travail, à se déplacer voire à manger. Au cas où celui-ci est hors du pays, l’incapacité d’être en règle vis-à-vis de l’administration dans le pays d’accueil peut être la source de l’angoisse, base de la colère et de la violence verbale qui se traduit par des prises de position tendancieuses… 
Quand on voit l’esprit qui anime certains commentaires, on se rend compte que les termes comme «sauvage, indigène» utilisés par le colon hier pour qualifier nos peuples, ne sont pas vains et restent d’actualité, malheureusement. Et cela illustre bien l’état mental de certains de nos concitoyens encore aujourd’hui. C’est curieux, mais cela aide tout de même à réfléchir sur des questions relatives à certaines faiblesses de notre société.

Il faut pouvoir voir au-delà des injures dans un commentaire ou débat…  La mentalité!!!  

Cet état d’esprit me rappelle une situation que je voudrais bien partager ici.

J’ai grandi dans un quartier où nous avons eu la chance de côtoyer les gens d’horizon divers. Mais nous jouions un peu plus avec les petites filles dioula et nordistes de notre âge qui nous apprenaient les danses du nord. Ou alors ce qu’elles nous ont fait croire étant danses de chez elles. Une de ces danses était «Djaka maridjaka, djaka kokorinanan». Je ne sais pas ce que cela veut dire, mais c’était l’une des danses. Le point que je veux faire ressortir ici est que pour un petit malentendu, nous qui n’étions pas du nord dans ce groupe d’amusement étions rouées d’injures, le plus souvent en langue malinké.

Il y a ce que nous arrivions à comprendre et ce que nous ne pouvions pas comprendre. L’une de ces injures qui m’a beaucoup marquée, beaucoup frustrée était le fait de nous faire savoir nous les petites baoulé et autres sudistes du groupe à tout moment que nous n’étions pas excisées. Les autres étaient tellement fières d’être excisées au point où elles se moquaient de nous autres à tout moment de ne pas être excisées. Elles traitaient certains éléments de nos parties génitales de longs, de gros, de tous les noms en les comparant aux siens quasiment inexistants parce que coupés ou enlevés pendant l’excision… Excusez-moi si cela semble grossier dans votre entendement.
Il faut l’avouer, cela m’a beaucoup frustrée en tant qu’adolescente de ne pas être comme elles, de ne pas avoir la chance d’être excisée et d’en être fière… C’était une très grande «injure» en son temps que je ne souhaitais pas entendre. Une «injure» dont j’avais honte, qui me faisait le plus mal et dont j’en souffrais. Et puis le temps est passé, on est allé à l’école, on a grandi…

Plus tard dans la vie quand j’ai appris que ce n’est pas moi qui doit être complexée parce que n’étant pas excisée, mais plutôt que je dois plaindre celles qui par ignorance ont été fières de leur ignorance (cette culture inqualifiable d’enlever à la femme ce qui ne devrait pas être touché en réalité), j’ai compris alors qu’il ne faut pas se limité aux injures qui en réalité cachent des problèmes sociaux plus criards dont souffre celui qui n’a que des injures pour s’exprimer…

Je partage aujourd’hui la peine de ces filles (femmes) qui comme moi, ont compris ce qu’il y a à comprendre et j’envoie toute ma compassion sincère à leur endroit.

J’ai compris que lorsque quelqu’un vous insulte, c’est bien dans ces injures que vous pouvez détecter ce dont la personne souffre et si jamais vous devriez lui apporter de l’aide, sachez lire dans les injures de celui-ci… En clair, les injures ne sont pas forcement des injures contre vous, mais plutôt contre celui-là même qui les prononce…
Je voudrais rassurer ici les uns et les autres, qu’on ne marque pas une pause en écrivant parce qu’on a été frustré par un quelconque commentaire injurieux. De même, on n’écrit pas parce qu’on est obligé d’écrire afin d’avoir de quoi à manger. Pour ma part, on écrit lorsqu’on a une inspiration qui prend la forme d’un message à partager afin de contribuer à aider notre société dans le bon sens. Avec une observation objective, on se rend compte que ces messages sont pris en compte par tous, y compris ceux mêmes qui les rejettent avant de les lire. C’est le plus important. On peut aussi avoir l’inspiration fertile, mais ne pas avoir le temps pour l’exprimer, l’articuler et la partager.  Néanmoins, on demeure ensemble chaque fois que cela est possible.

On est ensemble ou alors, apprenons à être ensemble!

Dieu bénisse, délivre et restore la Côte d’Ivoire!

Soyez abondamment béni!

Copenhague, 21 Mars 2012

Rosalie Kouamé «Roska»
Présidente Fondatrice - Fondation Roska
roska_net@hotmail.com roska_net@yahoo.com
Blog: http://roskanews.africaview.net

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