23/03/2012 02:50:07
Cameroun. Débarquement d'un passager. Swiss international airlines traduite en Justice
Walter Erwin Ehrsam doit comparaître lundi 26 mars 2012 à 7 h30 à l’audience et par devant le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo, statuant en matière correctionnelle. Il sera entendu, d’après la citation à partie civilement responsable à lui servie, d’avoir, le 21 juin 2009, privé l’un des fils de la famille Koloko à Douala d’embarquer à bord d’un vol de la compagnie Swiss Air.
Le Messager
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Awiss airlines

Walter Erwin Ehrsam doit comparaître lundi 26 mars 2012 à 7 h30 à l’audience et par devant le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo, statuant en matière correctionnelle. Il sera entendu, d’après la citation à partie civilement responsable à lui servie, d’avoir, le 21 juin 2009, privé l’un des fils de la famille Koloko à Douala d’embarquer à bord d’un vol de la compagnie Swiss Air.

L’affaire remonte au 21 juin 2009. Landry Clay Koloko s’apprêtait à regagner la capitale française, son lieu de résidence, à bord d’un vol de la compagnie Swiss Airlines international lorsqu’il est débarqué. Raison évoquée : son passeport présenterait des anomalies. Après toutes les vérifications d’usage faites par les autorités policières et aéroportuaires, l’infortuné s’entend dire par un agent de la sûreté de cette compagnie que la photo se trouvant sur son passeport n’est pas évidente.

Rencontré à cet effet, le chef d’agence de Swiss air argue que l’agent a fait son travail et que, parce que fatiguée, elle ne peut rien faire. Rendu au consulat de France sur demande du chef d’agence, l’infortuné passager est soumis à un interrogatoire. Il lui est demandé de produire des documents établissant sa nationalité française. L’agent consulaire sollicite qu’ils lui soient présentés son acte de naissance et le certificat de nationalité. Par la suite, Clay Landry Koloko est prié d’aller attendre, le temps que les informations fournies soient minutieusement vérifiées en France. «Et pourtant, j’ai tous mes papiers et j’ai servi dans l’armée française avec les félicitations du ministère de la Défense et des reconnaissances de la nation», confie-t-il non sans surprise face aux supplices qu’il a subies.

Huit jours après son débarquement d’un vol de Swiss Air, Landry Clay Koloko se voit servi un certificat authentifiant son passeport. Pour apaiser son courroux, la direction de la compagnie le supplie de comprendre les tractations auxquelles il fait face. Parce que « il y a trop de faux au Cameroun », lui dit-on au consulat. Mais les choses se compliquent une fois de plus. Après les vérifications, l’agent qui le reçoit lui dit qu’il ne pourra voyager dans le meilleur des cas que deux semaines plus tard, le 12 juillet 2009. Mais pour cela, il faudra qu’il délie les cordons de la bourse (63.000 Fcfa de plus). « Le billet d’avion ayant connu une augmentation pour cause de haute saison », avance-t-on pour justifier la rallonge. Non content de cette proposition qu’il juge indécente à son égard, le passager débarqué du vol exige un arrangement à l’amiable. « Puisque, dit-il, j’avais engagé des frais supplémentaires que je n’aurai pas dû en temps normal, notamment les frais d’hôtel et les vivres que j’ai achetés pour la famille en France et qui se sont abîmés ».

Appelé à voyager par Swiss air sans ajouter le moindre kopeck sur le prix initial du billet d’avion, l’infortuné décline l’offre, exigeant réparation du préjudice subi. Las d’attendre « parce que, dit-il, je ne peux pas avoir dépensé autant d’argent en sus et que les responsables de Swiss air fassent comme s’il n’y avait rien eu », le conseil de Landry Clay Koloko qui estime que son client a manqué « des rendez-vous d’affaires pourtant programmés de longue date » et que la direction de la compagnie aérienne joue le dilatoire portera l’affaire devant le tribunal. En qualité de « civilement responsable », le directeur général de Swiss air international (en rappel, Swiss air, quitte le Cameroun, mais toutes les opérations et le personnel vont être repris par Brussels Airlines Brussels qui entend développer le partenariat avec Camair-Co, afin de renforcer le hub Douala, et dans une moindre mesure celui de Yaoundé) doit donc comparaître le 26 mars 2012 à 7 h30 à l’audience et par devant le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo, statuant en matière correctionnelle. « D’avoir le 21 juin 2009 privé Clay Landry Koloko de sa liberté ». C’est ce qu’indiquent la citation à partie civilement responsable et la citation à prévenu dont Le Messager a reçu copies. Au siège de la compagnie à Bonanjo, l’on minimise l’affaire. « Nous n’avons reçu aucune consigne pour vous dire quoi que ce soit. Vous dites que l’affaire est portée devant les juridictions attendez qu’elle avance. Nos responsables n’ont rien à vous dire là-dessus », fulmine un agent rencontré hier, jeudi 22 mars 2012. Rendez-vous au tribunal.

Focal. Un phénomène récurrent

Que ce soit à Douala ou ailleurs, c’est tout le temps que des Camerounais, sous le prétexte qu’« il y a trop de faux au Cameroun » sont débarqués des vols. Pour illustration, l’on se souvient que des passagers d'un vol Air France à destination du Cameroun s’étaient rebellés contre l'expulsion d'un des leurs, retardant le décollage à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Le vol Af 946, qui devait décoller à 13h45 pour Douala, est finalement parti à 16h17. Quand « une escorte policière est montée à bord avec un migrant qu'elle raccompagnait dans son pays, les passagers l'ont pris à partie, il y a eu un début d'émeute à bord ». Alors que l'avion roulait vers sa piste de décollage, l'appareil a « dû revenir à son emplacement » et les passagers ont été débarqués. « Ils ont vérifié les passeports des passagers qui ont pris des photos dans l'avion », déclare à l'Afp la nièce d'une des passagères qui souhaite rester anonyme. « Ma tante était très choquée, sa voisine est tombée dans les pommes », a ajouté la jeune femme. Deux compagnies d'intervention ont été appelées en renfort, selon une autre source aéroportuaire. Les pompiers sont également intervenus pour quelques malaises "pas très graves", selon cette même source. Le phénomène est récurrent. « Il faut bien empêcher ceux qui ne sont pas en règle de prendre le vol. Mais de là à débarquer quelqu’un qui a servi l’armée française pendant longtemps et qui voyage tout le temps est regrettable », confie le conseil du débarqué.

Blaise-Pascal Dassié

 

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