23/03/2012 02:55:20
Les raisons profondes du soutien russe la Syrie
La propagande américano-occidentale et les outils de la guerre médiatique contre la Syrie évoquent la possibilité d’obtenir un changement de la position de la Russie sur la crise syrienne grâce à des marchandages proposés par le camp du bellicisme américain dans le but de pousser Moscou à faire preuve de plus de flexibilité...
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La propagande américano-occidentale et les outils de la guerre médiatique contre la Syrie évoquent la possibilité d’obtenir un changement de la position de la Russie sur la crise syrienne grâce à des marchandages proposés par le camp du bellicisme américain dans le but de pousser Moscou à faire preuve de plus de flexibilité. Les tentatives occidentales d’influencer l’attitude de la Russie se poursuivent sans relâche depuis le premier double véto qui a compromis les plans de guerre coloniale contre la Syrie, en octobre dernier.

Toutefois, toutes ces tentatives ont été vouées à l’échec et la Russie n’a accordé aucune importance aux "assurances" et autres "garanties" fournies par l’Occident concernant la prise en compte de ses intérêts en contrepartie du déverrouillage du Conseil de sécurité en éloignant le spectre du véto.

Le conflit entre la Russie et les États-Unis a des causes profondes et ne supporte plus des compromis partiels et incomplets. Depuis des années, Moscou s’efforce de mettre un terme à l’hégémonie unilatérale exercée par les États-Unis sur les relations internationales. La crise syrienne a fourni une fenêtre d’opportunité pour aller de l’avant et établir de nouveaux rapports de forces plus équilibrés.

La composition de la force économique russe est semblable à celle des États-Unis et dispute aux Américains les marchés mondiaux des armes et de l’énergie. Il est connu que les cartels militaro-énergétiques constituent la colonne vertébrale des intérêts américains dans le monde et dictent les principaux choix diplomatiques de Washington.

Le caractère impérial de la force de la Russie a toujours marqué l’histoire récente et ancienne de ce pays slave, considéré comme le cœur de la chrétienneté orthodoxe. Cela explique les liens géopolitiques entre la Russie et l’Europe de l’Est qui était inclue, de l’époque des Tsars à l’Union soviétique, dans la zone d’influence russe. La Russie renaissante, sous le leadership de Vladimir Poutine, ambitionne de récupérer cette région tombée depuis sous le contrôle des États-Unis.

Les ingérences américaines et occidentales dans les affaires internes russes et dans les anciennes Républiques soviétiques, considérées comme la chasse gardée de Moscou, constituent une menace pour la sécurité nationale de la Russie. Ces agissements nécessitent aux yeux de la Russie des ripostes décisives, portées au cœur de l’hégémonie américaine. Cela passe par une confrontation au Moyen-Orient dans le but de limer les ongles des États-Unis et de juguler leurs pulsions dominatrices et leurs velléités interventionnistes.

La Syrie occupe une position centrale et décisive dans les nouveaux équilibres. L’alliance syro-russe offre à Moscou un accès aux eaux chaudes de la Méditerranée et empêche que cette mer de devienne un lac atlantiste. Mais ce n’est pas tout. Des experts révèlent l’existence d’un projet américain-européen-israélien, avec la coopération de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie, visant à construire un gazoduc géant pour transporter le gaz et le pétrole vers l’Europe. Ce gazoduc doit traverser la Méditerranée au niveau du Liban et de la Syrie. Un tel projet constituerait un coup fatal pour l’économie russe qui compte beaucoup sur les exportations des hydrocarbures vers l’Europe.

Les stratèges qui planifient ce genre de projet savent pertinemment qu’aussi bien la Résistance au Liban que l’État résistant en Syrie, ne permettront jamais la réalisation d’un tel plan "turco-israélo-golfien". L’exécution de ce projet explique en grande partie la guerre de 2006 et la création de la Finul navale, ainsi que les pressions et complots dirigés contre la Syrie depuis l’invasion de l’Irak, en 2003.

Dans ce contexte, on comprendra que l’affaire syrienne constitue pour la Russie, une question de sécurité nationale. Et pour toutes les raisons précitées, Vladimir Poutine l’a utilisé, à la veille des élections présidentielles, comme exemple pour illustrer la politique étrangère de la Russie, anti-impérialiste et favorable aux forces et pays résistants à l’hégémonie occidentale.

Cette réalité, prouvée ces derniers mois, montre que les rêves de l’hégémonie américaine sur le Moyen-Orient et sur le monde, se brisent, encore une fois, sur le rocher syrien.

Silvia Cattori

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